Championnats du monde de Doha - "Ce n’est plus le même" : 6 cm et 6 kg en plus, comment Félix Lebrun s’approprie son nouveau corps

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Depuis les JO, Félix Lebrun, qui jouera les 8es de finale des Mondiaux jeudi, travaille son déficit de puissance. L’évolution de son corps lui a permis, à 18 ans, de gagner des centimètres et quelques kilos. Le travail spécifique autour de sa puissance maximale lui donne des armes inédites pour affronter les athlétiques Chinois. Encore faut-il s’approprier ce nouvel outil de travail.

Depuis les JO, Félix Lebrun a pris 6 kilos et beaucoup de masses musculaire

Crédit: Getty Images

Deux baguettes en guise de jambes et un physique d’oisillon tombé du nid. Félix Lebrun, qui jouera son 8e de finale des Mondiaux ce jeudi, a débarqué parmi les meilleurs joueurs du monde dans un corps d’adolescent. A 16 ou 17 ans, rien de plus normal. Il s’en est servi pour appuyer sur ses points forts : la vitesse, la finesse et un œil unique.
Sauf que face aux montagnes chinoises, et aux cuisses d’acier de Fan Zhendong aux derniers JO, il a aussi touché les limites de sa charpente de moineau. "Aux JO, on s’est aperçu que Félix, sur sa demi-finale, manquait de capacité à tenir l’échange entre le troisième et le cinquième échange, nous confie son préparateur physique Jérémy Surault. À partir de là, l’objectif de nos six derniers mois a été de bosser autour de la puissance à ce moment de l’échange."
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Le dos au mur, Alexis et Félix Lebrun passent le 1er tour en 5 sets

Video credit: Eurosport

Sa qualité de balle n’a jamais été aussi haute
Le chétif Félix s’est astreint à un travail physique intense avec des entraînements qui se rallongent de 45 minutes pour des objectifs précis : développement de l’endurance cardiaque, travail de force et de puissance en musculation. Et à Doha, aux championnats du monde, le résultat est assez flagrant. Son cou, ses épaules, ses cuisses, ses bras : tout a changé, Félix a pris de la masse.
Une spectaculaire métamorphose qui tient à son entraînement et à l’évolution physiologique normale de tous les jeunes adultes entre 17 et 20 ans. Depuis les JO, le sixième meilleur joueur du monde a pris six kilos et autant de centimètres. "Quand les gens viennent à la salle, ils nous disent que ce n’est plus le même", nous confie son père.
Le changement physique trouve son prolongement dans la raquette : "Il a désormais une balle de séniors, ce qui n’était pas le cas aux JO, continue Stéphane Lebrun. C’est capital de gagner en puissance pour le très haut niveau. Pour le dire autrement, il faut envoyer des parpaings quand tu joues les dix meilleurs joueurs du monde. Sa qualité de balle n’a jamais été aussi haute. Il devient comme son frère." Même si un vrai écart le tient encore éloigné d’Alexis, référence du circuit en termes de puissance.
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Les frères Lebrun (Alexis à gauche et Félix à droite) lors des Mondiaux de Doha.

Crédit: Getty Images

Il faut s’approprier ce nouveau corps et ça demande du temps
"On fait des mesures précises sur des appareils et les indicateurs me montrent que Félix a pris en puissance sans perdre le temps de contact au sol, précise Jérémy Surault. Parce que, moi, je me fous qu’il ait plus de puissance s’il met trop de temps à la produire."
C’est tout l’enjeu autour de Félix aujourd’hui : s’attaquer à ses points faibles sans dénaturer ce qui le rend unique. Ne pas casser le champion qu’il est, en somme. On entre là dans de la mécanique de très haute précision. "Il faut un moment d’automatisation de tout ça, il faut s’approprier ce nouveau corps et ça demande du temps, continue son préparateur. Il ne faut pas aller trop vite et que ça se désorganise trop." Surtout que le tennis de table, plus que n’importe quel autre sport, est une affaire de détails, de microseconde, de sensations.
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Félix Lebrun expéditif pour son entrée en lice face à Lubomir Pistej

Video credit: Eurosport

Prendre possession de cette nouvelle carcasse demande des ajustements et explique aussi pourquoi le cadet des frères Lebrun a connu un début d’année 2025 très irrégulier. Tomokazu Harimoto (4e joueur mondial) ou Truls Moregard (vice-champion olympique), très forts eux-aussi lors de leur adolescence, ont connu un creux comparable à celui que pourrait traverser le Français dans les mois qui viennent.
"À l’entrainement, il est plus fort qu’il ne l’a jamais été, jure son père. Maintenant, il faut de la régularité." Plus fort mais moins régulier, voilà à quoi pourrait ressembler le futur à court et moyen terme de Félix Lebrun jusqu’à ce qu’il se stabilise. C’est tout l’enjeu de ces Mondiaux, premier test majeur du nouveau Félix.
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