JO de Milan-Cortina 2026 - "On est pas en vacances, mais..." : pourquoi les Bleus du skicross ont passé le début des Jeux à... Tenerife
Par Tanguy Mantovani
Mis à jour 20/02/2026 à 09:58 GMT+1
Avant de débuter ses Jeux Olympiques ce vendredi avec l'épreuve individuelle féminine, l'équipe de France de ski-cross a passé la première semaine de la compétition en mise au vert aux… Canaries, en Espagne. Une idée originale mais pas inédite : en 2014, le staff avait pris une décision similaire avant de réaliser un triplé historique sur l'individuel hommes. Depuis, la tradition est restée.
L'équipe de France de skicross a passé la première semaine des JO de Milan-Cortina en mise au vert aux Canaries
Crédit: Getty Images
Ce vendredi, dans les "starting-blocks" des qualifications, il risque de rester un peu de sable au fond des bottes de Marielle Berger-Sabbatel. Et pour cause : la Française, qui dispute cet hiver ses troisièmes Jeux Olympiques lors de l'édition 2026 de Milan-Cortina, revient tout juste d'une semaine au soleil. Avec ses coéquipiers et coéquipières de l'équipe de France de ski-cross, elle a passé la première semaine des JO dans l'archipel des Canaries, en Espagne. Très loin des pistes de ski, où elle va tenter d'accrocher sa première médaille, et de l'effusion du village olympique.
Une idée du coach de l'équipe de France Michel Lucatelli, qui n'en est pas à son coup d'essai : "J'ai une certaine idée de comment se préparer, et une certaine stratégie, a-t-il expliqué à L'Equipe avant de s'envoler début février. Le stage en Turquie avait été un moment fort en 2014, alors pourquoi ne pas retenter l'expérience ? Ça nous avait permis d'arriver un peu plus relâchés." À Sotchi, la stratégie avait effectivement porté ses fruits. Après une semaine de bronzette à quelques centaines de kilomètres du froid russe, les Bleus et leurs teints hâlés avaient écrasé l'individuel masculin et remportés l'or, l'argent, et le bronze.
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Il y a huit ans, le triplé historique du skicross français
Video credit: Eurosport
Depuis, on s'est dit qu'il y avait là quelque chose qui ressemble à une bonne idée, et le staff de l'équipe de France a réitéré l'expérience à chaque fois qu'il l'a pu. En 2018, pour décompresser avant d'entrer en lice aux JO de Pyeongchang, les athlètes s'étaient envolés pour un archipel japonais. Notre consultante Alizée Baron, double championne de France de ski-cross, en était et en garde un bon souvenir : "J'ai vraiment apprécié parce que pour le coup, j'ai vécu aussi l'inverse. En 2022, avec le contexte Covid, on avait passé du temps sur place. Honnêtement, on mange beaucoup, beaucoup d'énergie. Alors le fait d'aller se mettre dans une bulle, ça a du bon."
Beaucoup de stress dans le village
"Parce qu'en fait, même si on n'est pas en épreuve, on voit le flux des autres athlètes, poursuit-elle. Il y en a qui sont médaillés, d'autres ne sont pas médaillés. Mine de rien, il y a beaucoup de stress ambiant dans le village." Mieux vaut donc s'en éloigner. Il est là, le premier objectif de cette mise au vert de dernière minute : gagner un environnement plus calme, mais aussi plus simple pour s'organiser. Sur le site olympique, les athlètes ne disposent que de quelques créneaux pour accéder aux pistes d'entraînements durant toute la quinzaine. Cela crée alors un autre problème : celui de trouver le temps long, et de cogiter.
La mise au vert est donc pensée spécifiquement pour éviter cet ennui : "Il y avait une tonne d'activités, se rappelle-t-elle. Je pense que ça a été aussi le cas à Tenerife (où l'équipe de France est allée, NDLR), les journées sont bien, bien occupées." Au programme notamment : du travail spécifique, avec des séances cardio intenses mais courtes, mais aussi de la proprioception et du yoga. Et, forcément, tout le petit plaisir qu'offre une île où la température peut approcher les 25 degrés même en février. "On sait qu'on n'est pas en vacances, remet tout de même Alizée Baron. Mais en même temps, j'ai envie de dire qu'on ne prend que le meilleur des Jeux."
C'est-à-dire l'effusion de la cérémonie d'ouverture, à laquelle les Bleus ont participé avant de s'envoler pour Tenerife, mais aussi l'esprit d'équipe en passant ce moment privilégié en petit comité au dernier moment, et juste ce qu'il faut du village et de l'ambiance olympique. L'équipe de France est rentrée ce lundi 16 février à Livigno, juste le temps de profiter des installations. La piste, ils la connaissent déjà, puisqu'elle a accueilli un "test event" au début du mois.
Repos après un gros bloc de préparation
Cet avant-goût de JO est venu clore un mois très chargé pour les Bleus. "Ils ont énormément enchaîné au mois de janvier, assure Alizée Baron. Ils ont eu quatre Coupes du Monde en l'espace d'une dizaine de jours. Avant ça, ils ont fait un gros stage aux Saisies. Au final, cette mise au vert, elle est encore plus cohérente avec cette phase de repos après un gros bloc de préparation." Ils sont pourtant les seuls à avoir fait ce choix. L'équipe allemande, par exemple, a quitté le village olympique mais est restée en Italie pour un stage à la montagne.
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Duplessis Kergomard, "cérébral" et c'est de la balle : sa victoire spectaculaire
Video credit: Eurosport
L'équipe de Suède, elle, s'est aussi envolée mais pour regagner ses bases. Mais l'équipe de France a sa méthode et y croit. "Les huit sélectionnés, aujourd'hui, ont fait des podiums en Coupe du Monde, conclut Alizée Baron. Ils sont tous capables d'aller décrocher une médaille. En tout cas, s'il y en a un, voire plus j'espère, qui décroche une médaille, ce ne sera pas une surprise." Avec Marielle Berger-Sabbatel et Youri Duplessis Kergomard en leader, la France a de beaux arguments. Elle a surtout un atout unique pour des Jeux d'Hiver : un excellent taux de vitamine D.
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