La surprise Mancuso

Podium pour le moins inattendu vendredi lors du géant dames. Kostelic forfait, Paerson décevante, Rienda à la peine, Julia Mancuso en a profité pour décrocher la médaille d'or. L'Américaine a devancé la Finlandaise Tanja Poutiainen et la Suédoise Anna Ott

Eurosport

Crédit: Eurosport

Julia Mancuso, Tanja Poutiainen, Anna Ottosson. Drôle de podium. Pas vraiment celui attendu. A elles trois, elles avaient signé la bagatelle... d'un podium lors des sept géants disputés depuis le début de la saison. Et encore, in extremis, puisqu'on le devait à Mancuso, troisième de la toute dernière course organisée avant les Jeux, à Ofterschwang. C'est dire si le tiercé gagnant de ce géant olympique a de quoi surprendre. Pour tempérer l'étonnement général, on n'oubliera cependant pas que la discipline était sans doute la plus ouverte cette saison.
Cette issue doit évidemment beaucoup à la performance des trois jeunes femmes, qui ont probablement livré leur meilleure course de l'année au meilleur moment, mais aussi à la faillite collective de toutes celles pour qui on avait imaginé un possible destin doré. Janica Kostelic, d'abord. Mais la Croate a une très bonne excuse pour être absente du podium, puisqu'elle n'a pas pris le départ. Toujours affaiblie physiquement par son virus, la star de Zagreb a dû renoncer à s'aligner. La mort dans l'âme, car elle était tenante du titre. Qui plus est, c'est son père, Ante, qui avait dessiné la seconde manche.
Pas de doublé pour Paerson
Outre Kostelic, quatre filles avaient eu les honneurs de la victoire cet hiver en géant: Maria Jose Rienda, Anja Paerson, Nicole Hosp et Tina Maze. La première avait les faveurs de beaucoup de pronostics. L'Espagnole était en effet la seule à avoir signé trois succès cette saison. Hyper spécialisée, elle avait également l'avantage de la fraicheur par rapport à ses rivales, usées par deux semaines de combat. Mais cet atout présumé s'avéra finalement fatal. Pas du tout dans le rythme, Rienda, qui misait tout sur ce géant, avait trop de pression. Seulement 15e de la première manche, elle échoue à une très décevante 13e place à l'arrivée.
Tina Maze, lauréate du géant d'ouverture à Sölden fin octobre, cherchait depuis ses meilleures sensations. Elle ne les a pas retrouvées à Turin. La Slovène termine un rang devant Rienda, loin de ses ambitions initiales. Pour Paerson et Hosp, le problème fut différent. Nettement plus dans l'allure, les deux héroïnes du slalom de mercredi (première et deuxième) ont peut-être manqué de fraicheur, autant mentale que physique. L'Autrichienne, quatrième vendredi, peut nourrir des regrets. Libérée par sa première médaille d'or olympique, Paerson pouvait prétendre au doublé. Surtout en l'absence de Kostelic.
C'était plus que jamais le cas à l'issue de la première manche, dont elle avait pris la deuxième place, juste derrière Julia Mancuso. Mais la Scandinave est apparue au bout du rouleur lors du second acte. Elle eut aussi le tort de changer de skis entre les deux manches. Mal lui en a pris. Privée de toucher de neige, moins agressive qu'à l'accoutumée, elle qui a besoin d'engagement en permanence, Anja échoue au 6e rang. Décevant, forcément. D'autant qu'elle rate l'occasion de devenir la deuxième skieuse de l'histoire à compter six médailles olympiques. Kostelic reste donc seule en haut de la hiérarchie. Mais Paerson a assuré l'essentiel dans le slalom. Elle voulait l'or, elle l'a eu.
Tranquille comme Mancuso
Ce fiasco collectif, plus ou moins prononcé, des grandes vedettes de la discipline, ouvrait donc la porte aux outsiders. Encore faillit-il avoir le talent et le cran de s'y engouffrer. Sans la moindre pression, Julia Mancuso s'est montrée la plus opportuniste. L'Américaine a épaté son monde. La voir en tête à l'issue du premier passage, pourquoi pas. Mais la facilité avec laquelle elle a maitrisé tous les éléments lors du second tracé est proprement sidérante. Elle s'impose avec près de sept dixièmes de marge sur la revenante Tanja Poutiainen, en qui on n'osait plus croire.
Preuve de sa tranquillité, Mancuso s'est offert le deuxième temps de la manche, à un centième seulement d'Anna Ottosson. Cette dernière avait pourtant volé, au point de grimper de pratiquement dix places dans la hiérarchie. Abonnée aux accessits en Coupe du monde, mais pas vraiment aux podiums, Ottosson trouve là une belle récompense à sa longue carrière. La trentenaire suédoise fait également console également la Suède de la contre-performance d'Anja Paerson. Il n'y avait en revanche personne pour compenser la nouvelle déception d'Ingrid Jacquemod, unique chance tricolore. Une fois encore à côté de son ski, la blonde de Val d'Isère ponctue ses JO ratés par une 21e place.
Rejoignez Plus de 3M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité