Top 14. À Bordeaux, une euphorie à digérer : "On ne veut pas gâcher la fin de saison"

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Vainqueur de la Champions Cup, l’Union Bordeaux-Bègles a franchi une étape majeure dans son évolution. Doit-elle toutefois s’en contenter alors qu’une fin de saison palpitante l’attend en Top 14 ? Ses têtes pensantes jurent que non avant le déplacement de dimanche à Toulon, qui peut changer du tout au tout son approche du sprint final.

Les Bordelais célébrant la Champions Cup

Crédit: Getty Images

La joie, la communion, la fête : les joueurs de l’Union Bordeaux-Bègles ont prolongé un peu durant la semaine la douce folie qui les a gagnés samedi dernier lors du sacre en Champions Cup. Et quoi de plus normal pour ce club né en 2006 de la fusion du Stade bordelais et du CA Béglais, qui a vécu trop de rendez-vous manqués avec la gloire ces dernières années pour ne pas la savourer aujourd’hui.
"Big" Ben Tameifuna Champions Cup dans les mains et gilet pare-balles de police sur les épaules, Matthieu Jalibert, Louis Bielle-Biarrey et consort footballeurs d’un jour pour une brésilienne improvisée et quelque peu approximative entre deux rafraîchissements… les images insolites des célébrations dans les rues de la cité girondine n’ont pas manqué. Traduction atypique d’une euphorie légitime. Nécessairement éphémère, aussi, puisque contrairement au football, la saison ne s’arrête pas avec la finale de la coupe d’Europe, placée plus d’un mois avant celle du Top 14.
"Cette étoile que les joueurs ont gagnée, on a le devoir de la faire briller"
De fait, malgré le tourbillon de joie ambiant, le président de l’UBB Laurent Marti, qui clamait en toute transparence avant la finale contre Northampton préférer le Bouclier de Brennus, s’obligeait dès les heures qui ont suivi le sacre à appeler à la remobilisation. "Il faut prendre ce titre comme un premier objectif atteint, pas comme un aboutissement, disait-il à Sud Radio. Il faut qu’on continue et pas qu’on soit un club qui fasse ‘pschitt’, sinon cela ne sert à rien. J’espère qu’on va se remettre en ordre de marche pour aller chercher d’autres trophées."
Un discours repris et partagé un peu plus tard par son manager Yannick Bru, qui, formaté à l’école de l’exigence toulousaine durant sa carrière de joueur et d’entraîneur, connaît les écueils à éviter et les leviers à actionner pour empêcher le soufflet de retomber. "Depuis mardi, nous sommes au travail car cette étoile que les joueurs ont gagnée, on a le devoir de la faire briller, a ainsi demandé l’ancien talonneur dans les colonnes de Sud Ouest. On doit se montrer à nous-mêmes que ce n'était pas qu'un coup de fusil en l'air. On ne veut pas gâcher la fin de saison."
 

Une deuxième place à défendre pour rêver plus grand de doublé


Dans les faits, Bru visait plus le moyen terme que l’immédiateté du prochain match. Et ce quand bien même l’adversaire, Toulon, est le seul qui puisse encore obliger son club à passer par la case barrage en phase finale. Une défaite sèche à Mayol en concédant le bonus offensif donnerait au RCT, cinq points derrière au classement avant le coup d’envoi de cette 25e journée de Top 14, la maîtrise de son destin pour chiper in-extremis la deuxième place.
Une option pas forcément farfelue alors que les Toulonnais auront à cœur de s’offrir la tête du nouveau champion d’Europe et que la plupart des héros de Cardiff sont laissés au repos pour cette affiche. Une occasion, aussi, pour ceux qui seront sur le terrain, de prouver que l’UBB peut aussi compter sur la profondeur de son effectif pour avancer, comme cela avait déjà été le cas à Pau mi-avril (22-26). Et pour certains, la possibilité de se positionner pour intégrer les feuilles de match en phase finale. Cette saine émulation qui a fait notamment fait la force du Stade toulousain l’an dernier pour s’offrir le doublé. Clairement l’exemple à suivre pour cette UBB qui veut s’interdire le sentiment de satiété. 

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