Coupe du monde I Courchevel I Marco Odermatt, vainqueur du gros globe et du petit globe de la descente : Le gâteau sans la cerise
Par Vincent Bregevin
Mis à jour 13/03/2026 à 15:51 GMT+1
L’orgie a commencé. Marco Odermatt a entamé sa razzia de globes cette saison en remportant celui du classement général et celui de la descente, le plus important à ses yeux, en prenant la troisième place vendredi à Courchevel. Le Suisse a encore repoussé le curseur de l’excellence dans cette discipline. Même si sa saison reste marquée par la désillusion de Kitzbühel.
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"C’est une chambre à trophées qu’il lui faut !". Pierre-Emmanuel Dalcin résume assez bien la carrière de Marco Odermatt. Sous les yeux du consultant d’Eurosport, elle a encore pris de l’épaisseur vendredi à Courchevel. Le Suisse n’a pas totalement dompté l’Eclipse, mais il l’a suffisamment maîtrisée pour finir troisième de la descente. Après l’abandon de Franjo von Allmen, il n’avait même pas besoin de ce podium pour s’assurer un fabuleux coup double : remporter le gros globe pour la cinquième fois de sa carrière, et celui de la descente pour la troisième fois consécutive.
Odermatt domine son sport et restera quoi qu’il arrive l’un des meilleurs skieurs de l’histoire. Ce cinquième gros globe le situe désormais à la deuxième place au nombre de victoires au classement général, à égalité avec le Luxembourgeois Marc Girardelli, et de revenir à trois unités du recordman en la matière, Marcel Hirscher (8). Il a porté son total à 15 globes en carrière, cinq de moins que l’Autrichien, avec la perspective de combler encore son retard puisqu’il est le mieux placé pour remporter ceux du slalom géant et du Super-G cette saison.
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Odi continue d’écrire sa légende après son festin du jour. Des deux trophées qu’il s’est assuré, ce n’est pas le gros globe qu’il retenait en priorité. Mais bien celui de la descente. "Le globe de descente, au fil de ma carrière, c’est devenu le plus important, a-t-il reconnu vendredi. Ce qui rend notre sport si difficile, c’est la régularité, en descente en particulier. Les pistes et les neiges sont totalement différentes. Ce n’est pas simple de toujours trouver la meilleure solution. Je suis très fier de ce que j’ai fait dans la discipline reine."
Les larmes de Kitz
Il part en effet de plus loin en descente. Odermatt est d’abord un géantiste, discipline qu’il domine sans partage depuis 2022. Mais il a su, magnifiquement, adapter son ski à la vitesse avec une progression linéaire dans la discipline en Coupe du monde. Elle était déjà sensible entre 2024 (552 points) et 2025 (605 points). Elle est encore plus nette en 2026, avec quatre victoires (Beaver Creek, Val Gardena, Wengen, Garmisch-Partenkirchen) en huit courses. Le podium ne lui a échappé qu’une fois, à Crans Montana. Et il avait terminé à la quatrième place. Le Suisse a d’ores et déjà fait mieux que l’an dernier avec 670 points au classement de la descente.
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Impossible de faire plus constant dans l’excellence. Et pourtant, Odermatt ne peut pas être totalement comblé. L’image la plus forte de sa saison, ce sont encore ses larmes sur le podium de Kitzbühel. Remporter la descente sur la Streif était son objectif numéro un. Elle s’était refusée à lui sur ses huit premières tentatives. La neuvième n’a pas été plus fructueuse. Devancé pour sept petits centièmes par l’Italien Giovanni Franzoni, le Suisse n’avait pu contenir sa déception sur le podium.
Cette désillusion l’avait beaucoup marqué. Elle a vraisemblablement conditionné son état d’esprit pour la descente des Jeux Olympiques de Milan-Cortina. Touché mentalement, Odermatt n’était plus vraiment lui-même sur les skis et avait échoué au pied du podium à Bormio. Il a su se ressaisir, bouclant les Jeux avec trois breloques à défaut de décrocher un titre olympique. Mais son échec à Kitzbühel a largement pesé sur sa saison. C’est la cerise qu’il n’a pas su poser sur son gâteau. Ce petit globe n’en reste pas moins savoureux.
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