Julia Pereira de Sousa, la lumière après deux années noires en snowboard : "Deux genoux en deux ans, j'étais maudite"
Eurosport sur GoogleExiste-t-il une athlète plus opiniâtre que Julia Pereira de Sousa-Mabileau ? C'est probable. Mais le parcours de la snowboardeuse d'Isola 2000 est à ranger parmi les plus inspirants. Blessée à deux reprises au ligament au genou depuis novembre 2021, la crosseuse s'est accrochée pour revenir. Plus qu'un défi physique, c'est un combat mental que la vice-championne olympique a mené. Récit.
Pereira de Sousa : " Il n’y a pas que mon genou qui a été blessé dans cette histoire"
Video credit: Eurosport
C'est l'histoire d'une guerrière qui n'a jamais cédé à l'envie de jeter l'éponge. S'il peut forcément inquiéter au vu de la tournure des événements, le récit a de quoi inspirer bon nombre de personnes. Après deux blessures au ligament croisé au genou, et ce en moins d'un an, beaucoup auraient tout envoyé valser. Pas Julia Pereira de Sousa-Mabileau.
Victime de deux sérieuses blessures, la première à quelques mois des Jeux Olympiques de Pékin 2022 qu'elle avait finalement disputés avec une cinquième place à l'arrivée, la seconde en décembre 2022, la Française revient de loin. "Il n’y a pas que mon genou qui a été blessé dans cette histoire, il y a aussi ma tête", nous soufflait-elle dans un entretien en octobre. Pour cette troisième étape de Coupe du monde à St. Moritz ce vendredi (sur Eurosport), la championne veut continuer sa reconstruction et son retour vers les sommets.
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Julia Pereira de Sousa-Mabileau lors de la Coupe d'Europe de snowboard en Autriche en novembre 2022.
Crédit: Imago
"Déni" et perte de repères
Prodige du snowboard français, médaillée olympique à 16 ans et 149 jours, Julia Pereira de Sousa-Mabileau avait connu un début de carrière tonitruant. Avant que cette ascension ne soit stoppée nette par une salve de blessures, remettant en question nombre de certitudes acquises par la championne. "C’était compliqué… Deuxième genou, sur la deuxième compétition (ndlr, de la saison)… J'avais beaucoup d'espoirs. Tout s’est écroulé en très peu de temps… J’étais un peu dans le déni au départ. Ça a été un peu compliqué, j’ai passé un hiver vraiment difficile, seule", avait-elle lancé d'emblée en octobre dernier.
En quelques mois, la native de Quincy-sous-Sénart a mené deux combats de front. Ce qui était éreintant sur le plan mental, comme elle l'explique. "Je m’étais engagée à fond dans ma première blessure avec six mois, focus à 100 % sur mon genou, et là il a fallu tout recommencer à peine après avoir terminé. Ça a été dur d’accepter tout ça."
La peur de replonger a aussi pesé sur son rapport à la glisse ces derniers mois. "Deux ans sans snowboard, j’avais l’impression que j’étais un peu maudite. J’ai douté, je me suis fait deux genoux, imaginons je m’en fais un troisième… J’ai perdu un peu mes repères sur la neige. J’ai peur de me re-blesser, je vois le pire un peu partout."
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Une demi-finale avant la surprise de sa chute : on était avec la famille de Julia Pereira de Sousa
Video credit: Eurosport
Par amour du snowboard
Pour faire face à ses appréhensions, Julia Pereira confie avoir fait un énorme travail sur le plan psychologique avec le staff de l'équipe de France. Si elle s'estimait être forte, la Tricolore a dû batailler mentalement, "un sujet dont on ne parle pas assez", comme elle l'explique. Le decorum de la renaissance a changé pour la snowboardeuse.
"Le premier genou, ça a été plus physique. Le deuxième, c’est plus le mental qui m’a lâchée. Tous les étés, on s’entraîne pour être les meilleurs physiquement. On recommence toujours la même chose, mais quand on est blessé, c’est une autre dimension…", continue-t-elle tout en remettant l'accent sur un combat "qui se fait principalement seul(e)."
C'est finalement la passion qui l'a maintenue à flot. "C’est l’amour du snowboard qui m’a fait tenir." A 21 ans, la sociétaire du Club Back to Back d'Isola 2000 a le temps. Elle insiste dessus. "J’ai la chance d’être encore jeune. Tout peut encore arriver dans ma carrière, j’ai le temps. C’est ce qui m’a fait tenir et sortir la tête de l’eau pendant ma rééducation."
Se reconstruire progressivement avant de penser à 2026
Cinquième pour sa reprise à l'Alpe d'Huez début décembre, Julia Pereira de Sousa-Mabileau a savouré son retour à la compétition. Sa coéquipière Chloé Trespeuch en était admirative en décembre. "Revenir après de deux blessures au ligament croisé, c’est toujours un challenge de taille. Il faut battre les appréhensions, avoir confiance en son genou, réussir à engager pleinement comme avant. Elle a réussi à le faire. C’est hyper encourageant pour la suite."
La médaillée d'argent de Pyeongchang ne veut pas se mettre de pression pour sa saison retour. Son objectif est clair. "J’essaye de faire de bons entraînements, d’être focalisée sur la saison, de ne pas avoir trop d’attente en termes de résultats. Finir une saison, ce sera déjà hyper cool."
La Française voit plus loin dans ses ambitions. Elle s'est fixé un cap de choix pour revenir au sommet des charts. "L’objectif, c’est 2026 de toute façon. S’il me faut trois ans pour me reconstruire, ce sera très bien." Cette cuvée 2023-2024 est surtout celle du retour aux affaires pour Julia Pereira. A St. Moritz, la rideuse veut continuer sa mise en route. Avant de revoir plus haut dans un futur proche, ça ne fait aucun doute.
(propos recueillis par Florian Pigeon à Annecy)
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"On m'a volé ma finale" : Pereira de Sousa, touchée mais pas découragée
Video credit: Eurosport
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