Johan Clarey à la retraite : "Je n’échangerais pas mes podiums contre une seule victoire"

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A 42 ans, Johan Clarey a décidé de quitter le grand cirque blanc et de ranger ses skis. A peine revenu de Soldeu, où il a disputé les finales de la Coupe du monde, le vice-champion olympique de descente 2022, futur consultant pour Eurosport, a rouvert un livre fraîchement refermé pour feuilleter les pages d'une carrière pas comme les autres.

Johan Clarey lors de la cérémonie des médailles à Pékin

Crédit: Getty Images

Vous avez mis fin à votre carrière mercredi à Soldeu. Que retenez-vous de cette dernière journée de course ?
Johan Clarey : Tout l’avant-course. Je n’étais pas prêt. Je savais ce qui allait se passer après, mais l’émotion qui m’a saisi lors de la reconnaissance, ç’a été quelque chose à la fois difficile et très beau à vivre malgré tout. Je n’aurais pas pu rêver mieux car ce sont des moments forts en émotion et c’est chouette de sortir comme ça.
Difficile de dormir la nuit précédente ?
J.C. : Pas plus mal que d’habitude. Les veilles de course, je dors toujours mal. C’est le réveil qui a été différent. Je me suis imaginé plein de scénarios : un dernier podium, pourquoi pas. J’ai imaginé le pire aussi : je n’avais pas envie de me retrouver dans les filets. Ça aurait été trop con de se retrouver dans une barquette sur ma dernière course. Puis finalement, le scénario a été plutôt banal, avec un résultat honnête. Je n’avais pas le bon dossard (le 13) pour aller chercher devant, mais je suis à sept dixièmes de la victoire. Vu le contexte, c’est une très belle course. De toute façon, le 13 ne m’a jamais porté bonheur (rires).
C’était le bon moment pour dire stop ?
J.C. : J’en suis quasiment sûr, car j’ai choisi ma sortie. Je finis exactement comme je voulais finir : sur une bonne saison, quasiment mon meilleur classement sur la Coupe du monde (4e). Les Mondiaux ne se sont pas bien passés, c’est le petit bémol de la saison. Mais je suis en bonne santé et au niveau du stress que je m’impose, je suis arrivé au bout. Après, ce n’est jamais tout blanc ou tout noir. Quand tu finis ta carrière, que tu n’arrives plus à mettre plus un pied devant l’autre et que ça ne se passe plus bien, le choix est facile à prendre. Moi, je suis dans ma meilleure forme. La décision ne s’est pas imposée à moi. Il a fallu la prendre, mais c’est le bon choix. Je m’en rendrai compte dans quelques mois.
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Clarey ému aux larmes après l'annonce de sa retraite, ses proches lui rendent hommage en vidéo

Video credit: Eurosport

D’autant qu’on a vu Matthias Mayer et Beat Feuz arrêter en cours de saison…
J.C. : (il coupe) Ça, je ne voulais pas.
Vous avez eu peur de l’année de trop ?
J.C. : Tout l’été dernier, j’ai eu la trouille. Je savais qu’à l’entraînement, j’étais dans le coup, mais la course, c’est différent. Surtout en descente. J’avais peur d’être rattrapé par ça et de faire une saison galère. Et puis, il y a eu Lake Louise. J’ai dit aux coaches que c’était bien d’être "dans le coup". J’étais soulagé.
Cette retraite doit aussi soulager votre maman, qui ne regardait jamais vos courses en direct…
J.C. : C’est vrai… Elle le savait avant le début de la saison. Ma maman a toujours eu très peur pour moi. Je pense qu’elle aurait aimé que je fasse un autre sport. Mais elle ne me l’a jamais fait sentir. Elle m’a toujours poussé à continuer et m‘accrocher malgré la peur qu’elle avait. Merci pour ça. C’est contre ses instincts à elle mais elle savait que pour moi c’était important et que ça me rendait heureux. Elle a été géniale à ce niveau-là.
Enfant, elle vous a quand même privé de courses au ski club de Tignes car les résultats scolaires étaient en dessous de ses attentes…
J.C. : Je ne m’en rappelle plus trop mais c’est possible (rires). Quand j’étais petit, il fallait que je sois très bon à l’école. Le ski était secondaire. Et pour ça aussi, je lui dis merci, car à vingt ans, je décide de ne faire que du ski et d’arrêter mes études. C’est quasiment ma première décision d’adulte et elle m’a soutenu même si, pour elle, c’était un gros pari. Ce jour-là, elle m’a dit : "d’accord Johan, tu fais du ski, mais tu t’y consacres à 100%."
Vous avez longtemps repoussé ce départ à la retraite. La première fois, c’était en 2014 après les JO de Sotchi…
J.C. : (il intervient) … sur un coup de tête. En ski alpin, certains arrêtent comme ça, sur une déception, et ils le regrettent très vite après. C’est arrivé souvent. Moi, j’ai pris le temps de réfléchir. J’ai bien fait (rires).
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Le message de Quartararo à Clarey : "J'espère que tu m'apprendras à skier un jour"

