Coupe du monde de ski de fond – Lucas Chanavat sur son doublé au Tour de ski : "Un soulagement ? J'étais venu pour ça !"
Eurosport sur GoogleIl est l'un des héros du clan français de ce début d'année 2024 en ski de fond. Vainqueur de deux étapes du Tour de ski, à Toblach et à Davos, Lucas Chanavat a mis fin à une disette de quatre ans sans succès individuel en Coupe du monde. Pilier des Bleus, le Bornandin savoure ce "retour" doré et espère surfer sur cette dynamique comme il l'a confié dans un long entretien à Eurosport.
Chanavat et Chappaz arrachent le doublé sur le sprint
Video credit: Eurosport
Lucas, c'est la reprise après deux semaines de coupure. Comment vous sentez-vous après ce Tour de Ski riche en émotions (ndlr, trois victoires pour les Bleus, deux pour Lucas Chanavat, une pour Jules Lapierre et la troisième place du classement final pour Hugo Lapalus) ?
Lucas Chanavat : C’était vraiment dingue. Il y avait une super atmosphère, une super dynamique. Personnellement, c’était une grosse satisfaction de remporter les deux courses. Je suis content d’avoir pu défendre le maillot à points jusqu’au bout. Ce n’était pas gagné pourtant car j’ai eu le Covid juste avant. Je ne me suis pas préparé entre Trondheim et le Tour de ski. Je ne savais pas trop comment j’allais être. D’un point de vue collectif, c’était un régal sur beaucoup de courses. Ça a fini en apothéose avec Jules (Chappaz), Lapal’ (ndlr, Hugo Lapalus) et Delphine (Claudel) qui font podium.
Deux victoires à Toblach et à Davos sur le sprint libre, quatre ans après "l'enchaînement" Planica–Dresden. Est-ce qu'il y a eu une forme de libération ?
L. C. : Je savais que j’en étais capable. Ça faisait un moment que je tournais autour. Renouer, avec la victoire, c’était l’objectif de la saison. Je suis content d’avoir pu le faire tôt. Est-ce que c’est un soulagement ? Pas forcément. J’étais vraiment venu sur le Tour pour ça ! Je n’avais pas de pression particulière, seulement l’envie de bien faire. Comme j’ai gagné la première course, j’ai pu avoir le dossard de leader pendant un temps. Quand j’ai vu que Jules (Chappaz) prenait la deuxième place (ndlr, à Toblach)… Ça a été la révélation sur la ligne d’arrivée. C’était vraiment cool de partager son premier podium et ça venait récompenser tout le travail de l’équipe. On voit que tous les techniciens, le staff, les kinés se donnent à fond tout le temps. C’est super plaisant de rendre la pareille comme ça.
Ce doublé avec Jules Chappaz est-elle l'une des plus belles émotions de votre carrière ?
L. C. : Il y en a eu beaucoup, mais elle en fait partie comme la victoire avec Renaud (Jay) en team sprint à Dresden (ndlr, le 12 janvier 2020). On a fait des double podiums avec Richard (Jouve) qui étaient super sympas à partager. Il y a plein de moments. Quand je vois que Jules (Lapierre) gagne la montée de l’Alpe Cermis, que Lapal’ monte sur le podium du Tour… Ce sont des émotions de carrière qui restent gravées.
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Lucas Chanavat (à droite) et Jules Chappaz se congratulent après leur doublé à Toblach lors de la première étape du Tour de ski 2023-2024.
Crédit: Getty Images
Le Tour de Ski, c'est aussi l'occasion de faire un premier bilan de la saison…
L. C. : Je ne me suis pas encore retourné sur ma saison car c’est un peu tôt. J’ai déjà fait trois podiums dont deux victoires, c’est déjà top. Ça part super bien. J’ai une certaine frustration car il y a un trop gros décalage avec mon niveau en sprint classique. Je travaille pour essayer de combler ce décalage. Je n’arrive pas à m’y exprimer comme je le souhaite. C’est un petit peu frustrant. En skate, je me fais plaisir, mais j’aspire à réduire l’écart avec le classique. J’ai un beau challenge pour bosser, progresser et construire pour l’avenir.
