Beaver Creek | Sofia Goggia, fin du calvaire
Eurosport sur GoogleLe grand moment est arrivé pour Sofia Goggia. Victime d'une double fracture tibia-malléole de la jambe droite alors qu'elle s'entraînait en géant le 5 février dernier, l'Italienne, enfin rétablie, fait son retour en Coupe du monde de ski alpin ce week-end à Beaver Creek (Etats-Unis). Réaliste, elle y nourrit toutefois de grandes ambitions et ne se considère certainement pas comme outsider.
Comment Goggia a renoué avec le succès en descente
Video credit: Eurosport
Sofia Goggia a pleuré. Beaucoup. Mais comme toujours, l'Italienne s'est relevée, avec la sensation de revenir plus forte qu'avant. Bien consciente de mettre à contribution son physique, elle qui a été victime d'une nouvelle grave blessure en février dernier, lorsqu'elle chutait alors qu'elle s'entraînait en vue du géant, la native de Bergame a pris son mal en patience. Onze mois pour être précis. Ce fut aussi dur que long.
"J'ai eu vingt jours de blackout, a-t-elle reconnu au Corriere dalle Sera vendredi. Quand je parle de cette blessure, j'ai envie de pleurer. Fatiguée de toujours redémarrer ? C'est nécessaire de se remettre en jeu pour les choses auxquelles on tient. Les belles choses ne sont jamais faciles. Mais si on ne se bat pour les choses que nous voulons vraiment, à quoi bon combattre ?"
Alors Goggia, bien qu'abattue, s'est remise au travail. De son opération à la rééducation. De l'enlèvement de ses plaques posées dans sa jambe droite, celle frappée par cette terrible double fracture tibia-malléole, à la reprise progressive des entraînements. "La différence entre cette blessure et toutes celles que j'ai eues avant, c'est que j'ai été obligée de rester six mois sans bouger. C'était une fracture très compliquée, je n'ai pas pu marcher pendant 45 jours. Mentalement, j'ai beaucoup souffert et paradoxalement, maintenant c'est comme si je n'avais rien eu", confiait la vice-championne olympique 2022 de descente en visioconférence depuis Denver cette semaine. La fin de son calvaire. "Cela a été un cauchemar, j'ai longtemps fait le même cauchemar la nuit, du moment où j'ai senti mon pied se bloquer dans le piquet et de ne plus sentir mon pied", a-t-elle dit à propos de sa convalescence."
Pas "outsider"
Immense championne, Goggia s'apprête à rechausser les skis ce week-end. D'abord samedi en descente, puis dimanche en super-G sur la piste de Beaver Creek. Ses objectifs ? La championne olympique 2018 n'en a pas. Elle veut simplement retrouver des sensations en compétition. Pas à pas. Épreuve après épreuve. "C'est une saison où je dois reconstruire, j'ai moins de kilomètres dans les jambes que les autres", a-t-elle rappelé. Plus apparue en compétition depuis le 30 janvier (5e du slalom géant de Kronplatz), la Transalpine ne se considère certainement outsider.
"Sofia Goggia ne peut pas l'être, a-t-elle clamé au Corriere della Sera. J'ai plus ou moins 180 courses au compteur en Coupe du monde, avec une moyenne d'un podium toutes les trois ou quatre courses. Et en descente, je suis l'une des meilleures. Malheureusement, j'ai un physique plombé par les blessures. Et si je pense à quel point j'ai peu skié dans ma vie, je me retiens une femme née en 2002 (elle est née en 1992, ndlr). En bref, je suis une skieuse qui n'a pas beaucoup skié."
Quadruple lauréate du petit globe de descente (2018, 2021, 2022 et 2023), Goggia ne vise pas la lune non plus. Du moins pas tout de suite. "Je vais retrouver la cabane de départ, l'ambiance de la Coupe du monde qui m'a manqué, une belle piste lisse, je suis sereine et tranquille et je veux avoir cette approche tout au long de cette saison", a-t-elle poursuivi. La suite de son calendrier ? Sauf contre-temps, elle participera à toutes les épreuves de vitesse de la Coupe du monde. Avant de s'aligner de nouveau en géant à partir de janvier prochain.
Un diplôme avant les JO ?
Dans son viseur, à court terme, les Jeux Olympiques de Milano-Cortina 2026. Chez elle. Un objectif autant qu'un rêve. Mais avant de s'imaginer remporter une possible médaille, Goggia espère surtout y arriver avec un diplôme à la main. "Tout se passe très bien : il me manque six examens pour obtenir mon diplôme en Sciences politiques. Ce serait un rêve de finir avant septembre 2025, mais l'important est que tout se termine bien. Ce serait fantastique d'obtenir un diplôme puis une médaille coup sur coup...", espère-t-elle, sans trop vouloir se projeter quand même. Car le présent demeure le plus important. Revenue de l'enfer, la Bergamasque est concentrée sur Beaver Creek. Où elle y retrouvera une certaine Lindsey Vonn. Les deux s'apprécient et se respectent. "Ce serait magnifique de pouvoir l'affronter de nouveau", avait lâché Goggia à notre micro début octobre, avant que l'Américaine n'officialise son retour. Voilà qui est fait.
"De mon côté, je me sens bien, je ne pense plus à mon pied (...) Je m'attendais à avoir plus de craintes, plus de peurs dans les courbes à haute vitesse, mais tout est revenu naturellement", a-t-elle prévenu. Comme pour mettre en garde une concurrence qu'elle sait accrue. "La première victoire arrivera quand elle arrivera... Qui peut savoir ? Avez-vous vu des pronostics sur Goggia ?", s'est questionnée l'athlète, parlant d'elle à la troisième personne, dans les pages du Corriere dalle Sera. On se réservera d'en faire nous aussi. Mais revoir Goggia au départ est déjà une belle victoire.
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