Wengen 2019, l'avènement de Clément Noël : "On m'avait parlé d'un avion aux entraînements…"
Eurosport sur GoogleSix ans après, Clément Noël est de retour à Wengen, lieu de sa première victoire en Coupe du monde. À 21 ans, le Français avait dompté la mythique course suisse en devançant Manuel Feller et Marcel Hirscher. Un coup d'éclat loin d'être surprenant pour nos consultants Pierre-Emmanuel Dalcin et Jean-Pierre Vidal. Souvenirs.
Clément Noël après sa première victoire en Coupe du monde à Wengen
Crédit: Getty Images
C'est à l'émotion au micro de Pierre-Emmanuel Dalcin qu'on mesure la durée de l'attente et le soulagement de trouver un héritier. 20 janvier 2019 : Clément Noël remporte le mythique slalom de Wengen et notre consultant est aux bords des larmes au moment où le gamin 21 allume du vert après une deuxième manche plus compliquée. "C'était vraiment une de mes plus belles émotions aux commentaires avec Eurosport", se remémore notre consultant six ans après.
Cinq ans que l’équipe de France attendait ça. Depuis Alexis Pinturault, à Wengen déjà en 2014, les Bleus se cherchaient un spécialiste. Et, de l'avis de tous, Clément Noël a rapidement été identifié comme un crack à la progression supersonique. "On le sentait venir, on savait que c'était un grand talent, continue Dalcin. Je suis très ami avec Julien Lizeroux et Jean-Baptiste Grange. Ils m'ont rapidement parlé d'un gamin dans le groupe qui était un avion à l'entraînement et à qui ils n'arrivaient jamais à prendre une manche. Julien n'était pas le champion du monde de l'entraînement mais il me disait quand même : 'quand je suis à moins d'une seconde à l'entraînement, ça veut dire que j'ai fait la manche de ma vie' (rires)."
Dans le petit monde du ski tricolore, Noël était identifié. "On en parlait beaucoup par son relâchement et sa technique particulière, rembobine également Jean-Pierre Vidal, champion olympique de slalom en 2002, forcément attentif à la relève tricolore dans la discipline. Ça faisait un petit moment qu'il skiait très très fort et techniquement, Clément a un avantage sur tous les autres puisqu'il skie vachement sur les appuis".
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Clément Noël après sa première victoire en Coupe du monde à Wengen
Crédit: Getty Images
Wengen, si particulier
C'est cette force qui a fait la différence à l'époque. Et qui continue d'être sa marque de fabrique. Ce jour-là, sur cette piste mythique, tout a changé. Parce qu'ici, plus qu'ailleurs, on ne gagne pas par hasard. "C'est une piste vraiment compliquée, expliquait d'ailleurs Noël cette semaine. Pour moi, c'est la plus belle de la saison mais c'est aussi une des plus difficiles. C'est celle qui demande à être le plus complet : il y a un mur hyper raide, des parties un peu plus plates, un peu déversantes, pas mal de mouvements de terrain. C'est une piste un peu physique aussi. Vraiment, ça demande à être très, très bon et très rigoureux techniquement, du haut en bas."
"Je me souviens de son mur qui était parfait et que je l'avais trouvé très costaud mentalement, déjà, pour tenir en deuxième manche, atteste Vidal, qui a souvent été en difficulté sur ce tracé. Arriver à maitriser cette piste, c'est le signe d'un slalomeur très fin, tous les plus grands l'ont fait !". 2019 a marqué le début de l'histoire. Six ans après, Noël est en passe de devenir le slalomeur le plus victorieux en Coupe du monde du ski français (13, à égalité avec Jean-Noël Augert). Pas une surprise pour nos consultants même si…
Il peut mettre une seconde et demie à tout le monde
"Je trouvais il y a quelques mois qu'il faisait toujours les mêmes erreurs, soutient Dalcin à l'heure de faire le bilan. Il a tellement d'angle, il est tellement grand qu'il fait des fautes d'intérieur hyper souvent. Maintenant, on voit qu'il a évolué. A Adelboden, il y a du brouillard, de la pluie, on sait que la piste va être pourrie. Dans ce genre de conditions, il a du mal, il est moins bon donc, avant la course, je n'y crois pas une seconde. Pour moi, c'est sa plus belle victoire."
A 27 ans, le Vosgien, pourtant déjà champion olympique, arrive au firmament de sa carrière. En l'état, aucun doute : il y a lui et les autres sur la piste. "Il n'y aucun débat, il est champion olympique, tranche Vidal à l'heure de définir une hiérarchie mondiale. Je pense qu'il est capable de mettre une seconde ou une seconde et demie à tout le monde. C'est ce qui fait aussi la beauté de son ski, ça passe ou ça casse." Ces derniers temps, ça passe beaucoup plus. Et, difficile de faire plus belle piste que celle de Wengen pour le confirmer encore un peu plus.
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La victoire pour deux centièmes : le second run grandiose de Noël
Video credit: Eurosport
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