Toujours convalescent, Aleksander Aamodt Kilde a encore les crocs : "Je veux me prouver que ce n'est pas fini"
Eurosport sur GoogleIl fait partie de ces skieurs que le grand cirque blanc a hâte de revoir. Si Marcel Hirscher et Lucas Braathen seront des attractions de la prochaine saison, Aleksander Aamodt Kilde en sera aussi une à sa manière. Victime d'une terrible chute à Wengen en janvier, le Norvégien "voit quelques lumières au bout du tunnel" comme il l'explique dans un long entretien à nos confrères d'Eurosport Italie.
Aleksander Aamodt Kilde
Crédit: Imago
Sa sortie de route à Wengen est l'une des images les plus marquantes du dernier millésime de ski alpin. L'une des plus glaçantes aussi, à n'en pas douter. Blessé au mollet et à l'épaule, Aleksander Aamodt Kilde a vécu l'un des moments les plus sombres de sa carrière sur les spatules. Le vainqueur du gros globe de cristal 2020 a frôlé le pire et il le sait.
Quelques mois après sa violente sortie en Suisse, le champion était récémment dans le Trentin, région où l'équipe norvégienne a établi son camp de base officiel en hiver, mais aussi au printemps pour sa "préparation d'entre saisons". Du côté de Paganella, il s'est longuement confié à Eurosport Italie sur sa convalescence et son retour à la compétition. Un comeback qui s'annonce progressif. A bientôt 32 ans, le Scandinave ne sait pas quand, ni comment il pourra se présenter au départ de la prochaine saison. "C'est une bonne question de savoir si je vais connaître une course 'normale' cette saison… Le temps nous le dira. Honnêtement, je vois quelques lumières au bout du tunnel, mais c'est très difficile pour moi de fixer une date exacte…"
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Une lente et délicate reconstruction
Bien entouré, le futur "Monsieur Shiffrin" a traversé une sacrée période de turbulences. "Il y a eu des hauts et des bas. Ça a été un défi incroyable, tant physiquement que mentalement. Je sens que les choses vont dans le bon sens et progressent. Je vais prendre mon temps pour pouvoir revenir fort et en bonne santé. Cela ne signifie pas pouvoir gagner des courses, mais être capable d'être dans une position où je peux être compétitif. C'est ce qui est important."
Au cours des derniers mois, le quadruple vainqueur de petits globes a plus que jamais pris la mesure de la dimension psychologique de sa discipline : "Pour la première fois, je ressens vraiment l’impact de ce sport. C'est difficile pour moi de croire et de comprendre que je pourrai reprendre le ski."
Le champion a surtout connu la peur. Cette dernière a toujours été "une question dans le sport." "J'ai eu un peu peur et je me suis senti très vulnérable pendant une minute, ou plus…", continue-t-il. "Je crois que la première fois que je referai de la descente, je me poserai beaucoup de questions. Mais je sais aussi que j’ai déjà vaincu la peur. La chose la plus importante pour moi, c'est d'être patient et de me donner suffisamment de temps pour être prêt."
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De la casse, mais de l'espoir
Cette saison, l'enjeu de la sécurité a été au cœur des débats sur le circuit. La casse a été importante cet hiver. Marco Schwarz, Alexis Pinturault, Mikaela Shiffrin ou encore Sofia Goggia et Laura Gauché, les blessures se sont multipliées. "On l'a vu cette année : il y a toujours beaucoup de blessures, cette saison a été brutale. Il faut qu'on fasse quelque chose", insiste le vice-champion olympique en titre du combiné.
Le calendrier a été pointé du doigt. Le Norvégien ne veut pas l'accabler pour autant. "Je pense que le calendrier de la Coupe du monde est bon, on l'a déjà vu par le passé. Ils ont supprimé certaines courses pour qu'il n'y en ait pas beaucoup les unes après les autres. Il sera important d'envisager des changements encore plus importants, mais c'est définitivement mieux. On doit encore plus communiquer pour avoir un meilleur format, mais on va dans la bonne direction." Le principal intéressé a également souligné le travail continu sur les combinaisons ou les airbags.
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Pressé de (re)côtoyer les monstres
Le champion a également évoqué le changement de nationalité de son ami Lucas Braathen, passé sous pavillon brésilien. Un changement qui l'a visiblement touché, mais qu'il estime aussi bénéfique pour le ski dans son ensemble. "Ça me fait un peu mal au cœur parce que c'est un bon ami, un grand skieur. L'équipe norvégienne a perdu un vainqueur potentiel et aussi un bon coéquipier. C'est vraiment dommage pour nous, mais je pense que c'est vraiment très intéressant pour le sport. Ça va être très amusant de le revoir skier de nouveau."
La jeune "rockstar" n'est pas la seule à avoir annoncé son retour. Cinq ans après avoir raccroché, le monstre Marcel Hirscher va lui aussi revenir sur les spatules en défendant les couleurs néerlandaises. Aleksander Aamodt Kilde en est assez admiratif. "C'est tout simplement incroyable. J'ai toujours aimé le regarder skier, il faut qu'on en profite. La manière dont il skie, l'intensité qu'il met… C'est quelque chose dont on doit profiter. Il est parti trop tôt, je pense qu'il le réalise maintenant. Le monde du ski en avait besoin."
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Braathen, do Brazil : l'histoire derrière son retour
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S'il salue la décision des deux champions de rejoindre des nations parents pauvres du ski mondial, le géant norvégien se sent bien dans le collectif norvégien qu'il a hâte de retrouver. Dans le Trentin notamment, une région qu'il a de nouveau louer. "C'est le bon endroit pour commencer la saison estivale, le bon endroit pour jeter les bases de ce qui nous attend." Le chemin est encore long pour revoir le colosse lancé à toute berzingue dans les plus belles pentes de la planète. Mais Kilde a déjà l'envie d'en découdre de nouveau et c'est le plus important. "Mon objectif c'est de revenir parce que je veux me prouver que ce n'est pas fini. J'ai encore des choses à faire, j'ai encore des choses à réaliser et je crois que j'en suis capable. Il faut travailler, ne pas lâcher, on verra ensuite ce qui se passe."
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