Champions Cup - Demi-finale - L'UBB et l'exemple de... Northampton : "Ils nous ont donné de la force"
Par Laurent Vergne
Mis à jour 22/05/2025 à 13:46 GMT+2
L'Union Bordeaux-Bègles a livré un match plein dimanche pour prendre le dessus sur Toulouse dimanche (35-18) et accéder à la finale de la Champions Cup. Les Girondins ont vaincu un ogre… et leur propre complexe. Ils le doivent à un gros travail sur eux-mêmes, mais aussi à l'inspiration puisée dans le match immense de Northampton au Leinster, samedi, dans la première demi-finale.
Matthieu Jalibert (UBB).
Crédit: Getty Images
C'est la victoire de la force conviction. Bien sûr, Toulouse était diminué. Personne ne le nie, surtout pas les Bordelais. Mais il faut mesurer à quel point, malgré ces absences en face, le défi était monumental pour l'UBB. Ce n'est pas seulement un adversaire, le plus grand de tous, qui se présentait dimanche au Matmut Stadium dans cette demi-finale de Champions Cup. C'est un complexe vivant. C'est celui-ci que les hommes de Yannick Bru ont terrassé (35-18) pour composter leur billet, direction Cardiff et la finale.
"Cette semaine, Yannick (Bru, NDLR) nous a dit que les statues, c'était fait pour tomber", a confié sur France 2 Jefferson Poirot, le pilier vétéran. "On ressent un sentiment de fierté envers les joueurs qui se sont mobilisés cette semaine, savoure justement Yannick Bru. Ils avaient décidé de se passer le relais des efforts, de croire en eux, et de faire mieux que l’an dernier face à ce même adversaire." C'est peut-être en grande partie avant le match que les Girondins l'ont gagné.
Même si cela ne suffisait évidemment pas, l'auto-persuasion constituait un préalable indispensable pour cette équipe. "Ce match, ajoute l'irréprochable demi de mêlée Maxime Lucu, on l'a gagné dans le cœur et dans la tête aussi. Contre Toulouse, à chaque fois qu'on a péché, c'est que dans l'agressivité on n'y était pas, donc aujourd'hui il fallait se resserrer et la victoire on est allé la chercher là-dedans." Là-dedans, c'est avant tout la tronche. Là-haut, il fallait que tout le monde soit persuadé que la chose était faisable.
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Maxime Lucu (UBB)
Crédit: Getty Images
Ça fait du bien de croire en ses rêves
Tout le travail a été axé là-dessus ces derniers jours, jusqu'à un coup de pouce final, venu de Dublin, 24 heures avant le choc face à Toulouse. A l'Aviva Stadium, Northampton a accompli ce que pas grand-monde n'imaginait possible : terrasser le Leinster dans son antre, au terme d'un match absolument époustouflant (34-37) dans la première demi-finale. Ce fut la cerise (ou la crème anglaise) sur le gâteau de la détermination bordelaise. Ce que les Saints avaient réussi, eux aussi pouvaient le faire.
"Quelle équipe de Northampton ! En toute honnêteté, ça a été un exemple pour nous, concède Jefferson Poirot. Quand on a vu Northampton, le match qu'ils ont fait au Leinster, ça nous a donné beaucoup d'inspiration pour ce match contre Toulouse." "Ils ont été incroyables, ils nous ont donné de la force, confirme Maxime Lucu. Dans la tête, on a été fort, on avait vu hier (samedi) qu'un exploit était possible, donc aujourd'hui (dimanche) on l'a fait aussi. Grâce à eux, on s'est dit tout est possible. Rien n'est écrit à l'avance."
C'est bien plus qu'un simple match que les Bordelais ont remporté dimanche devant leur public. C'est un plafond de verre qui a explosé. Pas tant pour passer de la demie à la finale, même si ce sera leur toute première sur la scène européenne, mais parce qu'en prenant le dessus sur Toulouse, ils ont vaincu leurs propres démons. Lucu, encore : "On voulait changer le cours de l'histoire. On ne fait que dire qu'on travaille pour ces moments-là, mais quand on y arrive, on avait toujours cette petite appréhension. On avait envie de passer un cap de plus. On est allé le chercher. Ça fait du bien de croire en ses rêves."
Ça n'a l'air de rien, mais y croire, c'est finalement peut-être le plus difficile, dans le sport de haut niveau. Croire en ses rêves, et plus encore en ses capacités. L'UBB portait en elle cette victoire face à Toulouse. Elle avait juste besoin d'en être certaine. Reste une question : les hommes de Yannick Bru auront-ils la même force de conviction le 24 mai prochain quand ils rentreront sur la pelouse de Cardiff pour défier Northampton ? La marche était si haute dans leurs têtes qu'après la rencontre, ils donnaient parfois l'impression d'une forme d'accomplissement, dimanche. Attention danger. "Ce n'est qu'une étape car on sait par expérience que célébrer cette victoire trop fort pourrait nous coûter cher", a déjà prévenu Yannick Bru. A méditer. Et à ne pas oublier.
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