Face à la gravité du fait, les commissaires du Grand Prix de Saint-Marin se devaient d'envoyer un message fort à son auteur, Romano Fenati, et rassurer aussi tous ceux qui aiment le sport et ses joutes loyales. L'Italien du team Kalex Marinelli n'était dans aucun de ces registres, dimanche, au 23e tour de la course de Moto 2 lorsqu'il s'est porté à la hauteur de son compatriote, Stefano Manzi, pour actionner son frein sur la poignée gauche, provoquant un écart de la Suter du l'équipe Forward.
Stoppé sur le champ au drapeau noir, disqualifié pour "pilotage irresponsable", le pilote d'Ascoli Piceno a finalement été exclu des deux prochains manches du championnat du monde, prévues en Aragon et en Thaïlande, les 23 septembre et 7 octobre.
Ce coup de sang n'est malheureusement pas le premier de la part du Transalpin de 22 ans, connu pour ses accès d'humeur incontrôlés. En 2015, il avait asséné un coup de pied à Nikklas Ajo lors du warm up du Grand Prix d'Argentine de Moto3. Et en guise de conclusion à l'altercation qui avait suivi, il avait coupé - à l'arrêt - le moteur de son collègue.
En 2016, il avait été exclu avec effets immédiats de son équipe, Nieto, le samedi du Grand Prix d'Autriche suite à une énième explication avec des techniciens, plus violente que celles dont il avait l'habitude de provoquer. Dans la foulée, Valentino Rossi l'avait exclu de la VR46 Academy, le groupe de pilotes que le champion soutient dans le but de rejoindre le plus haut niveau de la vitesse mondiale. La légende du MotoGP avait expliqué "avoir échoué à le faire se comporter comme un pilote professionnel".
Fenati avait mis un an pour rebondir, et parvenir à la deuxième place de vice champion du monde de Moto3 en 2017. Pas sûr qu'il puisse s'en remettre cette fois-ci.