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En 2017, vous avez failli arrêter après le décès de David Poisson (tué à l’entraînement au Canada) ?
J.C. : Bien sûr. Qui ne l’a pas pensé dans le groupe ? On l’a tous imaginé. J’ai traversé la saison suivante comme un fantôme. Quand je me penche sur ma carrière, je n’ai aucun souvenir des courses de cet hiver-là. Le flou est total. Pourtant j’ai une bonne mémoire mais là… ça a été un chemin de croix. Je ne voulais pas finir là-dessus, sur une année noire comme ça, avec autant de mauvaises ondes. Je me suis donné un an et ensuite, j’y suis allé année par année.
Comment se remet-on d’un tel drame ?
J.C. : Au sein du groupe, ça nous a soudés. Mais on ne s’en remet jamais vraiment. Moi, je ne m’en suis jamais vraiment remis. J’y pense quasiment tous les jours. Je n’ai vu personne en particulier après le décès de David. On a eu des séances en groupe mais personne en particulier. Ça n’a jamais été mon truc. Ça a changé beaucoup de choses sur l’approche qu’on a de la vitesse. Pour certains, ça les a freinés un peu, car c’est un drame qu’on a vécu en direct et qui a été traumatisant. Mais on va de l’avant, on fait comme tous ces gens qui vivent un drame personnel. C’est exacerbé car on fait du sport de haut niveau mais ça arrive à tout le monde. On réagit tous d’une manière différente mais quand il m’arrive d’avoir des pépins dans la vie, je relativise. C’est comme ça que j’ai fonctionné.
Avez-vous cru revivre ça quand vous avez trouvé Adrien Théaux dans les arbres à Copper Mountain en 2021 ?
J.C. : Exactement. Ç’a été terrible, un choc. J’ai pleuré comme une madeleine. C’était un entraînement de Super-G, tard l’après-midi, dans l’ombre et assez difficile. Je pars jute derrière lui et je me fais arrêter sur la piste parce qu’il s’est "boité". Je comprends vite que c’est grave parce que la radio s’allume et je l’entends hurler. Un moment horrible. Le pire dans tout ça, c’est que je l’entends crier mais ça me soulage parce que je sais qu’il est conscient. On a eu l’impression de revivre le drame de David. S’en est suivi un début de saison catastrophique. On était choqué. Très peu comprennent ce qu’on a vécu et ce que ça a impliqué dans nos têtes.
Adrien Théaux est le skieur dont vous êtes le plus proche dans ce groupe vitesse. Pourtant, il est bien plus jeune que vous…
J.C. : (rires) Oui… Il est plus jeune que moi de trois ans mais on est quasiment entré en Coupe du monde en même temps. J’y étais deux ans avant lui. On a tout traversé ensemble. Il a eu une carrière bien plus fulgurante que la mienne au début. On a deux trajectoires un peu différentes mais on partage maintenant : le même technicien, le même parc de ski… C’est quelqu’un avec qui j’ai tout connu. Adri, c’est un super pote plus qu’un coéquipier.
Vous a-t-il reproché d’arrêter, de l’abandonner ?
J.C. : Non mais ça le touche beaucoup, parce que je suis un des derniers mohicans avec lui de la génération précédente. Après lui, il y a un énorme gap. Moi je faisais partie de cette génération avec David, Adri, Pierrot Dalcin, Antoine Dénériaz. C’était des mecs un peu plus âgés que nous mais on faisait vraiment partie de ce noyau-là. Mais il ne peut pas me reprocher d’avoir poussé le bouchon jusqu’à 42 ans, il ne peut pas m’en vouloir (rires).
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Le frisson Clarey : sa descente quasi-parfaite pour la 2e place

