Paris 2024 : Pourquoi la pétanque n'était pas au programme des Jeux Olympiques

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L'équipe de France a remporté le Final Four des Masters de pétanque, mardi soir dans les arènes de Saintes-Marie-de-la-Mer. Populaire et très largement pratiquée partout dans l'Hexagone, la discipline avait présenté un dossier de candidature afin d'intégrer le programme des Jeux Olympiques de Paris 2024. Le comité d'organisation lui avait cependant préféré d'autres sports. Voici pourquoi.

Dylan Rocher, en 2020.

Crédit: Getty Images

Les spectateurs ont été tenus en haleine jusqu'au cœur de la nuit. Et, au bout du suspense, c'est l'équipe de France qui a triomphé. Menés 11-5, les Bleus ont renversé la wild-card Quintais (13-11) et ont remporté le Final Four des Masters de pétanque, mardi soir dans les arènes de Saintes-Marie-de-la-Mer. Dylan Rocher et ses partenaires sont donc montés sur la plus haute marche du podium. Nul doute qu'ils auraient adoré en faire de même quelques semaines plus tôt, à Paris, mais leur discipline n'a pas été retenue pour figurer au programme des Jeux Olympiques. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé.
Sport emblématique en France, où elle est née et compte un large cercle d'adeptes (environ 300 000 licenciés, plus de très nombreux pratiquants occasionnels), la pétanque espérait bien avoir son rond de serviette à l'occasion du grand rendez-vous de l'été 2024. Elle était déjà de la partie en 1900, lors des premiers JO organisés dans la capitale française, sous l'appellation "jeu de boules". Disparue du paysage olympique depuis, elle s'est associée à la boule lyonnaise et au raffa volo (variante originaire d'Italie) afin de fonder la Confédération mondiale des sports de boules (CMSB). 

inclusif et respectueux de l'environnement

Créée en 1985, l'instance a été reconnue par le CIO un an plus tard, en octobre 1986. De quoi gagner en légitimité et faire un premier pas important dans l'optique d'une présence future aux Jeux. S'ils ont échoué à intégrer le programme des JO de Barcelone en tant que sport de démonstration (1992), les dirigeants de la CMSB ont nourri de grandes ambitions quand l'édition 2024 a été attribuée à Paris. Après tout, le pays-hôte inclut souvent des sports auxquels il est historiquement lié. Les exemples récents (karaté à Tokyo) ou à venir (baseball, flag football et lacrosse à Los Angeles) parlent d'ailleurs d'eux-mêmes.
Dans leur dossier de candidature, les boulistes ne se sont toutefois pas contentés d'appuyer sur leur fort ancrage historique dans l'Hexagone. Ils ont notamment insisté sur le caractère inclusif de la pétanque, accessible à tous quel que soit l'âge ou le genre, ainsi que sur son fort développement à l'international (près de 200 millions de pratiquants recensés à travers le monde). Ils ont aussi souligné le très faible impact environnemental de leur discipline, capable de s'intégrer dans n'importe quelle infrastructure sportive déjà existante. 

Grands espoirs et douche froide

Afin de gagner en crédibilité et de coller davantage aux exigences du monde olympique, la pétanque a également dû mettre en place de nouvelles règles, qui n'ont pas plu à tout le monde. Depuis 2015, les compétiteurs doivent porter une tenue réglementaire et des chaussures fermées. La consommation de tabac et l'usage du téléphone portable sont en outre désormais interdits sur le terrain. Une évolution nécessaire, même si elle s'est heurtée à des réfractaires attachés à leurs bonnes vieilles habitudes.
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Un joueur de pétanque de dos.

Crédit: Getty Images

Tous ces éléments donnaient bon espoir à la Confédération mondiale des sports de boules d'obtenir un précieux sésame pour les Jeux Olympiques de Paris. Le coup a donc été particulièrement difficile à encaisser le 21 février 2019, quand le comité d'organisation a révélé l'identité des quatre sports additionnels : l'escalade, le skateboard, le surf et le breaking. "Ma déception est d'autant plus grande que, au fil des mois (...) nous figurions en bonne place parmi les sports favoris pour obtenir ce graal", a regretté Claude Azéma, le président de la CMSB. Alors, comment expliquer que la pétanque n'ait pas réussi à conclure ?
C’est une question politique, de lobby
La première raison tient vraisemblablement dans la volonté du comité d'organisation de s'adresser à un public jeune. Tandis que les sports de boules pâtissent - quoi qu'on en dise - d'une image quelque peu désuète, les sports sélectionnées "ont en commun leur jeunesse, l'appel à la créativité, ils sont spectaculaires et exigeants !", s'était félicité Tony Estanguet, le patron de Paris 2024. "La seule chose qu'on n'avait pas prise en compte, c'est le dernier critère qui vient d'être avancé et qu'on ne connaissait pas : le succès télévisuel auprès des jeunes", a constaté Joseph Cantarelli, ancien président de la fédération française de pétanque, dans un entretien accordé à L'Est républicain.
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On n'arrête plus Grandet : le champion de France en finale du Masters

Video credit: Eurosport

Michel Le Bot, son successeur à la tête de l'instance, a évoqué une autre faiblesse dans la candidature des boulistes, à savoir que celle-ci n'avait pas su communiquer efficacement auprès des décideurs. "C’est une question politique, de lobby, a affirmé le dirigeant dans les colonnes de Ouest-France. Il faut avoir un réseau, être connu et reconnu par ses pairs… Est-ce que, malgré tout le travail effectué, tout le monde a pris sa part dans la promotion de la pétanque ?" Peut-être pas, en effet. Malgré tous ses efforts, la pétanque n'avait donc pas réussi à monter dans le train olympique pour Paris. Difficile de savoir si une aussi belle opportunité se présentera bientôt.
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