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Un géant au grand coeur
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Publié 03/01/2006 à 07:55 GMT+1
L'entraîneur italien des géantistes français, Severino Bottero, est décédé lundi matin à la suite d'un accident mortel survenu sur l'autoroute blanche, alors qu'il rejoignait ses protégés pour un stage. Portrait d'un homme gentil, discret et qui était, av
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Crédit: Eurosport
En deçà comme au-delà des Alpes, l'entraîneur italien Severino Bottero, mort accidentellement lundi matin sur l'autoroute blanche en rejoignant les géantistes français pour un stage, jouissait d'une estime unanime autant pour ses compétences techniques que pour ses qualités humaines.
Dans un monde du ski plus enclin à la rudesse, et parfois au rudoiement, Bottero, âgé de 48 ans, tranchait par une aimable discrétion qu'un physique menu rendait encore plus attachante.
Bottero s'était fait connaître au début des années 90, alors qu'il dirigeait les géantistes italiennes, en "créant" Sabina Panzanini, lauréate de trois épreuves de Coupe du monde de ski alpin. Panzanini ou l'alter-ego de la grande Deborah Compagnoni, qui disposait d'une structure privée en marge de la Squadra.
Peu enclin aux affaires de parti, Bottero préféra émigrer en France après les Jeux d'hiver de Lillehammer en 1994. Natif de Cuneo, à quelques lieues de la frontière, il était quasiment en pays de connaissance à Chamonix ou à Val d'Isère.
"Contact exceptionnel"
"J'avais été impressionné par ses qualités de technicien hors pair, mais surtout, ce qui est rare, par sa manière très juste, très calme de faire passer les messages", se souvient Michel Vion, à l'époque directeur alpin à la Fédération. "Il avait un contact exceptionnel avec les athlètes. C'était aussi un redoutable homme de terrain, qui était entré dans le caractère français", explique Maurice Adrait, ex-entraîneur de la championne Carole Merle. Cela tombait bien. Leïla Piccard et Sophie Lefranc bénéficièrent des leçons d'un pédagogue hors-pair pour rejoindre le groupe des meilleures géantistes.
"Ca a été un peu le déclic, explique Leïla Piccard. J'ai appris beaucoup de choses avec lui, sans pression. Il travaillait différemment, avec son accent chantant qui mettait de la gaieté, de l'ambiance. Il avait la manière de le dire car c'était quelqu'un de très humain. Il nous a apporté la technique de l'école italienne, avec les pieds plus écartés, le buste plus en avant pour sortir rapidement de la porte".
Un papa
"J'ai arrêté ma carrière l'année suivant son départ (en 1998, pour le groupe des géantistes messieurs). Je me suis retrouvée comme abandonnée, comme si je n'avais plus de papa" , poursuit la médaille de bronze des Mondiaux 1997 à Sestrière. Un second père, il le fut certainement pour Frédéric Covili, ancien champion du monde juniors qu'il avait ressorti de l'oubli au début des années 2000. "Ce n'était pas qu'un entraîneur, un ami", remarque "Fred", désormais orphelin comme Mattia, 14 ans, le fils d'Elena et Severino.
Les problèmes financiers de la FFS avaient poussé Bottero à revenir en Italie pour prendre en charge les géantistes de la Squadra. Une aubaine, pensait-il, avec des jeux Olympiques à domicile. Mais l'échec des Mondiaux de Bormio, en février dernier, et des relations tendues avec l'actuel leader de la Coupe du monde de géant Massimiliano Blardone, l'avaient conduit à repasser la frontière.
Confronté à un début de saison difficile pour ses retrouvailles avec les Bleus, Severino voulait croire en des lendemains qui chanteraient. Il y a 15 jours, il avait enregistré avec bonheur la 11e place de Raphaël Burtin, dossard 48, au géant d'Alta Badia. Quatre jours plus tard, "Raph", le martyrisé du genou droit, avait reproduit la même performance à Kranjska Gora, imité par Thomas Fanara. "Sev" pouvait alors penser que le vent de la Fortuna avait tourné. Bien qu'éprouvés par la mort de Bottero, les géantistes tricolores seront bien présents à Adelboden samedi.
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