JO de Milan-Cortina I Il a dormi dans sa caravane pour faire les Jeux : Vincent Maharavo en mission
Par Vincent Roussel
Mis à jour 20/02/2026 à 10:15 GMT+1
Seul engagé français dans l’épreuve de ski halfpipe lors des Jeux de Milan-Cortina, Vincent Maharavo a dû consentir à beaucoup de sacrifices pour participer aux JO. Entre exil forcé, faute d’équipements en France, et vie dans une caravane pour payer ses saisons au plus haut niveau, il arrive comme un mort de faim lors des qualifications qui auront lieu vendredi dès 10h30 à Livigno.
Vincent Maharavo est le seul représentant français sur l'épreuve de ski halfpipe lors des JO 2026
Crédit: Getty Images
Il y a certes un grand lit, un petit nécessaire de cuisine qui fait le travail, mais tout de même : Vincent Maharavo se contente du minimum pour vivre de sa passion. À l’image d’une toute petite douche, tout de même indispensable "car c’est important de se laver quand on fait autant de sport", dit celui qui a grandi à Font-Romeu, dans une lapalissade, sur une vidéo diffusée par la Fédération Internationale de Ski, dans laquelle le Français nous fait découvrir sa "maison".
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Loin du confort dans lequel se réfugient souvent les meilleurs athlètes pour réussir les meilleures performances possibles, le skieur de 28 ans a dû faire quelques sacrifices pour participer aux Jeux de Milan-Cortina, où il est l’unique tricolore aligné sur l’épreuve de halfpipe, dont les qualifications se déroulent vendredi dès 10h30.
Je me suis fabriqué un beau chalet que je loue à des touristes
D’origine malgache, le champion de France de big air en 2023 s’est consacré entièrement à la "demi-lune" depuis seulement 2024. Un sacré défi, d’abord financier : "Une saison de halfpipe coûte environ 40 000 euros, entre le salaire de mon staff, les billets d'avion, la nourriture..., énumère Maharavo. J'arrive à obtenir la moitié par les sponsors, et je trouve le reste ailleurs". Plutôt qu’un petit boulot chronophage, l'ancien spécialiste du slopestyle a choisi d’innover.
"Je me suis fabriqué un beau chalet que je loue à des touristes. L'an dernier, je me suis même retrouvé à dormir dans ma voiture pour louer mon logement !", a-t-il raconté avant le début des Jeux à France Bleu. D’où cet aménagement peu luxueux mais fort pratique. Surtout alors que l’Hexagone ne lui propose pas d’installations adéquates pour qu’il puisse s’entraîner auprès du reste de la délégation tricolore de freestyle, dans les Pyrénées ou dans les Alpes.
Victime d'une rupture des ligaments croisés l'an passé
Du coup, le voltigeur de 28 ans passe une bonne partie de son temps en Suisse où aux États-Unis. La débrouille, ça le connaît, lui qui s’était, il y a quelques années, installé une rampe devant chez lui pour répéter ses gammes en slopestyle. L’abnégation, c’est aussi un mot qu’il connaît, puisqu’il continue de s’accrocher à son rêve même s’il est très loin du gotha mondial, dominé par les Américains.
C'est une petite revanche envers ceux qui n'y croyaient pas et qui critiquent
Seulement 33e mondial à l’issue de la saison 2025, il a réussi un retour express à la compétition après une rupture des ligaments croisés en février dernier. Mais il a fini hors du top 30 (37e et 32e) lors des deux épreuves de Coupe du monde auxquelles il a participé début 2026, à Calgary puis à Buttermilk. Un petit coup du destin et le retrait de quelques athlètes lui ont permis de participer malgré tout à la grand-messe des sports d’hiver.
"Il y a tellement d'années de travail derrière que je suis super content d'être sélectionné, a-t-il savouré auprès du Dauphiné au début du mois. C'est une petite revanche envers ceux qui n'y croyaient pas et qui critiquent. C'est ma petite victoire personnelle, déjà, avant même d'y aller !". Une qualification en finale de l’épreuve de halfpipe serait une autre récompense. Avant de repartir sur les routes en caravane.
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