Dans la forme de sa vie, Gisin pointe à la 2e place du classement général à 124 points de la Slovaque Petra Vlhova et peut rêver du gros globe de cristal à l'approche de la mi-saison. La métamorphose de Gisin, au mieux 7e du général en 2018, doit beaucoup à son arrivée au premier plan sur le slalom, sa discipline de jeunesse, où elle a validé sa première victoire en Coupe du monde fin décembre à Semmering (Autriche).

Une fratrie de haut niveau

Val di Fassa
Double fracture tibia-péroné pour Schneeberger
01/03/2021 À 10:23

La souriante Suissesse avait jusque-là profité de sa polyvalence pour glaner le titre olympique du combiné en 2018 et briller par intermittence en vitesse. Elle compte désormais des podiums dans toutes les disciplines du ski alpin, sauf en géant, où elle a déjà terminé trois fois 4e. C'est la première des Gisin (à prononcer "Guisine") à se montrer à l'aise sur tous les terrains, alors que la passion des parents et du grand-père maternel a donné naissance à Engelberg, dans le canton suisse de l'Obwald, à une fratrie d'exception.

La révolution Gisin : sa manche qui lui a permis de mater le duo Shiffrin - Vlhova

La grande soeur Dominique (35 ans) est championne olympique de descente en 2014 (à égalité avec Tina Maze), et le frère Marc (32 ans) compte deux Top 5 sur la mythique descente de Kitzbühel. "Ils m'ont tout apporté, j'ai tout appris d'eux," explique Michelle à l'AFP. "Dominique m'a appris de toujours me battre, de suivre mon coeur et mes passions. Marc m'a appris à ne pas me satisfaire de ce que j'avais, à toujours m'améliorer (...) Ce sont mes idoles, ils m'ont toujours inspirée. J'adorais les regarder, j'ai toujours voulu faire les mêmes choses."

Leurs blessures ont sûrement changé ma façon de skier

Dans cet environnement, frère et soeurs développent leur style qui fait merveille sur le circuit mondial : "Notre marque de fabrique, c'est une bonne technique et beaucoup de sensations, un incroyable feeling avec ce qui se passe sous nos pieds, qui est très fin", développe cette skieuse polyglotte, qui parle allemand, français, anglais, italien et différents dialectes suisse allemands.

La vie de la famille est marquée par les joies olympiques mais aussi par les drames avec les blessures, nombreuses pour Dominique et pour Marc, victime notamment de deux chutes très graves à Kitzbühel en 2015 et à Val Gardena en 2018. "Pour moi, ça a été très difficile à gérer. J'étais très jeune quand Dominique a commencé à se blesser, mais tu comprends très vite que ça fait partie du sport," précise Michelle. "J'ai peut-être eu encore plus de mal à gérer les grandes chutes de Marc. Très grand et très fort, mon grand frère était pour moi indestructible."

"Leurs blessures ont sûrement changé ma façon de skier, ajoute-t-elle. Je viens de réaliser qu'en vitesse je suis devenue une autre skieuse et je dois l'accepter. Je n'ai jamais été une tête brûlée mais je suis moins +légère+ qu'avant, moins libre." Il ne manque plus qu'à la Suissesse à retrouver son meilleur niveau en vitesse (pas mieux qu'une 8e place en cinq courses cet hiver) pour menacer la Slovaque Petra Vlhova qui, comme elle et la tenante du titre italienne Federica Brignone, prend le départ de toutes les courses.

Bansko
Faivre raconte sa métamorphose : "Ce qui compte, c'est le travail"
28/02/2021 À 17:00
Bansko
Faivre, un géant de folie pour renouer avec le succès en Coupe du monde, 4 ans après
28/02/2021 À 13:29