Top 14 - 23e journée : Stade français, un choc à Toulouse pour se légitimer
Par Laurent Vergne
Publié 12/05/2024 à 00:01 GMT+2
Leader sans discontinuer depuis début février, le Stade français surprend et épate son monde à défaut de le séduire. Les Parisiens aimeraient faire taire les sceptiques. Avec deux matches à venir à Toulouse puis contre Bordeaux-Bègles, le révélateur attend le club de la capitale. Dimanche soir, à Ernest-Wallon, Paris veut montrer qu'il est à sa place.
Le choc Stade Français - Toulouse à l'aller, le 3 décembre.
Crédit: Getty Images
Ce n'était pas attendu, c'est une surprise, mais une surprise qui dure. D'ailleurs, quand une équipe pointe en tête du classement après 22 journées, à quatre encablures seulement de la fin de la phase régulière, est-il encore pertinent, ou juste, de s'en étonner ? Pourtant, les sceptiques demandent encore à être convaincus. Cela tombe bien, le déplacement des Parisiens à Toulouse, dimanche soir, constitue le plus probant des étalonnages.
Stade français, premier. Stade toulousain, deuxième. Le leader chez son dauphin, l'affiche médiatique du Top 14 (le trop fameux 'Clasico' du Top 14...), possède cette fois une vraie ampleur sportive, comme rarement sans doute ces dernières années. L'enjeu ne sera pas tant comptable car, sauf catastrophe, les deux équipes sont bien installées aux deux premiers rangs, directement qualificatifs pour les demi-finales. Non, dimanche, il sera davantage question de prestige et, dans le cas du Stade français, de légitimité.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2024/05/11/3966057.jpg)
Le Stade français sera-t-il encore leader à l'issue de son déplacement à Ernest-Wallon ?
Crédit: Getty Images
Les Sud-Afs de la capitale ?
Ils ne sont ni bêtes ni sourds, les hommes de Laurent Labit et Karim Ghezal. Ils savent que de l'étonnement à l'irritation, il n'y a parfois pas loin. Les voir tout en haut de la hiérarchie surprend, au mieux, et agace, au pire. "Nous ne sommes pas dupes de notre niveau", avouait Labit dans les colonnes de Midi Olympique il y a quelques semaines.
Reste que les Parisiens n'ont pas envie de s'excuser et commencent à être fatigués de devoir se justifier. Oui, ils possèdent seulement la... 13e attaque sur 14, mais s'ils sont aux commandes du classement, c'est qu'ils doivent bien avoir quelques vertus. "On n'est pas très 'sexy', pas très 'glamour', on ne plait pas trop aux fans de rugby qui aiment le jeu 'à la toulousaine' et peut-être aussi parce c'est le club de la capitale... Maintenant, il y a plein de styles de jeu pour gagner, rappelait récemment le talonneur Lucas Peyresblanques, avant de tenter la comparaison ultime : "Regardez les Sud-Africains : ils ne font pas rêver grand monde mais leur jeu est efficace. Donc si on peut être comme eux, je ne dis pas non".
"Ils sont en haut du championnat et ne l'ont volé à personne", plaide le demi de mêlée toulousain Paul Graou, qui devrait débuter le choc dimanche à la place d'Antoine Dupont, ménagé dans l'optique de la finale de Champions Cup face au Leinster dans deux semaines. "Depuis le début de la saison, on travaille très dur et je pense que notre place n'est pas volée", estime sur le même ton le troisième ligne parisien Mathieu Hirigoyen.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2024/03/02/3921497.jpg)
Lucas Peyresblanques (Stade Français) face à Pau en Top 14.
Crédit: Getty Images
Montrer ce qu'ils ont dans le ventre
Ils ont raison. Tous les deux. Le classement n'a pas vocation à décerner les bons et les mauvais points de style ou de sex-appeal rugbystique. Il compte les points, les additionne et à ce jeu-là, le seul qui compte dans l'optique de la qualification pour les phases finales, le Stade français a fait mieux que tout le monde jusqu'ici. "On a confiance en notre système", assure Paul Gustard, le gourou anglais en charge de la défense du Stade français, homme-clé de la réussite du club cette saison. Son pragmatisme, sa défense de fer et un mental d'acier (les Parisiens ont arraché bon nombre de victoires dans les derniers instants ces derniers mois) ont redonné une véritable identité à l'ensemble.
Malgré tout, il subsiste donc encore et toujours une part d'interrogation quant au véritable potentiel de cette équipe alors que le printemps, porteur du seul verdict qui vaille, est désormais là. Laminé à Clermont (41-18) il y a deux semaines, le Stade français s'apprête désormais à enchaîner deux chocs, d'abord chez son dauphin toulousain donc, puis face à l'UBB (3e). Deux matches pour en savoir plus. "On veut montrer ce qu'on a dans le ventre", confesse Léo Barré. L'arrière parisien le concède, dimanche, à Toulouse, ce sera peut-être "notre plus gros match de la saison."
Comme si, leader ou pas, il fallait prouver, encore et encore. Si, lundi matin, le Stade français occupe toujours la place de leader, il sera peut-être temps que les sceptiques se rendent à l'évidence. Mais chez l'ogre toulousain, référence parmi les références, et accessoirement (ou pas) toujours invaincu à domicile cette saison, le défi apparaît immense.
Publicité
Publicité