"Cyprien Sarrazin à coeur ouvert" : il raconte son réveil à l'hôpital : "Je craignais tellement de ne plus savoir parler"

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Victime d’un grave accident à Bormio fin 2024, Cyprien Sarrazin a le droit de skier de nouveau. Mais le Français, double vainqueur de Kitzbühel, souhaite patienter avant de revenir. Aujourd’hui, le descendeur ne souffre d’aucune séquelle. Il nous a raconté son histoire dans "Cyprien Sarrazin à cœur ouvert", à découvrir en intégralité jeudi sur Eurosport 1 (17h45).

Cyprien Sarrazin, durant l'émission "Cyprien Sarrazin à coeur ouvert"

Crédit: Eurosport

Il y a quelques jours, Eurosport a eu le privilège de passer une après-midi avec Cyprien Sarrazin. Durant près d’une heure et demie, le double vainqueur de Kitzbühel s’est livré à Gauthier de Tessières, Pierre-Emmanuel Dalcin et Johan Clarey. Cyp’ a refait sa carrière et raconté aux trois compères comment il a surmonté le terrible accident qu’il lui est arrivé à Bormio. Et comment il a compris, quand il a repris ses esprits, qu’il avait été victime d’une terrible chute. La scène se déroule à l’hôpital de Sondalo, une semaine après l’accident de Bormio.


  • "Cyprien Sarrazin à cœur ouvert", un grand entretien à retrouver dès jeudi 27 novembre sur Eurosport 1 (17h45) et en replay sur HBO Max
"Ça s’est arrêté quarante mètres avant la chute. Je me rappelle du virage d’avant, de me dire, ‘va un peu plus loin’, parce que la veille, j'étais un peu trop direct, et je m'étais fait déjà un peu peur. Et là, ça s'arrête. Et quand j'appuie de nouveau sur le bouton enregistrer, à partir de ce moment-là, c'est six jours après l'opération.
Je suis seul à l'hôpital, il est 22 heures. Et là, je me dis, ‘waouh, qu'est-ce qu’il s'est passé‘. Je me remémore un peu, je me dis : 'Bormio, entraînement'. Mais je ne me souviens pas de la fin de l'entraînement. Je ne me souviens pas de la course mais je suis hyper calme. Mais je me dis qu’il a dû se passer un vilain truc quand même, pour que je ne me souvienne de rien.
Puis, je me découvre un peu. Je me touche la tête, je sens un méga pansement. Je me dis que j’ai sûrement dû taper un peu. J'ai un œil tout gonflé, donc je ne voyais que d'un œil. Et puis, je me touche un peu, je bouge. J'étais très lent. Je sens qu'il y a une méga perfusion qui sort de là, parce que ça faisait une semaine que j'étais alité. Je vois aussi que je suis sondé, et là, je me suis dit : ‘ouh là, mec, t’as ramassé vraiment fort’. Le tuyau, là, ce n’est pas bon… Et puis, je regarde mon bassin : j’étais tout noir. Mon genou ? Je sens qu’il a un peu de jeu. En même temps, je m'étais pété le ligament latéral interne. Mais je n'avais pas plus mal que ça, donc je me suis dit, bon, ça va.
C'est le soir, je vais quand même essayer de dormir. Impossible puisque ça faisait une semaine que je dormais. En plus, il y avait beaucoup de bruit dans le couloir. Je vais leur demander de faire moins de bruit. Donc, je m'assois sur le lit. Là, je ne suis pas bien. Je vois la porte et j’ai les jambes qui tremblent. Au lieu de me dire, ‘vas-y, rallonge-toi’, je me dis ‘je vais quand même y aller’. Donc, j'ai pris la chaise comme un déambulateur. Et j'avais les jambes qui faisaient ça (il mime un tremblement, NDLR), je m'arrêtais.
J'ai mis un quart d'heure pour aller jusqu’à la porte. J’arrive et j’ai la perf’ qui tire, la poche de la sonde qui tire aussi. Et là, elle tombe par terre et explose. Là, je me dis ‘oh là, mec, il n'y a plus rien qui va’. Du coup, je reviens sur mon lit. Je me suis foutu dessus comme ça (ndlr : en position fœtale). Ce n’est pas bon… À ce moment, entendant le bruit, le personnel hospitalier entre et me demande ce qu’il s’est passé. Il faut que je leur explique qu’ils font trop de bruit.
Et là, ça commence à sortir.
(Cyprien baragouine des paroles inaudibles)
J’essaie de me reprendre, mais je n’y arrive pas.
(Cyprien baragouine de nouveau des paroles inaudibles)
Ils voient que je commence un petit peu à paniquer. Ils me filent un cachet. Et là, j'ai dormi. Et le lendemain matin, je me suis réveillé. Après, on m'a transféré. Je n'ai pas dit un mot. Je craignais tellement de ne plus savoir parler du tout. Jusqu'à ce qu'on arrive à Lyon. Et le médecin qui était avec moi, il dit ‘il y a ton père qui t'attend à l'hôpital’. Et là, je lui dis, ‘super’. Et le super, il sort tout seul ! Et après le soir, là, ça a été un carnage. Pendant dix jours, ma parole a buggé. J'avais le « manque du mot », c’est un syndrome.
Ça a mis du temps à revenir, mais c'est revenu quand même bien. Et ça, quand je suis parti à l'hôpital pour un centre de rééducation, ça, c'est quelque chose que j'ai travaillé pour retrouver une parole fluide et tout ça. Ça m’a pris 4, 5 semaines pour retrouver la parole.
  • "Cyprien Sarrazin à cœur ouvert", un grand entretien à retrouver dès jeudi 27 novembre sur Eurosport 1 (17h45) et en replay sur HBO Max

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