MotoGP - C'était le bras, c'est maintenant l'épaule : le rival n°1 de Marc Marquez en 2026, c'est encore son corps
Par Tanguy Mantovani
Publié 27/02/2026 à 23:34 GMT+1
Le champion du monde 2025 de MotoGP Marc Marquez (Ducati) est l'immense, et quasiment l'unique, favori à sa propre succession en 2026, alors que la saison débute ce week-end à Buriram en Thaïlande. Son principal adversaire dans sa quête devrait donc être son propre corps. Cette fois, c'est l'épaule droite, qu'il a à nouveau abimée en fin de saison dernière, qui le tiraille et l'oblige à s'adapter.
Marc Marquez durant les essais de présaison de MotoGP, le 4 février 2026
Crédit: Getty Images
Il y a, chez Marc Marquez, deux marqueurs implacablement liés du temps qui passe : à mesure que son armoire à trophée son remplit, son corps se meurtri. Comme si chacun de ces succès devaient être gravés au fer rouge d'une cicatrice. C'est peut-être la malédiction qui contrebalance son don quasiment d'un autre monde lorsqu'il grimpe sur une MotoGP. Ou tout simplement le prix à payer pour son style agressif, qui lui fait gagner des courses mais perdre des points de vie. Quoi qu'il en soit, en 2026, le principal obstacle dans sa quête de titre mondial sera encore son organisme.
L'Espagnol n'est toujours pas totalement remis de sa fracture de la clavicule subie en octobre dernier. En Indonésie, dès le premier tour du Grand Prix, il avait été percuté de plein fouet par l'Italien Marco Bezzecchi et avait réveillé un vieux traumatisme en brisant de nouveau une épaule droite déjà opérée six ans plus tôt. Comme un symbole, il s'était assuré le titre 2025 de MotoGP quelques jours plus tôt au Japon. Il n'avait donc même pas pu terminer une course en tant que champion du monde, avant que son corps ne soit marqué à nouveau. Et une nouvelle fois, il avait dû passer au bloc pour stabiliser sa blessure dans les jours suivants.
Le voilà désormais assez balafré pour être l'égérie d'une… crème cicatrisante. C'est même en en faisant la publicité qu'il a dévoilé les stigmates de son opération en novembre dernier. Et c'est l'une des premières questions qui lui a été posée lorsqu'il est remonté sur sa Ducati lors de la première session d'essais de présaison début février : "L'épaule fonctionne bien, avait-il rassuré alors. C'était ma principale inquiétude. J'ai besoin de faire des tours maintenant et de continuer ma préparation." Ou plutôt son adaptation en réalité.
Une fois de plus, adapter mon style
Il l'a révélé ce jeudi en conférence de presse avant le début de la saison : Marc Marquez a dû consentir à des évolutions sur sa moto pour s'adapter à sa convalescence. "J'ai dû faire un pas en arrière en matière d'aérodynamique, a-t-il expliqué. L'une des raisons c'est que je ne peux pas piloter la moto de la même manière que l'année dernière, pour le moment." Le champion du monde en titre est ainsi revenu au pack aérodynamique de la Ducati de 2024. "L'aérodynamique 2025 est un peu plus lourde, plus exigeante pour la condition physique. J'essaie d'adapter mon style de pilotage à ma condition physique actuelle" a-t-il ajouté.
"Les deux fonctionnent bien, mais d'une manière différente, a-t-il détaillé, se voulant plutôt rassurant. Je vais essayer une fois de plus dans ma carrière de pilote d'adapter mon style de pilotage à cette nouvelle situation, jusqu'à ce que je me sente prêt de nouveau." Durant la première session d'essai, le Catalan est tout de même allé trois fois au sol en deux jours. Pas de quoi entamer sa confiance en ses capacités. Preuve en est : à l'issue de la conférence de presse de présaison, réunissant les trois premiers du dernier championnat, un tableau blanc a été distribué aux pilotes avec l'instruction d'y écrire leur pronostic pour la course au titre en 2026.
Le sien : "1. Marquez, 2. Marquez, 3. Italien, 4. Italien, 5. Acosta." De bonne guerre avec son petit frère Alex, vice-champion du monde 2025, il n'a pas précisé le prénom du champion. Mais l'un roule pour l'écurie officielle Ducati, quand l'autre est pilote d'une écurie cliente forcément moins performante. "Si on porte un t-shirt Ducati, l'objectif est de jouer le championnat", avait-il assuré quelques minutes plus tôt. Et ceux, même si "c'est difficile tous les ans, c'est impossible d'être le plus rapide à chaque week-end, à chaque séance."
Marc Marquez la joue donc modeste, comme il l'a souvent au début des saisons. Il aime rappeler qu'il y "avait plus rapide que [lui]" loirs des essais, qu'il faut attendre la première course pour avoir une meilleure idée des rapports de force, et que, de toute façon, la saison sera longue. Sûrement sait-il dans un coin de sa tête qu'elle sera d'autant plus longue pour lui si son corps le tiraille avec ses stigmates du passé. À tel point qu'il attend encore pour signer la prolongation de contrat de deux ans que lui a proposé Ducati. "Quand je suis blessé, je ne peux prendre aucune décision, pas même signer un contrat, a-t-il justifié. Je leur ai juste demandé d'attendre les tests, de comprendre comment je me sentais." Si Marc Marquez est toujours dans un autre monde, plus que jamais, son corps est ce qui le menace le plus de refaire de lui un terrien.
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