Jeux de Paris 2024 | Pour Léon Marchand, quintuple champion du monde de natation, "marquer l'histoire, c'est un moteur"
Eurosport sur GoogleA 10 jours de son entrée en lice très attendue aux Jeux Olympiques de Paris, Léon Marchand s’est livré une dernière fois ce mercredi à Vichy lors du stage de l’équipe de France. Fidèle à lui-même, le quintuple champion du monde est apparu calme, tout en retenu. Pas question de fanfaronner, de prédire un règne sans partage à Paris. Ce n’est pas le genre de la maison, mais il reste ambitieux.
Marchand : "Si je veux vraiment réussir les Jeux, j'aimerai bien gagner une course"
Video credit: Eurosport
Sous sa casquette, Bob Bowman, l'entraîneur iconique de Michael Phelps hier et de Léon Marchand aujourd'hui, plante le décor : "Léon nage un peu mieux que l'an dernier à la même époque, je ne sais pas ce que ça veut dire mais…" A l'été 2023, Léon Marchand décrochait trois titres mondiaux et battait le record du 400 m 4 nages de Michael Phelps. Est-ce à dire que le Français va régner sur les Jeux de Paris comme il a dominé les Mondiaux de Fukuoka ? C'est évidemment encore trop tôt pour le dire mais au sein de l'équipe de France, en plein cœur du dernier stage au vert, à Vichy, Léon Marchand respirait la sérénité ce mercredi. Ouvert avec un public qui réclamait sa nouvelle star, il a joué le jeu sans se forcer.
Les chronos moyens des championnats de France de Chartres ne semblent pas hanter ses nuits. Le placide Toulousain, quintuple champion du monde, aborde les JO à domicile dont il pourrait être l'immense star avec détachement. Une façon de s'extirper de la pression immense qui l'entourera dans 10 jours. En attendant les médailles, il s'est livré sur ses ambitions, modestes au regard de son palmarès, et, surtout, sur la façon d'y répondre. Toujours avec le sourire et une grande décontraction.
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Léon Marchand lors du stage de l'équipe de France à Vichy
Crédit: Getty Images
Comment abordez-vous le fait de disputer des JO à domicile et d'en être la star ?
L.M. : J'ai envie de me servir de l'énergie que me donne le public. C'est un avantage d'être à domicile, devant la France entière. Ce serait vraiment dommage de l'ignorer. Je ne rencontre pas souvent le public donc c'est cool de le faire. J'ai dû m'adapter parce que je ne suis pas comme ça de base. Je ne suis pas une personne très à l'aise avec les apparitions publiques. Ça fait un an et demi que je travaille ça et je le vis bien.
Est-ce que c'est parfois pesant de vivre dans une bulle ?
L.M. : Je suis moins enfermé que l'an dernier. J'avais une bulle protectrice. C'était trop, j'avais comme un poids sur les épaules. Cette année, je suis beaucoup plus ouvert. Je perds moins d'énergie. Je suis assez léger.
Florent Manaudou a l'expérience des Jeux Olympiques, il est capitaine de cette équipe de France de natation, porte-drapeau. Est-ce qu'il vous a donné des conseils ?
L.M. : On a un peu échangé. Il est déjà arrivé aux JO en étant favori ce qui est assez spécial. Peu de nageurs l'ont vécu. Il a beaucoup de conseil à me donner. Justement sur cette bulle dans laquelle j'étais enfermé. J'avais peur de tout contact physique. On en a parlé. Flo est plus ouvert que moi, il m'a beaucoup aidé sur ça.
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Florent Manaudou en forme olympique à Chartres
Crédit: Getty Images
J'ai envie de faire mon propre chemin et montrer que c'est possible
Est-ce que ça vous plait de devoir assumer un statut de favori désormais ?
L.M. : Avant, je n'aimais pas trop me montrer. Aujourd'hui, j'aime bien. Je le vois comme un challenge. Je sais qu'en France, c'est difficile de gagner une fois et de recommencer l'année après. J'ai envie de faire mon propre chemin et montrer que c'est possible. Mais c'est nouveau pour moi. C'est la première fois que j'arrive aux JO en favori, on verra ce que ça donne mais c'est excitant.
