"Balance-toi, on verra bien" : Maxence Muzaton, 35 ans, a dompté sa "boule au ventre" pour arracher la 3e place à Kitzbühel

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À 35 ans, Maxence Muzaton a décroché une incroyable troisième place lors de la descente à Kitzbühel. Parti avec le dossard 29, le Français et son début de parcours épatant ont surpris tout le monde, avec un immense frisson et une place sur le podium en prime, derrière Giovanni Franzoni et Marco Odermatt. S’il avait la "boule au ventre", avant le départ, Muzaton ne s’est "pas posé de question".

Muzaton, dossard 29 et énorme frisson pour un podium

Video credit: Eurosport

Le plus grand moment de sa carrière, à 35 ans. Maxence Muzaton s’est offert ce samedi une performance majuscule lors de la descente de Kitzbühel (Autriche), où le Français a décroché un improbable podium avec le dossard 29 sur le dos. Auteur d’un départ tonitruant (0,54s d’avance au quatrième pointage), comme à son habitude, le natif d’Epernay a résisté en fin de parcours pour s’offrir le deuxième podium en Coupe du monde de sa carrière. À l’arrivée, seuls Giovanni Franzoni, vainqueur, et Marco Odermatt l’ont devancé. Tout simplement magistral. 
"Je ne me suis pas posé de question, savourait-il tout sourire pour Eurosport, après la course. [...] J’étais un outsider, je n’avais pas vraiment de pression. Je me suis dit, balance-toi, on verra bien, peu importe ce qui se passe. Je pêche un peu sur le bas mais Franzoni a été monstrueux. Je suis hyper content." 
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Décidément, Kitzbühel réussit au skieur de La Plagne. "C’est une piste qui nous [les Français] a toujours bien souri. Pour moi, c’est la plus belle course de la saison, donc j’ai toujours à cœur de donner le meilleur de moi-même. Et je pense que l’atmosphère, l’ambiance et la piste me collent bien et me permettent de bourrer, d’y aller relâché." 
Avant la course, malgré les vents contraires, Muzaton avait perçu une mince fenêtre de tir. "J’ai rarement fait d’aussi bons entraînements et je savais que si je ne faisais pas n’importe quoi, il y avait moyen de faire de belles choses. Après j’avais quand même la boule au ventre comme souvent, mais avec au fond de moi l’envie de me balancer et de ne pas me poser de question. C’est peut-être ce mélange qui a fait que cela m’a souri, aujourd’hui."
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Ce podium lui aurait manqué
Par le passé, Muzaton y avait décroché deux cinquièmes places en descente, dont une l’année dernière, lors de la victoire de Cyprien Sarrazin. Muzaton était alors parti avec le dossard 25, et avait égalé son résultat de 2020. "Il s’est servi de l’expérience de l’an passé pour ne pas craquer physiquement, analyse Pierre-Emmanuel Dalcin, ancien spécialiste de la discipline. On savait qu’il fallait qu’il ait de l’avance au milieu de parcours, il a cinq dixièmes à un moment, c’est énorme ! Quand je vois son avance, je me dis tout de suite : ‘ça va suffire pour le podium’, mais je ne me dis pas que ça suffira pour la gagne, parce qu’on sait que Franzoni et Odermatt ont fini comme des avions."
Cette année, le Français a poussé le curseur encore plus loin en allant chercher ce podium historique. Jusqu’ici, son meilleur résultat en Coupe du monde restait une deuxième place lors du Super combiné de Wengen, en 2017, où seul Nils Hintermann l’avait devancé. "Ce podium est tellement mérité pour un mec qui court après depuis des années, retient Pierre-Emmanuel Dalcin. Un bon gars, simple. Je pense que ce podium lui aurait manqué, pour un mec de 35 ans. Il n’a jamais lâché l’affaire."
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Champion du monde junior de Super-G en 2010, Muzaton retrouve les sommets sans se renier, dans son style, en s’appuyant sur ses forces. À Kitzbühel, son incroyable première moitié de course a fait la différence. "Il y a cinq, six courbes en haut où l’on peut se tromper et lui les passe à la perfection, avec confiance et lucidité, en faisant le minimum de chemin", admire Dalcin.
Un début parfait, jusqu’à faire douter quelques instants Giovanni Franzoni, le vainqueur du jour ? "Oui, beaucoup ! Je savais que j’avais été rapide dans la dernière portion, a souri l’Italien au micro d’Eurosport, après la course. Mais c’était vraiment flippant, j’ai tremblé tout le temps après mon passage !" Un frémissement passager, pour Franzoni, mais le grand frisson de l’exploit restera pour Maxence Muzaton. 
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