Clément Noël vainqueur du slalom de Coupe du monde à Adelboden I Une victoire et ça repart : "Il peut tout avoir"
Par Vincent Bregevin
Mis à jour 11/01/2025 à 19:05 GMT+1
Clément Noël est sorti du brouillard pour retrouver la lumière. Dans des conditions course très délicates, le Français a signé l'une des plus belles victoires de sa carrière samedi, sur le slalom d'Adelboden. Relancé avec ce troisième succès de sa saison, le champion olympique en titre peut nourrir les plus grandes ambitions pour la suite de l'hiver.
Noël savoure après sa victoire : "Des fois j'analyse bien les choses..."
Video credit: Eurosport
Qui sait si ces deux petits centièmes ne feront pas une énorme différence dans la carrière de Clément Noël. Ils ont déjà tout changé ce samedi pour le skieur tricolore. C'est ce petit rien qui lui a permis de devancer Lucas Pinheiro Braathen dans le brouillard d'Adelboden pour aller chercher une troisième victoire cet hiver. Et de signer une belle opération au classement de la Coupe du monde de slalom, dont il occupe la deuxième pace à 35 points du Norvégien Henrik Kristoffersen. De quoi donner une autre tournure à un hiver devenu un brin frustrant tant son entame était glorieuse.
Ce troisième succès de la saison vient d'ailleurs. A Levi et surtout à Gurgl, où il avait signé ses deux premières victoires de l'exercice, Noël avait dominé la concurrence dès le premier run. Il n'avait que le troisième temps au moment d'aborder son deuxième passage à Adelboden, à centièmes de l'Autrichien Manuel Feller, tenant du petit globe du slalom. "Je dois avouer qu’avant la course, je n'y croyais pas, parce que j’imaginais des conditions difficiles, reconnaît Pierre-Emmanuel Dalcin, consultant sur Eurosport. Et en partant 28e de la seconde manche, je me suis dit que les conditions allaient se dégrader, qu’il allait y avoir un dévers."
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La victoire pour deux centièmes : le second run grandiose de Noël
Video credit: Eurosport
Sur la piste, Noël n'était pas forcément plus confiant pendant sa course. "Franchement, je me voyais derrière quand j'étais dans la manche, a-t-il avoué. Je savais que j'avais fait une partie haute plutôt correcte, mais je n'avais pas des sensations folles et dans le mur j'ai fait une grosse faute, j'étais tout en dessous. Je me suis dit que c'était fini, j'ai essayé de finir du mieux que je pouvais. Et quand je vois du vert, je suis surpris ! Je me dis que c'est bon pour le podium, je suis hyper content. Je pensais que ça pouvait passer devant mais bon voilà, c'était un combat pour tout le monde, c'était dur pour tout le monde... Ouais, c'est génial !"
"La blessure ? Ça m'a fait douter un peu"
Feller parti à la faute dans le mur, Noël a pu savourer sa première victoire depuis un mois un demi. Le temps commençait paraître relativement long pour un skieur qui en avait signé deux en l'espace d'une semaine pour ouvrir la saison. "C'était une petite blessure (à la cheville, NDLR) mais elle m'a quand même embêté quelques semaines et m'a fait douter un peu, a-t-il concédé au micro d'Eurosport. Louper Val d'Isère, c'était dur. Alta Badia (6e, NDLR), j'étais plutôt dans la bonne direction. Madonna (abandon en 1re manche, NDLR), je n'ai pas eu le temps de m'exprimer, ça peut arriver une erreur, il n'y a pas grand-chose à analyser. C'est comme ça. J'avais à coeur de bien faire à Adelboden, c'est l'une des dernières classiques que je n'avais pas gagnées."
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Un bon bas de parcours mais Noël frustré sur son premier run
Video credit: Eurosport
Elle figure désormais à son palmarès. Une 13e victoire en carrière qui en surtout assez long sur sa place dans la hiérarchie du slalom. Elle appelle une consécration encore plus grande. "C’est quand même fou qu’un gars qui a remporté 13 courses de Coupe du monde de slalom n’ait pas encore gagné le globe, analyse Pierre-Emmanuel Dalcin. Il ne lui manque pas grand-chose pour avoir l’un des plus grands palmarès du ski français. Il est déjà champion olympique, il reste les mondiaux et le globe. Il peut tout avoir. Il faut qu’il gagne en régularité, ce qui semble le cas, vu qu’il a remporté trois courses sur six. C’est peut-être la saison de la maturité."
Noël a la suite de l'hiver pour le prouver. Relancé par ce succès, il peut l'aborder avec sérénité pour tenter d'aller chercher ce petit globe que son talent appelle. "Il est prêt, annonce Pierre-Emmanuel Dalcin. La concurrence est rude. On voit un Kristoffersen qui ne sort pas des cinq premiers. Meillard qui est là, au contact. L’année dernière, c’était la prime au plus régulier. Ça va se dessiner petit à petit. Est-ce que ça va être une lutte à deux, à trois, ou à quatre ? On verra, mais je pense que le suspense va être entier jusqu’au bout." Et tout se jouera peut-être sur une victoire acquise pour deux centièmes...
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