Jean-Baptiste Grange disait vouloir marquer l'histoire de son sport. Ce dimanche, à Garmish-Partenkirchen, il est au moins entré dans celle du ski français en ajoutant son nom à la liste des champions du monde. Parce qu'ils ne sont pas si nombreux que ça (21 avec lui désormais) et que les dernières Marseillaises ne laissaient entendre, avant aujourd'hui, que de lointains échos. Si chez les femmes, un retour de dix ans en arrière suffit pour trouver la trace d'un titre tricolore (avec la regrettée Régine Cavagnoud), chez les hommes, il fallait remonter jusqu'en 1982 (Michel Vion en combiné) et même 1970 en ce qui concerne le seul slalom (Jean-Noël Augert).

Cette victoire, Jean-Baptiste Grange l'a conquise en patron du slalom qu'il est. N'en déplaise à ceux qui critiquait son incapacité à répondre présent dans les grands rendez-vous ou à assumer la pression. En pleine confiance avec ses victoires à Schladming et Kitzbuhel, le skieur de Valloire a profité d'un dossard intéressant (n°2) pour dominer la première manche, tracée par son entraîneur David Chastan. C'est sans doute là d'ailleurs qu'il a fait la différence en reléguant le 4e à près d'une seconde, même si l'Italien Manfred Moelgg et le Suédois Andre Myhrer restaient dans ses talons.

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15/03/2011 À 18:53

Val d'Isère oublié

Mais il fallait surtout tenir le choc dans la seconde avec une piste bien marquée et le poids de la pression sur les épaules. Jean-Baptiste Grange l'a fait mais en faisant trembler tout le camp tricolore. Avec une première petite faute puis un blocage sur le haut du parcours, le Savoyard aurait pu perdre pied et concentration. Il n'en a rien été et il a repris le fil de sa course, assurant et préservant une partie de son avance sur le Suédois Jens Byggmark, auteur d'une deuxième manche énorme mais qui accusait plus d'une seconde sur le Français après la première.

Grâce à ce succès, Jean-Baptiste Grange efface ses déceptions de Val d'Isère en 2009 (sortie de piste) et de Vancouver où il n'avait pu défendre ses chances en raison d'une blessure. "Au début de la deuxième manche, j'ai repensé aux Mondiaux de Val d'Isère, a-t-il dit après la course. Je ne voulais pas finir comme là-bas en pleurant tout seul dans mon coin". Cet or qu'il convoitait tant, c'est aussi le deuxième pour la France cette semaine après la compétition par équipes et la 4e médaille avec l'argent de Richard et le bronze de Worley en géant. Les Bleus terminent ainsi au deuxième rang des nations derrière l'intouchable Autriche (4 titres). Mais la dernière image de ces Mondiaux, c'est Grange, sur la plus haute marche du podium.

Crédit: AFP

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