MotoGP - Hamilton, Red Bull, ou… une autre marque : Comment KTM tente de se sauver

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Le programme en championnat du monde de vitesse de la marque autrichienne KTM serait susceptible d'être stoppé net dès 2026, faute de moyens au sein de la maison mère. Pour éviter que 2025 soit la dernière saison de ses machines engagées entre MotoGP et Moto3, l'écurie cherche des solutions. Et elles pourraient en trouver du côté de ses sponsors, mais aussi de Lewis Hamilton.

Pedro Acosta et les mécaniciens de l'écure KTM lors des tests MotoGP à Barcelone, le 19 novembre 2024

Crédit: Getty Images

Chez KTM, il y a des milliers de motos de route en trop dans les stocks et des milliards d'euros manquant dans les caisses. La firme autrichienne est en proie à de très lourdes dettes et a déposé une demande d'insolvabilité auprès d'un tribunal régional autrichien. Plus de 3600 emplois seraient menacés et, pour trouver des liquidités et faire des économies, la marque serait prête à sacrifier son programme en championnat du monde de vitesse selon le quotidien autrichien Der Standard.
En particulier celui présent en catégorie reine, où KTM a terminé deuxième au classement des constructeurs en 2024 et fonde de grands espoirs sur l'arrivée du prodige espagnol Pedro Acosta. "La course, en tant que mesure publicitaire numéro 1 pour KTM, est très importante pour l'avenir de l'entreprise. Elle représente aussi le combat pour chaque emploi que nous ne devons pas abandonner. KTM se bat ensemble en famille" a assuré le directeur de KTM Motorsport Pit Beirer à Speedweek.

"Des conversations concrètes" avec Hamilton

Alors, l'engagement des nombreuses motos KTM à travers les trois catégories du championnat du monde de vitesse a été confirmé pour l'année 2025. Mais cela pourrait s'arrêter là. Car l'abandon du programme de compétition pourrait faire partie des mesures de restructuration des dépenses de la société. "La saison n’est pas remise en question, mais ça ne sera pas facile psychologiquement. Nous sommes tous inquiets, ça ne sert à rien de le nier" a admis Carlos Penat, le manager d'Enea Bastianini qui pilotera une KTM pour le team Tech3 en 2025, dans une interview à La Repubblica.
Mais en attendant, l'écurie tente de trouver des solutions pour garder à flot ses nombreuses machines actives du Moto3 au MotoGP. Et l'une d'entre elles pourraient se nommer Lewis Hamilton. Le septuple champion du monde de Formule 1 a déjà évoqué son envie d'investir dans une écurie de moto. "Nous avons eu des discussions intéressantes avec son management, a ainsi révélé Pit Beirer à Speedweek. Ce n’est pas un secret que Lewis Hamilton s’intéresse au MotoGP et pense à sa propre équipe. Ici aussi, il y a des conversations concrètes."
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Lewis Hamilton (à gauche) et Valentino Rossi (à droite) lors d'un test croisé sur le circuit de Valence, le 9 décembre 2019

Crédit: Getty Images

Il pourrait alors être l'un des investisseurs que l'écurie recherche pour apporter quelques-uns des millions d'euros manquant au projet pour se poursuivre après 2025. Mais son arrivée pourrait être gênée par un conflit de sponsors. Lewis Hamilton collabore depuis de nombreuses années avec Monster Energy, le principal concurrent de Red Bull… sponsor principal de l'écurie d'usine KTM. "Quiconque veut travailler avec nous connaît la proximité entre Red Bull et KTM, a poursuivi Pit Beirer. Jusqu’à présent, ce n’était pas un sujet dans les négociations."

Suzuki intéressé par un rachat ?

Et pour cause, la marque de boisson énergisante pourrait aussi être l'un des sauveteurs du programme. Le quotidien autrichien Salzburger Nachrichten évoquait fin novembre la possibilité que Mark Mateschitz, héritier de 49% des parts de Red Bull, puisse entrer lui-même au capital de la marque. Le groupe Pierer Mobility, maison mère de KTM a rapidement démenti l'information dans la journée à travers un communiqué. Tout de même, les fonds publicitaires apportés chaque année par la marque seront précieux pour le programme.
Alors la marque pourrait également se tourner vers d'autres de ses partenaires. Selon le média spécialisé allemand Motorradonline, le constructeur indien Bajaj, détenteur de 37% des parts du groupe Pierer Mobility, pourrait injecter près de 300 millions d'euros. Tout comme CFMoto, constructeur chinois qui exploite déjà ses machines en Moto2 et Moto3, et qui serait prêt à apporter plusieurs centaines de millions d'euros de son côté également, voire devenir l'actionnaire majoritaire de Pierer Mobility.
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La KTM Tech3 de Maverick Vinales lors des tests MotoGP à Barcelone, le 19 novembre 2024

Crédit: Getty Images

"En gelant le développement ; et en essayant d’adopter un peu une politique d’économie de coûts, entre les droits télévisuels et les sponsors, y compris un très important comme Red Bull, je pense que l’équipe peut participer aux courses" a estimé le directeur de l'écurie LCR Honda Lucio Cecchinello pour GPOne. "Je pense qu’il pourrait y avoir des surprises pour 2027, avec d’autres fabricants qui pourraient peut-être être intéressés à reprendre le projet KTM", a-t-il poursuivi. Le malheur des uns pourrait donc faire le bonheur des autres. Et en particulier, par exemple, de Suzuki.
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