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Anoeta, le coeur basque
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Publié 30/03/2006 à 17:45 GMT+2
Emerveillé, dopé l'an dernier par sa première au stade Anoeta face au Munster, Biarritz mise de nouveau sur la valeur ajoutée du stade de San Sebastian pour son quart de finale de la Coupe d'Europe "délocalisé" face à Sale dimanche. Après Aguilera, les Ba
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Crédit: Eurosport
C'était il y a un an, c'était assourdissant. C'était hier encore, dans la tête du demi de mêlée Dimitri Yachvili, qui se souvient: "Quand on est entrés sur le terrain d'Anoeta pour l'échauffement, et puis la bronca au coup d'envoi, il y avait une telle ambiance que cela m'avait donné des frissons. J'ai revu le match récemment à la télé, et cela m'a procuré les mêmes frissons".
Séquences souvenirs, émotions, Dimitri n'est pas un rêveur solitaire. A l'évocation du nouveau temple du rugby basque, les gaillards du BO, qui en ont vu d'autres, ont des trémolos dans la voix. Le "tifo", le vacarme des "ttuns-ttuns" (boudins gonflables), les chants basques, le tour d'honneur... "L'an dernier, c'était une fête extraordinaire, un retour mémorable, digne d'une finale gagnée, énorme", se remémore l'ailier Philippe Bidabé.
"C'était un match à domicile, même mieux qu'à domicile. La ferveur de ce public a dépassé ce que l'on pouvait attendre" , reconnaissait Patrice Lagisquet. "Ce jour là, j'ai compris pourquoi on pouvait courir, sauter, plaquer plus fort avec un tel public" , confie Jean-Louis Berho habituel speaker bilingue (basque-français) d'Aguilera, qui officiera encore à Anoeta, avec anglais et espagnol en prime.
"Un peu une organisation Max Guazzini"
De solution logique de réimplantation, en raison d'un Aguilera exigu (12.000 places, réduites à 8000 par des travaux), le déplacement de 50 km du BO vers Saint-Sébastien est en train de devenir une bonne habitude, et Anoeta "notre deuxième maison", selon le mot du président du BO Marcel Martin. "Communion historique et magique", selon Berho, le quart 2005 contre le Munster (battu 19-10) et son "army" de supporters eux aussi envoûtés, comme le fût la presse irlandaise et les journalistes espagnols suivant la Real Sociedad en ce fief.
Dimanche contre Sale, la plus française des équipes anglaises, qui aura en Daniel Larrechea (ex-Bayonne) son régional, on prédit une ambiance supérieure, avec davantage de drapeaux basques diffusés, "façon Stade de France, un peu une organisation Max Guazzini" , ose Jean-Louis Berho. "On est comme des gosses avant Noël. Anoeta, on en rêve depuis un an". "Cette idée de jouer en Espagne, au coeur de ce Pays Basque, de cette culture, nous transcende", ajoute Yachvili. Transcende, et ravive certains regrets de la saison écoulée.
"Sans vouloir réécrire l'histoire, cette demi-finale (de Coupe d'Europe face au Stade Français au Parc des Princes, ndlr), si on l'avait jouée à Anoeta, on ne l'aurait peut-être pas perdue" , suggérait récemment le co-entraîneur Jacques Delmas. Une allusion en forme de motivation. Car en cas de succès du BO dimanche, Anoeta se parera de nouveau de rouge et blanc le 22 ou 23 avril à l'occasion d'une demi-finale, contre le vainqueur de Leicester-Bath.
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