La position de cinquième qu'il avait décrochée à Buriram n'était qu'un mirage, comme l'avait été, pour Yamaha, le podium obtenu par Maverick Viñales. A Buriram, Johann Zarco (Yamaha Tech3) avait profité, comme les deux officiels de la marque aux diapasons, de la carcasse plus rigide des pneumatiques apportés par Michelin.
Théoriquement, il faudrait donc dissocier la manche thaïlandaise de l'épreuve japonaise, et considérer la première ligne accrochée par le Français à Motegi comme une performance qu'il ne doit qu'à lui-même.
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Dans les faits, la réalité est probablement à nuancer, puisque ce constat ne tiendrait pas compte de l'impact psychologique positif provoqué par un résultat qu'il n'avait plus approché depuis le Grand Prix d'Espagne, en mai dernier. Car le rebond découle assurément d'un déclic, provoqué par le statut de "meilleur des autres" qu'il a retrouvé au bout de mois éreintants.
Entre la chute qu'il a subie au Mans, sous une pression hors-norme, et cette pole position nippone qu'il a manquée pour 68 petits millièmes, Zarco a traversé la période la plus déstabilisante de sa carrière, marquée par sa séparation avec son manager de toujours, Laurent Fellon.

Le Japon, son porte-bonheur

Cette période de remous n'avait pas fait de lui un pilote lambda. Inconsciemment, et même si le retard considérable accumulé par sa M1 n'a rien aidé, elle avait affecté son approche des grands prix. "Souvent, on sait, après très peu de tours, si le week-end va nous être favorable ou non, nous a confié son patron, Hervé Poncharal. Vendredi, Johann nous a dit : 'J'ai une moto qui répond à ce que je lui demande, je peux jouer avec elle'".
"Il avait la banane sous son casque et quand il dit ça, c'est une preuve qu'il peut rouler comme il en a envie, a ajouté le dirigeant. Il s'est mis dans un mode de pensées où il est beaucoup plus positif qu'il y a quelques semaines. On retrouve le Johann que l'on avait en début de saison sur la piste, et aussi en dehors. Souvent, il y a un lien avec la manière dont se sentent les pilotes, car ils restent des hommes".
Le Grand Prix du Japon offre à Zarco, l'homme, le meilleur cadre pour redevenir le pilote qu'il était. Depuis les années 1990, époque où Fellon lui dressait la génération des pilotes locaux en exemple, le Cannois s'est profondément imprégné de leur culture, au point d'avoir habillé son casque du soleil levant. "C'est un circuit qu'il aime beaucoup", a rapporté Poncharal.
A Motegi, le futur leader KTM a décroché son premier succès en championnat du monde de vitesse, sur une 125cc, en 2011. C'est aussi sur ce tracé qu'il a décroché son premier titre de champion du monde Moto2, en 2015. L'année dernière, il s'y était offert la pole. Ce dimanche, il pourrait y retrouver le podium.
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