Mikaël Kingsbury, le cannibale du ski de bosses qui n’était jamais rassasié : "Il a vraiment changé notre sport"
Eurosport sur GoogleIl fait partie de ces espèces de mohicans du ski freestyle. Oui, Mikaël Kingsbury est à classer parmi les plus grandes légendes des sports d'hiver. Son palmarès semble infini, son héritage est colossal, mais le Canadien de 31 ans continue d'avaler les bosses avec brio après plus de treize ans de Coupe du monde. Portrait d'un homme pour qui l'argent et le bronze ont une saveur presque amère.
Mikaël Kingsbury lors de l'étape de Coupe du monde à l'Alpe d'Huez en décembre 2024.
Crédit: Getty Images
En France, quand on pense au ski de bosses, on pense aux exploits de Perrine Laffont. Ceux de Edgar Grospiron et Sandra Laoura viennent aussi à l'esprit. De ces trois géants tricolores, c'est surtout l'Ariégeoise qui voit son aura dépasser les frontières hexagonales quand il s'agit d'évoquer la discipline. A l'international, c'est le nom de Mikaël Kingsbury qui sonne comme une évidence. A 31 ans passés, le Québécois n'a pas seulement marqué l'histoire de son sport, il l'a transformé.
Octuple champion du monde, ravisseur du globe de la discipline à dix reprises, vainqueur à 83 reprises en Coupe du monde et sur le podium à 120 reprises sans oublier trois médailles olympiques dont l'or à Pyeongchang en 2018, le champion possède une armoire à trophées qui a de quoi donner le tournis. Alors que le freestyle, en particulier les bosses, ne consacre pas ou peu d'athlètes la trentaine entamée, le King reste lui au sommet de son art. "C'est à la fois mon meilleur pote comme je peux le détester par moments. Il m'a tellement privé de beaucoup de victoires en Coupe du monde…", nous confiait Ben Cavet en début de saison.
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Best of JO : Les médailles Olympiques de Mikael Kingsbury
Video credit: Eurosport
"Créateur" de la régularité
Ce pic de performance, Mikaël Kingsbury ne l'a jamais vraiment quitté depuis son arrivée chez les professionnels en 2009. Il n'avait que 17 ans. Rookie de l'année en 2009-2020, le natif de Sainte-Agathe-des-Monts observe, mais place très vite le curseur d'exigence auprès des anciens et de la nouvelle vague.
"Il a vraiment changé notre sport dans sa régularité", lance Ben Cavet, très proche de la machine et qui le côtoie en Coupe du monde depuis plusieurs années. "Avant les JO de 2006, le gars qui portait le maillot jaune, il avait fait deux podiums après sept courses. Maintenant pour être top trois mondial, il faut faire au moins six podiums sur sept courses. Il a bouleversé notre sport."
Entraîneur historique des Bleus des bosses jusqu'en 2022, Ludovic Didier trace le même sillon que son ancien poulain. "Son premier podium, c’était en 2011. On est en 2024 et il est encore en train de gagner, ça laisse imaginer la régularité qu’il peut avoir. C'est la 14e saison qu’il gère comme ça encore plus avec tout le côté traumatisant que notre sport peut apporter. C’est quelqu’un d’exceptionnel. C’est un sport à juges donc gagner depuis tant de temps comme il le fait… Je trouve la prouesse incroyable."
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Cavet : "Kingsbury ? Il a vraiment bouleversé notre sport"
Video credit: Eurosport
Pas là pour faire deuxième ou troisième
En près de quinze ans sur le circuit, le Canadien a dû se réinventer. La haine de la défaite l'a toujours animé. Sa moue après sa troisième place à Ruka en début de saison en disait long sur son état d'esprit. "Il est là pour gagner, il n’est pas là pour faire deuxième ou troisième, ça ne l’intéresse pas. Au-delà d’aimer son sport et de le faire vivre, il a cette motivation intacte, cette soif de victoire impeccable", continue notre consultant qui loue un garçon "avenant, toujours très sympathique et qui donne de son temps."
Plus que le top, "la manière de gagner est importante pour lui. Il veut montrer aux autres qu’il est capable d’être performant sur toutes les pistes. C’est vraiment incroyable. On ne peut que lui rendre hommage. Il aime le geste, la performance, repousser ses limites." "Pour moi, il incarne le ski de bosses", insiste le bosseur tricolore Ben Cavet.
A Val-Saint-Côme ce week-end (à suivre sur Eurosport), Mikaël Kingsbury retrouve son public. Troisième du single lors de la dernière réunion à Bakuriani, vainqueur en parallèle, le Canadien "[sent] que la compétition devient plus forte", mais qu'il a "encore beaucoup de ski [en lui]" comme il l'a confié à la presse canadienne ces derniers jours.
La concurrence se resserre avec les Walter Wallberg, Cole McDonald et autres Ikuma Horishima, sans oublier Ben Cavet, mais le roi des bosses n'entend pas faire de cadeaux avant de rendre son trône. Il faudra patienter puisqu'il s'est fixé les Jeux de Milan-Cortina 2026 comme ultime danse. Il aura 33 ans. L'ogre entend bien continuer de déguster d'ici là.
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Mikaël Kingsbury lors des Championnats du monde de ski freestyle 2023 à Bakuriani.
Crédit: Getty Images
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