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Vous avez déclaré : "même sans gagner, j’aurai laissé ma trace". De quoi êtes-vous le plus fier dans votre carrière ?
J.C. : Je ne vais pas parler de résultats mais plutôt du fait d’être revenu de trucs super difficiles psychologiquement, de blessures. En 2009, j’ai les deux genoux cassés, je suis devant les Mondiaux de Val d’Isère en fauteuil roulant, et je me dis : "ça va être compliqué, coco !". Je ne savais pas comment j’allais faire pour revenir. C’était une énième blessure. Mais je suis très fier de ma persévérance, du travail et du don de soi. Je ne me suis pas appuyé que sur le talent car je suis allé chercher ces résultats et ça, j’en suis fier.
Vous avez été souvent blessé en début de carrière. Comment l’expliquez-vous ?
J.C. : Je pense m’être blessé à des moments où on se construit. Et c’est ce qui a freiné ma progression. Je mets deux ans à revenir de ma blessure à 23 ans (en 2004). C’est un genou qui se remet très, très mal. J’ai beaucoup de mal psychologiquement. C’est très difficile, j’en bave. Je passe deux saisons sans skier ou je tente des retours qui se passent très mal. Je n’étais pas assez mûr, quand j’avais entre 20 et 30 ans. Je ne prenais pas le plaisir que j’ai maintenant. Le ski c’était ma passion mais ça devenait une galère à ce moment-là.
C’est donc votre état d’esprit qui a provoqué certaines de vos blessures ?
J.C. : Oui, j’en suis persuadé. Il y a 80% des blessures graves pour lesquelles il y a une raison psychosomatique. C’est une évidence pour moi, car pour mon premier genou, un des premiers reflexes que j’ai est de me dire que je vais pouvoir souffler. Je me mettais trop de pression. Quand tu navigues entre Coupe d’Europe et Coupe du monde, c’est un moment charnière dans ta carrière et je me mettais vraiment beaucoup trop de pression pour que ça aille vite. Je le vivais mal.
Comment ça ?
J.C. : Je voulais une pause. Le seul moyen que j’ai trouvé pour en faire une, c’était la blessure. Si on prend du recul et qu’on discute avec beaucoup de skieurs, il y en a beaucoup qui diront qu’il y avait une raison pour telle ou telle blessure : un mal être dans sa vie personnelle, une envie de faire une pause, presque des mini burn-out qui se traduisent par des blessures.
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Feuz et Clarey ne se sont pas lâchés d'une semelle : leur descente en parallèle

