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Julien Martini : « mon objectif est de remporter deux bracelets WSOP cet été ! »

Julien Martini : « mon objectif est de remporter deux bracelets WSOP cet été ! »

Le 15/03/2019 à 17:16Mis à jour Le 15/03/2019 à 17:37

Nouvelle révélation du poker français, Julien Martini, 27 ans, a terminé 2e du PSPC des Bahamas pour 2.9 millions de dollars de gains. Depuis, il est sous le feu des projecteurs. Rencontre avec un joueur humble et ambitieux !

Commençons d’abord par parler de votre 2e place sur le PSPC, en janvier dernier, pour 2,9 millions d’euros. Vous avez du faire la fête ?

Et bien en fait, non. J’ai été dîné avec mon meilleur ami et je suis rentré dans ma chambre d’hôtel et j’ai regardé toute la nuit le stream de la table finale et surtout du Heads-up. Je voulais vérifier que je n’avais pas fait d’erreur. Après avoir visionné la vidéo, j’étais rassuré. Je n’ai pas de regret sur le Heads-up. J’ai célébré un peu plus tard cette deuxième place, en Australie mais de manière très intimiste.

Ramon Colillas n’a pas donné de pourboire après sa victoire et il y a eu une mini-polémique. Qu’en avez-vous pensé ?

Je pense vraiment que chacun fait ce qu’il veut. Je ne veux pas prendre parti. D’ailleurs, les organisateurs ne reversent pas forcément les pourboires aux croupiers. C’est assez opaque. Et puis, c’est vraiment très étonnant que l’information ait été rendue publique. C’est son argent. De plus, il va être très taxé. Je tiens à souligner que les croupiers ont fait un travail formidable et ce festival organisé par PokerStars était magique.

Beaucoup de joueurs aguerris éprouvent une forme de lassitude à jouer au Texas Hold’em. Est-ce votre cas ?

Ce jeu, je l’ai aimé et détesté. J’ai passé des journées à réfléchir dessus. J’en apprends encore aujourd’hui tous les jours. Beaucoup disent que ce jeu est mort depuis des années, mais la marge de progression est énorme. La plupart des joueurs ne s’en rendent pas compte. C’est peut-être la variante la moins fun mais c’est le jeu le plus complexe qui soit.

Ces derniers mois, la question de l’utilisation de Bots sur le poker online a été au cœur d’une polémique. Qu’en pensez-vous ?

J’ai beaucoup joué Online et cette histoire ne m’a pas étonné. La guerre contre les bots ne doit pas opposer Winamax aux joueurs. Il faut juste bannir les tricheurs. C’est un combat commun. Je pense que les bots vont tuer la scène High Stakes Online. Ça a déjà commencé d’ailleurs. La suspicion s’installe.

Comment gérez-vous la pression à la table quand vous jouez d’aussi grosses parties ? Avez-vous adopté un régime particulier ?

La pression n’influence pas mon jeu. Quand je joue, j’essaye de rester Focus. Je ne regarde pas mon téléphone. J’ai aussi une bonne hygiène de vie. J’essaye de supprimer le sucre de mon alimentation. En revanche, je fais peu de sport. Mon objectif est d’en faire plus cette année. Mais je fais de la méditation.

Pourquoi jouez-vous au poker ? Qu’est-ce qui vous motive ?

Je joue au poker parce que j’aime profondément ce jeu. Quand je me lève le matin, je suis content de jouer. Plus jeune mes parents étaient très inquiets de la voie que j’empruntais. Alors que j’avais un rapport assez distancié avec le jeu. Aujourd’hui, mes parents sont très fiers alors que je n’ai jamais été autant addict à ce jeu. (Rires).

Julien Martini pendant les WSOP

Julien Martini pendant les WSOPEurosport

Revenons maintenant sur ton autre gros fait d’armes, votre victoire sur les WSOP en 2018. J’imagine que c’est un formidable souvenir ?

C’est un rêve de gosse. Quand je regardais les émissions de poker à la télévision, jamais je n’imaginais un jour gagner un tel tournoi ! C’est beaucoup de joie. C’est aussi la consécration de mon travail. C’est sans doute le plus beau jour de ma vie.

Que pensez-vous du programme des WSOP 2019 ?

Le programme est hyper excitant. Je serai sur place durant l’intégra des WSOP. Je félicite Grégory Chochon, l’un des directeurs. J’ai hâte notamment de jouer le tournoi réservé aux détenteurs de bracelets. Il y a parfois des arbitrages compliqués à faire pour moi comme jouer le 5K 6 Max ou le 10K Heads-up. Je jouerai aussi le 50K Player Championship. Mon objectif est de remporter deux bracelets WSOP cet été !

Quel est votre rapport à l’argent ?

En fait, je vis très simplement. L’argent ne fait pas partie de mon équation lorsque je joue. Lorsque je joue en Cash Game Live, je n’ai pas de pression financière. Ça permet de jouer libéré. Je dis vraiment ça sans arrogance. C’est vraiment une chance de ne pouvoir être focus que sur le jeu. J’essaye d’être le plus concentré possible à la table.

Ces derniers temps, l’offre de Coaching a explosé. Que pensez-vous du phénomène ?

Ce qui m’étonne un peu, c’est que les joueurs ne font pas trop la différence entre les coachs gagnants et les coachs perdants. Ça me dérange un peu de faire croire à des joueurs qu’ils vont passer de smicards à millionnaires. Certains proposent des stages à des prix exorbitants, absolument pas justifiés. Il m’est arrivé de faire un peu de coaching personnalisé et à l’époque j’avais choisi les meilleurs.

Comment avez-vous vécu le fait d’être dans la lumière ces derniers mois ?

J’ai vécu ça de manière simple et joyeuse. Je suis heureux de cette reconnaissance vis-à-vis de ma famille. L’image du joueur de poker change. C’est aussi formidable de pouvoir donner du bonheur aux gens.

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