Nager aux Etats-Unis, côtoyer une autre façon de voir le sport, ça aide justement à cela ?
L.M : Oui, je pense. Eux, ils arrivent à gagner plusieurs fois d'affilée, ils n'ont pas peur d'être favori. C'est une chance, je pense.
Est-ce que vous avez échangé avec Michael Phelps sur les JO ou sur vos performances ?
L.M. : On a parlé d'une chose. Quand tu t'entraînes avec Bob Bowman, les Jeux, c'est une compétition comme les autres parce que tu es plus préparé que les autres à cela. On arrive sur le plot et on sait qu'on a plus bossé que les autres. Du coup, on a moins de pression. Lui, à chaque JO, il était très confiant. Il n'avait pas besoin de se mettre le doute pour réussir.
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RIO DE JANEIRO, BRAZIL - AUGUST 11: Gold medalist Michael Phelps of the United States celebrates on the podium during the medal ceremony for the Men's 200m Individual Medley Final on Day 6 of the Rio 2016 Olympic Games at the Olympic Aquatics Stadium on August 11, 2016 in Rio de Janeiro, Brazil. (Photo by Adam Pretty/Getty Images)
Crédit: Getty Images
Le doublé 200 m papillon et 200 m brasse le même jour, c'est une mission difficile que personne n'a jamais réussie. Est-ce que c'est parce que c'est un challenge impossible que vous avez envie de le relever ?
L.M. : J'ai toujours eu du mal à choisir entre le papillon et la brasse, j'ai toujours été bien dans les deux. Aux Jeux, le programme n'est pas si mal pour moi. Il y a une 1h30 entre les deux finales. C'est très dur, c'est un gros challenge mais je pense être capable de le faire. Et ça peut me transcender quand je serai là-bas. Le vrai problème, c'est le 200 4 nages le lendemain. Il faudra se coucher tôt, se lever tôt et nager le plus vite possible. Il y a une grosse concurrence sur cette distance, le Chinois a nagé plus vite que moi.
Des JO réussis, c’est une médaille d’or
Comment sont vos sensations aujourd'hui à 10 jours des Jeux et après des championnats de France qui vous avez laissé sur votre faim au niveau des chronos ?
L.M. : Les sensation ne sont pas géniales pour le moment. Elles seront au top dans 10 jours. C'est en train de venir, je ne m'affole pas.
Ce serait quoi pour vous des JO réussis ?
L.M. : En terme de résultat, je veux gagner une course. L'or olympique, c'est un rêve. Je pense que je peux essayer de le jouer dans 10 jours (ndlr : sur le 400 4 nages). Si ce n'est pas le cas, si j'ai un échec, ce sera une partie de ma carrière mais ça ne définira pas ma vie. Ce ne sera pas très grave. Mais des JO réussis, c'est une médaille d'or. Ce serait top.
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Léon Marchand, médaillé d'or sur 200m 4 nages aux championnats de France 2024
Crédit: Getty Images
Cela vous suffirait ?
L.M. : Oui et en même temps, j'ai quatre courses et quatre chances de le faire.
Marquer l'histoire du sport français, des JO : est-ce que c'est un moteur pour vous ou juste un truc de journaliste ?
L.M. : Pour moi, c'est un moteur. Marquer l'histoire, ça fait apprendre sur soi et ça ouvre aux autres. Beaucoup de sportifs français s'inspirent de Florent Manaudou par exemple. Ce n'est pas mon objectif premier mais ça vient avec ce que je fais dans l'eau, le travail que je mets en place.
A 10 jours de l'échéance, est-ce que vous avez hâte ou est-ce que l'évènement commence un peu à vous écraser ?
L.M. : Quand je suis rentré en France, j'étais un peu stressé en me rendant compte que les JO étaient dans moins d'un mois. Depuis que je suis arrivé ici en stage à Vichy, je suis calme, serein. L'évènement ne m'écrase pas, ça va m'aider à me transcender. Avec Bob, on a fait le job pendant un an et demi, ce n'est pas maintenant qu'il faut paniquer. On ne se pose pas trop de questions.
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