JO Paris 2024 - "Ça va moins vite" : c’est quoi le problème avec la piscine olympique ?
Eurosport sur GoogleC’est une des curiosités des JO de Paris 2024. Avant la tornade Pan Zhanle, aucun record du monde n'était tombé dans le bassin olympique. De vraies questions entourent la piscine de la Paris La Défense Arena alors que les meilleurs nageurs du monde, hormis Léon Marchand, ont du mal à battre leur record personnel. Les critiques se concentrent sur la profondeur du bassin.
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Depuis deux ans, 32,5% des records du monde ont été battus en natation. Ce n'est ni un accident ni un hasard puisque les chronos de référence ont toujours eu une vie plus limitée dans les bassins que sur les pistes d’athlétisme. L’eau est un élément que l’homme maîtrise moins bien que la terre. Les techniques d’entraînement ne font que progresser et les limites sont loin d’être atteintes. Dans chaque grand championnat, les records tombent.
A Tokyo, en 2021, six marques de référence sont battues, neuf lors des Mondiaux de Fukuoka l’été dernier. Et à Paris ? Aucun avant Pan Zhanle sur le 100m, mercredi soir. Une vraie curiosité. Même "la course du siècle", qui opposait Ariarne Titmus, Summer McIntosh et Katie Ledecky, n’a pas fait tomber de barrière chronométrique ni même le record olympique. Etrange.
C’est une folie furieuse, comment a-t-on pu faire une bêtise pareille ?
"Ce qu’on constate et ce qui est certain : ça va moins vite, nous confie Robin Pla, référent scientifique à la FFN et coordinateur au sein du service optimisation de la performance. Les performances ne sont pas à la hauteur de ce qu’elle devrait être."
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Quelque chose ne tourne pas rond dans la Paris La Défense Arena. Coupable numéro 1, la profondeur de la piscine. La Fédération Internationale impose une profondeur entre 2 et 3 mètres, elle recommande 2,5 mètres. A Tokyo, la piscine affichait la profondeur maximale (3 mètres). Et à Paris ? 2,15m. "C’est une folie furieuse, comment a-t-on pu faire une bêtise pareille ?, s’enflamme Amandine Aftalion, directrice de recherche au CNRS. La profondeur est fondamentale. Les nageurs génèrent des vagues or avec moins de profondeur, les vagues rebondissent et reviennent vers eux plus vite. Elles les freinent. Avec une profondeur de trois mètres, les vagues repartent vers le fond et sont atténués."
Ledecky râle
Le constat est partagé par la reine Katie Ledecky : "Franchement, ce n’est pas très profond. Pas assez." Mais pourquoi cette décision a-t-elle été prise au risque de raboter les chronos des nageurs ? Paris 2024 a dû créer de toute pièce une piscine olympique provisoire dans une salle déjà conçue. Et il a fallu jongler avec des impératifs et faire des choix.
"La profondeur qui est demandée, c’est 2 mètres. Si on faisait une piscine plus profonde, on perdait des places dans le public, a expliqué Roberto Colletto, le PDG de la société Myrtha Pools, dans des propos relayés par RMC Sport. Je sais qu’on évoque le fait que si la piscine est plus profonde, les performances sont meilleures. Mais il y a aussi les aspects psychologiques et physiques des nageurs. Du côté technique, il n’y a aucun problème avec la piscine."
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La piscine olympique des JO 2024
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Mais la profondeur ne serait pas la seule explication. "Au bord du bassin, j’ai remarqué, et des coaches étrangers me l’ont confirmé, que l’eau bouge plus que d’habitude, continue Robin Pla. Ce n’est pas forcément à cause de la profondeur, c’est un bassin provisoire dans une grande salle. S’il y a des micromouvements, ça joue." La rigidité du bassin, qui permet de gérer la mécanique des fluides, est-elle la même que dans un bassin en dur ? La question reste ouverte.
Des caméras qui génèrent des turbulences
"Un nageur m’a confié qu’il y avait des caméras de partout dans l’eau et, à cette profondeur, les nageurs commencent à en être proches, analyse Robin Pla. Les caméras génèrent elles-mêmes des turbulences." S’il reste des interrogations, la piscine olympique de Paris 2024 n’offre pas les conditions optimales pour faire tomber les records du monde. Est-ce un problème ? "C’est la même piscine pour tout le monde. Pour moi, c’est un non-sujet, tranche notre consultant Alain Bernard. D’autant que, quand il y a moins de profondeur, c’est plus agréable, on a un sentiment de vitesse plus élevée." Un sentiment, pas forcément une réalité.
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