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Péchalat élue présidente, la FFSG va pouvoir tourner la page

Péchalat élue présidente, la FFSG va pouvoir tourner la page
Par AFP

Le 14/03/2020 à 14:47Mis à jour Le 14/03/2020 à 15:31

La Fédération française des sports de glace va pouvoir repartir de l'avant après des années de gestion de Didier Gailhaguet marquées par les polémiques et le scandale des violences sexuelles dont plusieurs jeunes patineuses ont été victimes. Samedi, Nathalie Péchalat a été élue présidente.

Nathalie Péchalat, 36 ans, a été élue samedi nouvelle présidente de la Fédération française des sports de glace (FFSG), a annoncé son secrétaire général, au terme d'un vote qui s'est déroulé dans la confusion lors de l'Assemblée générale à Paris, les trois autres candidats demandant le report à cause de l'épidémie de coronavirus.

Avec son partenaire de danse sur glace, Fabian Bourzat, elle avait obtenu la troisième place aux championnats du monde en 2012 et 2014, et avait été sacrée championne d'Europe en 2011 et 2012.

Nathalie Péchalat succède à Didier Gailhaguet, 66 ans, qui a régné sur le patinage français presque sans discontinuer pendant plus de deux décennies, depuis 1998 (sauf entre 2004 et 2007). Le 8 février, il avait démissionné de son poste de président, mis en cause pour sa passivité dans la gestion de cas d'agressions sexuelles graves subies par des patineuses de la part d'entraîneurs.

Selon le décompte officiel de la FFSG, Nathalie Péchalat a été élue à la majorité absolue, dès le 1er tour, avec 504 voix (sur 872 possibles), contre aucune voix pour le seul autre candidat encore enregistré, l'entraîneur de short-track, Gilles Jouanny. De son côté, l'ancienne vedette du patinage artistique, Philippe Candeloro, a été élu au conseil fédéral, sur l'un des postes vacants soumis au scrutin samedi.

"J'ai annoncé au téléphone, lors de l'AG, que je retirai ma candidature", avait déclaré un peu plus tôt à l'AFP Gilles Jouanny, expliquant qu'il ne pouvait pas se déplacer à cause d'un cas de coronavirus dans son immeuble. Les deux autres candidats, le président du club d'Angers Damien Boyer-Gibaud et l'ancien bobeur, Michel-Ange Marie-Calixte, s'étaient officiellement retirés avant le vote.

" Manipulation"

"Nous refusons catégoriquement de nous associer, ainsi que nos soutiens, à un nouveau scandale qui frappe notre fédération : celui de la manipulation de l'élection en vue d'installer une candidate préalablement désignée", avaient dénoncé Gilles Jouanny, Damien Boyer-Gibaud et Michel-Ange Marie-Calixte, en rappelant que le gouvernement interdisait les rassemblements de plus de 100 personnes pour enrayer l'épidémie de coronavirus. Selon eux, l'assemblée générale ne pouvait dès lors, se dérouler dans de bonnes conditions, même si deux salles avaient été prévues, dans les Salons de l'Aveyron, à Paris. 160 présidents de clubs étaient invités à voter, physiquement lors de l'assemblée générale extraordinaire ou par procuration, leur poids en voix dépendant de la taille de leur structure.

Le sixième mandat de Didier Gailhaguet a pris fin brutalement après que plusieurs anciennes patineuses, notamment l'ex-championne Sarah Abitbol, ont révélé avoir été victimes de viols et d'agressions sexuelles, commis par différents entraîneurs, alors qu'elles étaient adolescentes. Gailhaguet s'était retrouvé sous pression, mis en cause pour sa proximité avec l'un des entraîneurs accusés, Gilles Beyer. La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, avait réclamé sa démission.

L'élection de Nathalie Péchalat est une première, jamais une femme n'ayant accédé à la présidence de la FFSG. Plus globalement, il est rarissime qu'une femme se hisse jusqu'à ce niveau de responsabilités : sur 36 fédérations olympiques, seules deux désormais sont présidées par des femmes, l'autre étant l'escrime.

La FFSG est toujours dans le collimateur du ministère des Sports, qui a entamé une procédure de retrait de la délégation lorsque le scandale de violences sexuelles a éclaté et a diligenté une enquête administrative, toujours en cours.