"Tout va être différent"

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Cyril Després (KTM), victorieux des Dakar moto 2005 et 2007, est "impatient" de découvrir les paysages argentin et chilien de 2009. Il a axé sa préparation sur les effets de l'altitude.

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Crédit: Eurosport

Le jour du départ du Dakar approche... Comment vous êtes-vous préparé ?
Cyril Després : Je fais toujours ma préparation en Andorre, dans les montagnes, avec du froid et un peu de neige. En tout cas, l'avantage est de pouvoir s'entraîner dans des altitudes aux alentours de 2400-2500 mètres, plus particulièrement dans un petit gymnase qu'on a organisé à Grandvalira, une station de ski. Et ça va, je transpire régulièrement, tous les jours !
L'altitude va être l'une des grosses caractéristiques de ce Dakar en Argentine et au Chili… Vous vous y êtes spécialement préparé ?
C.D. : L'altitude va être un des nouveaux facteurs de ce Dakar en Amérique du Sud. Je vis ordinairement à 1500 mètres, et c'est déjà un petit atout. Le deuxième atout est d'avoir la possibilité de rouler, de faire du ski ou du vélo à des altitudes un peu plus proches de ce que l'on va trouver aux alentours de 2500 mètres. Je pense que je ne devrai pas trop souffrir. En tous cas je ne devrai pas être de ceux qui souffriront le plus de ce problème d'altitude.
L'altitude peut vraiment jouer sur les organismes ?
C.D. : J'ai eu une expérience en trekking l'an dernier au Kilimandjaro. J'avais ressenti des troubles aux alentour de 3000-3500 mètres. De ce que j'ai pu m'apercevoir, il s'agit plus d'un petit manque de lucidité quand on arrive vite sur un obstacle, sur des cailloux. Avec le manque d'oxygène, c'est moins évident de réfléchir et de prendre une décision au quart de seconde. Et c'est pour ça que l'on a décidé pendant le mois de décembre de répéter beaucoup d'entraînements physiques, sans moto. On verra si ça apporte quelque chose ; en tout cas j'y crois.
Il y aura d'autres spécificités dans ce Dakar, comme des changements assez fréquents de types de terrains dans une même spéciale. A quoi vous attendez-vous véritablement ?
C.D. : Je ne sais pas. J'ai presque envie d'être comme un enfant qui va découvrir. Le fait d'être surpris, un peu plus sur la réserve, permet d'être plus concentré sur ce road book qui est si primordial pour nous les motards. Mais après sept Dakar africain, en ce qui me concerne, on va enfin partir sur de réels nouveaux horizons. Je suis impatient !
Qu'est-ce qui va surprendre le plus les "Dakaristes" et ceux qui ont fait le Rallye "Por las Pampas" ?
C.D. : Le mélange de découverte d'un nouveau pays, de gens qui ne vivent pas pareil qu'en Afrique, qui se déplacent peut-être plus en voiture, en 4x4. De ce fait, la caractéristique des pistes peut changer. Je pense qu'il ne s'agira pas de pistes de charrettes qu'on pouvait trouver au Mali ou au Sénégal. Il n'y aura pas autant de pistes telles qu'on peut en trouver au Maroc. Tout va être différent. Il n'y aura rien de comparable. On franchira plusieurs fois la Cordillère des Andes, et il faudra composer avec chaleur estivale. Et puis, on sera dans de grandes immensités. Ça fait deux ans qu'on ne parle plus de grandes étapes de 600-700-800 kilomètres, et je pense que quelqu'un vont peiner très tôt dans ce début de course…
Et puis, il y aura quand même des dunes ! Moins qu'en Afrique, mais il y en aura...
C.D. : Oui, c'est difficile à croire, et je suis le premier à être surpris. Quand j'ai participé au Rallye au Chili en 2002, je ne m'attendais pas à voir ces montagnes ensablées.
Qu'est-ce qui vous a le plus marqué lors de ce rallye en Amérique du Sud 2002 ?
C.D. : Le fait de partir le matin au bord de la mer, de rouler quelques kilomètres sur la plage et d'un seul coup partir à 90 degré en direction de la Cordillère des Andes pour passer des check points à 1000, 2000, 2500 mètres d'altitude pour redescendre ensuite au niveau de la mer vers l'arrivée. En une seule journée et 400 kilomètres, on avait eu tous les paysages. Pour quelqu'un qui a envie d'espaces, de nature et de pilotage, il n'y a pas mieux !
Parlez-nous de cette équipe KTM, qui a été remodelée...
C.D. : Effectivement… Tous les constructeurs, auto comme moto, souffrent en ces temps délicats et KTM a décidé de réduire la structure. Il y aura toujours une équipe séparée avec deux leaders de chaque côté, Marc Coma pour le team Repsol et moi pour le team Red Bull, avec Alain Duclos comme pilote assistant. La moto n'a pas beaucoup changé, mais on a une bonne connaissance de la mécanique et une équipe rodée.
Avez-vous travaillé spécifiquement par rapport à la nouveauté du terrain ?
C.D. : Oui, surtout au niveau de la carburation. Ces motos ont l'habitude d'aller dans des endroits un peu désertiques et sans une bonne qualité d'essence on ne peut se permettre d'utiliser une injection comme la plupart des voitures aujourd'hui. C'est un système à carburateur et le problème est que lorsque l'on monte en altitude et que l'oxygène se raréfie, la moto marche moins bien. On a essayé de travailler là-dessus. Il y a quelques mois, on a tracé une spéciale de quelques kilomètres chez moi, en Andorre. J'étais frais, en pleine forme physiquement, et j'ai eu l'impression que la moto marchait moins bien. Mais après 500 kilomètres et un peu de fatigue, ça sera vite oublié.
Vous-êtes vous documenté pour voir à quoi ressembleraient les conditions ?
C.D. : Oui, grâce à Internet. J'ai aussi téléphoné à des anciens qui sont allés courir là haut. J'ai recueilli pas mal d'informations qui vont nous servir pour le choix des pneus ou les consommations d'essence par exemple.
Après deux victoires au Dakar, votre objectif doit être d'en accrocher une troisième…
C.D. : Le rallye a changé de continent mais le Dakar est une marque de fabrique et la victoire sera tout aussi belle. J'aimerai être le premier vainqueur de cette compétition hors de l'Afrique.
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