On sent une montée en puissance de votre part depuis Trondheim (2e du sprint libre)…
L. C. : Sur les sprints classiques, je ne sentais pas la récompense de tout le travail et de tout ce que j’avais ressenti pendant l’été et l’automne. Ça me frustrait un peu sur ce début d’hiver. Heureusement, les sprints skate sont arrivés pour balayer la frustration. Je suis content d’avoir pu augmenter mon niveau d’endurance dans les tours. Ça m’a fait du bien de mieux les passer.
Depuis 2017, vous avez toujours été dans le top 8 du classement général du sprint. Il y a deux 3e place (2018 et 2022) et une 2e (2023). Vous faites partie des poids lourds du circuit…
L. C. : (Il hésite) Non, pas forcément. Je sens que j’ai accumulé de l’expérience, mais je ne me sens pas vieux pour autant. J’aborde les sprints un peu différemment que par le passé. Je commence à vraiment bien connaître les circuits, ça fait des petites différences. C’est aussi excitant de découvrir des nouveaux sites comme c’était le cas à Trondheim ou à Oberhof. Ça donne un peu de piment à ces courses.
Cette équipe de France est dense, les résultats sont là en Coupe du monde et aux Mondiaux. Est-ce que vous sentez aussi cette effervescence, que quelque chose se passe autour des Bleus ?
L. C. : Je le ressens depuis un moment. On est une équipe super forte depuis pas mal d’années. Il y a des roulements avec des nouvelles générations qui arrivent qui sont très fortes et compétitrices.
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Lapierre en vainqueur héroïque et Lapalus 3e : le finish historique de Val di Fiemme en vidéo
Video credit: Eurosport
A Oberhof, Johannes Klaebo fait son retour. Pouvez-vous nous parler de cette adversité ?
L. C. : Pour l’instant, sur les sprints classique, je ne suis pas d’une grande adversité pour lui même si je travaille dessus (rires). Sur les sprints skate, j’adore ce jeu, c’est toujours un énorme combat. On a fait quelques courses où on a jeté le pied. C’est le truc qui m’éclate ou je prends le plus de plaisir. Quand on se retrouve face à lui, il faut vraiment faire une course parfaite pour pouvoir gagner. Quand il prend le départ, il est toujours au top. C’est trop cool de pouvoir courir dans la même période qu’un gars comme ça qui est un des meilleurs de tous les temps dans notre sport.
Richard Jouve sera aussi de la partie après sa maladie, c'est une excellente nouvelle pour l'équipe…
L. C. : C’est évident. Quand on voit qu’il y a eu ces résultats au Tour sans lui et sans d’autres filles, on se dit que c’est une équipe bien dense pour faire des gros résultats. C’est cool de retrouver tout le monde. Je pense qu’il va être très chaud ce week-end. Il aime le sprint classique, il est fort là-dedans.
Quelles sont vos ambitions pour cette fin de saison ?
L. C. : J’ai refait un peu de volume après le Tour. J’ai peut-être "un peu moins d’ambitions" sur ce week-end, mais par contre sur le sprint de Goms et sur la tournée nord-américaine, j’espère être bien, "perfer" fort là-bas. Je suis déjà spécialisé en sprint donc ça ne laisse pas beaucoup d’options. Toutes les courses sont des combats, ce sont des objectifs pour bien figurer au classement général.
Le globe du sprint doit faire partie de vos objectifs…
L. C. : C’est le truc qui me parle le plus parmi les récompenses qu’un athlète peut gagner. C’est beaucoup trop tôt pour penser à ça, il reste beaucoup de courses, je ne suis même pas en tête du classement. C’est quelque chose que je rêverais d’accomplir. Il y a encore pas mal de choses à régler, notamment en sprint classique pour être performant sur le général. C’est un rêve de gosse.
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"Le monstre" Chanavat a encore frappé : sa victoire surpuissante en vidéo
Video credit: Eurosport
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