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Le terme dépression revient régulièrement actuellement dans le sport français…
J.C. : Après mon premier genou justement, pendant deux ans, j’ai eu des moments très durs psychologiquement. J’ai été dans un fauteuil pendant quelque temps, c’était horrible.
Les sportifs de haut niveau sont quand même sujets à être dans des états psychologiques proches de la dépression. Le terme "burn-out" me semble plus adapté car ce sont des moments où certains sont à deux doigts de péter les plombs. On l’a vu cette année avec Matthias Mayer qui n’en est pas loin. C’est un burn-out psychologique pour plein de raisons différentes que lui seul connait. On reste quand même des gens fragiles à ce niveau-là. Très forts et fragiles à la fois, c’est le paradoxe.
Échangeriez-vous vos 11 podiums de Coupe du monde contre une seule victoire ?
J.C. : Non, je n’échangerais pas mes podiums contre une seule victoire, et surtout pas ceux de Kitzbühel. Jamais de la vie. Ce qu’on vit là-bas, c’est incroyable. Être vainqueur là-bas, ça doit être quelque chose. Ils font partie de mon histoire. C’est un petit regret de ne pas avoir de victoires. Ça aurait surtout été une fierté personnelle mais je ne crois pas que ça aurait changé quelque chose à ma fin de carrière. Je ne suis pas sûr qu’on retienne les skieurs qui font une saison ou même une seule course géniale.
Vous avez skié avec différentes générations. Qu’est ce qui a évolué entre vos débuts en 2004 et aujourd’hui ?
J.C. : D’abord, l’état d’esprit général, le professionnalisme qu’il y a maintenant en termes de préparation des athlètes n’était pas forcément exacerbé à cette époque-là. On est arrivé sur des athlètes hyper pointilleux comme Hirscher ou Kristoffersen, qui font attention à tout, qui se déplacent en jet pour ne pas être fatigué. Nous, on était loin de ça, on faisait beaucoup plus la fête. C’était beaucoup moins sérieux que maintenant. C’est peut-être pour ça qu’on n’avait pas les résultats qu’il fallait à l’époque mais même à l’étranger, c’était moins pro que maintenant.
Votre discipline, c’était la descente, mais c’est finalement en Super-G que vous avez obtenu votre seule médaille aux Mondiaux…
J.C. : J’aurais dû être meilleur. Je ne me suis peut-être pas donné les moyens qu’il fallait dans cette discipline et avec les blessures j’ai dû me recentrer sur la descente. En 2017 ou 2018, juste avant la médaille à Are (il est vice-champion du monde 2019 derrière Dominik Paris), je me suis dit que j’en avais marre de regarder les Super-G à la télé. Je me suis décidé à m’y mettre. Et ça marché vraiment fort. Mais encore une fois, à la fin de ma carrière l’objectif, c’était la descente. On a toujours privilégié la descente, même dans la tête des organisateurs.
De 2009 à 2019, vous montez quatre fois sur le podium en Coupe du monde. Puis de 2019 à 2023 à sept reprises. Comment expliquez-vous cette explosion tardive ? Est-ce dû à ce changement de mentalité ?
J.C. : En 2019, j’ai 38 ans et vont suivre mes cinq plus belles années. Je n’ai fait que progresser. Je n’ai pas encore le recul nécessaire pour l’expliquer. Je n’ai pas fait ces résultats avant 30 ans à cause des blessures et de l’état d’esprit qui n’était pas bon. Je me suis construit tard, entre 30 et 35 ans, pour exploser ensuite. J’ai juste fait les choses avec dix ans de retard.
Et puis, il y a ceux qui semblent avoir dix ans d’avance. Un certain Marco Odermatt notamment…
J.C. : Il m’impressionne par sa maturité. C’est un champion précoce. Physiquement je pense qu’il n’a rien d’exceptionnel par rapport à beaucoup mais il est intelligent. Il est arrivé en bousculant les codes techniquement. C’est un avantage lorsqu’on fait les choses différemment des autres. C’est un génie du ski : il fait des choses difficiles à expliquer, que peu de monde peut reproduire, avec une décontraction et un détachement assez impressionnants.
Et puis, il a une philosophie de vie que vous partagez, non ?
J.C. : Je suis content qu’il y ait un mec comme ça qui écrase tout. On avait la même mentalité dans notre groupe. Pierrot (Dalcin) pourrait en parler aussi car il avait cette même philosophie du partage, de l’amitié en groupe, de la vie de groupe. Ce sont des choses qu’on nous a reprochées parfois. Des entraineurs qui sont passés nous trouvaient trop "copains" parfois, trop gentils. Et aujourd’hui il y a ce mec qui écrase tout le monde et qui débarque avec cette même philosophie. Comme quoi c’est compatible. Kilde est un peu comme ça aussi et il performe également. Ça prouve qu’il n’y a pas une méthode pour y arriver : rester soi-même est très important et ils le prouvent.
Votre histoire est rattachée à Kitzbühel. Cet hiver, Kilde était presque attristé de vous avoir battu sur la seconde descente. Vous en avez discuté tous les deux ?
J.C. : Il m’a dit qu’il était désolé mais cet hiver, il m’a fait encore plus mal à Val Gardena (Clarey a terminé derrière le Norvégien). A Kitz’, je savais que s’il skiait à son niveau, il me battrait. Mais à Val Gardena, j’y vraiment cru même s’il est très fort aussi. J’ai un peu raté mon Ciaslat (la partie technique en bas du tracé) mais j’ai pris beaucoup de risque sur mon matériel et j’ai été très vite sur les portions faciles. J’ai fait une belle course et j’avais de l’écart avec les skieurs derrière moi avant que ne rentrent les gros dossards. Mais lui, il me fait vraiment mal. C’est là où il s’est excusé la première fois et je pense très sincèrement qu’il aurait aimé que j’en gagne une des deux. S’il avait été deuxième derrière moi sur l’une des deux, il aurait été content pour moi et ça aurait été sincère. Comme avec Marco, j’ai une super relation avec lui. C’est un mec en or très fair-play. Mais c’est un champion et c’est normal qu’il ait envie de battre tout le monde, moi compris.
Votre femme Perrine m’a demandé de vous poser cette question : Si vous ne deviez conserver qu’une seule journée dans votre vie de skieur, ce serait laquelle ?
J.C. : Je dirais le départ de Kitzbühel le jour de mon premier podium. C’est toujours des moments qui restent gravés à vie, difficiles à décrire, des moments d’intensités mentale et psychologique et d’émotions incroyables. Et ce jour-là, en 2017, je m’en souviens comme si c’était hier. C’était un Kitzbühel très difficile mais j’étais dans un super état d’esprit. C’était glacé, ça tapait de partout et je sentais beaucoup de tensions au départ. Il y a eu beaucoup de chutes. Beat (Feuz) était tombé dans le dernier dévers. Et pendant cet arrêt de course, je suis à côté d’Erik Gay, que je sens tendu comme tout le monde et moi, bizarrement, ce jour-là je suis serein, je me sens bien et je me sens capable de faire quelque chose de bien.
C’est un moment que j’ai vraiment adoré car je me suis senti en contrôle pour une fois. A Kitzbühel, c’est rare. Et ça a fait toute l’histoire que j’ai eue après. Ce jour de course a été pour moi un vrai déclic car j’ai réussi à contrôler des émotions dans un moment très compliqué, très intense pour tout le monde. Et ça c’était un super moment, que j’avais partagé avec Valou (Valentin Giraud-Moine).
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La dernière danse de Clarey : revivez la descente du Tignard

Video credit: Eurosport

Vous vous êtes marié l’an dernier. Que vous apporte votre femme Perrine ?
Y.C. : Avant d’être skieur, je suis un homme aussi. Ma carrière et ma vie ont changé quand j’ai rencontré Perrine. C’est un peu fleur bleue mais c’est la vérité. On s’est rencontré en 2018 sur un stage au Chili. Perrine était médecin de l’équipe de France. C’était l’année qui a suivi le décès de David (Poisson). Elle m’a apporté de la stabilité. Pierrot (Dalcin) a dit dans une interview que j’avais gagné une seconde du jour au lendemain. C’est presque ça. C’est un déclic. Elle est trop humble pour dire que c’est vrai. Elle dira plutôt que j’aurais fait tout ça, quoi qu’il arrive, mais je suis sûr que non. Si je ne l’avais pas rencontrée, j’aurais eu une fin de carrière différente.
Quels sont vos projets désormais ?
Y.C. : J’ai besoin de temps pour moi, de poser les choses. C’est un mot fort, mais j’ai besoin de faire le deuil de ce qui s’est passé dans ma vie avant. Je dois sortir de cet habit de skieur et que j’en endosse un autre.
Et commenter à Eurosport, ça vous tente ? Le contrat est prêt, il n’y a qu’à le signer…
Y.C. : Ah oui ? (rires) Bien sûr que ça me tente ! A mes yeux, ça ne serait pas un travail, en plus. Juste du plaisir. Ça serait un bonheur de garder un pied dans le ski de cette façon-là et faire partager aux gens ce que j’ai vécu pendant toutes ces années. Donc, on peut signer le contrat, avec plaisir (rires).
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