Championnats du monde par équipes - "Ça peut être un immense moment" : les Bleus des frères Lebrun à l’aube du plus grand exploit de leur histoire ?
Eurosport sur GoogleL’équipe de France des Lebrun démarre son championnat du monde par équipes ce samedi à Londres. Vice-championne du monde, médaillée de bronze aux JO et championne d’Europe, la France a de vrais arguments. Mais peut-elle enfin et pour la première fois venir à bout de l’ogre chinois ? Il semblerait que les planètes s’alignent doucement pour signer l’un des plus grands exploits du sport français.
La France des Lebrun championne d'Europe par équipes
Crédit: Getty Images
Imaginez les Bleus du rugby qui battent les All Blacks en finale de la Coupe du monde, ou ceux du basket qui rossent Team USA pour l’or olympique. Voilà l’enjeu auquel va se confronter la bande aux Lebrun lors des dix prochains jours à Londres, lieu des championnats du monde par équipe. Peuvent-ils décrocher la première couronne mondiale de l’histoire du tennis de table français ? Depuis l’an 2000, la Chine a tout raflé et imaginer une autre nation sur la plus haute marche du podium relevait, il y a quelques mois encore, de la science-fiction.
La France peut-elle être celle-ci ? Elle n’en a jamais été aussi proche et, disons-le aussi, dans un formidable concours de circonstance, l’Empire du milieu n’a jamais aussi prêt de choir. A une semaine de l’échéance, l’ambiance est complètement détendue dans les couloirs du CREPS de Nantes où les Bleus se préparent. Leurs ambitions sont assumées, leur confiance au plus haut. Il flotte dans l’air quelque chose d’historique au milieu de cette bande de gosses. Insouciante, peut-être. Déterminée, sans aucun doute.
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Félix Lebrun, à la Coupe du monde 2026, à Macao
Crédit: AFP
J'ai l'intime conviction qu'on pourra le faire un jour et ce serait heureux que ce soit là
"Ça peut être un immense moment pour nous, nous prévient Nathanaël Molin, l’entraîneur des Bleus, sourire en coin. Je dirais que si ce n'est pas aujourd'hui, notre équipe a quand même le potentiel pour le faire alors si ce n'est pas là ça sera peut-être dans deux ans, peut-être dans quatre. J'ai l'intime conviction qu'on pourra le faire un jour et ce serait heureux que ce soit là." Quelles sont les raisons de croire au déraisonnable et à l’inimaginable ?
D’abord, côté français, une formidable Dream Team qui regroupe le 4e meilleur joueur du monde, un Felix Lebrun qui n’a jamais été aussi fort. Deux lieutenants aux airs de généraux, Alexis, le frère, et Simon Gauzy, habitués désormais aux médailles internationales et jamais aussi forts que pour défendre la patrie. Derrière eux, deux autres membres du top 25 dont un nouveau gamin de 18 ans, Flavien Coton, qui ne connaît ni la peur ni l’échec, lui qui a déjà raflé un WTT Contender pas plus tard qu’en mars.
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Félix Lebrun et la France champions d'Europe par équipes
Crédit: Getty Images
La France, deuxième meilleure nation au classement mondial, championne d’Europe en titre, n’a jamais été aussi armée. "On a cinq Français dans le top 25, c’est assez incroyable, s’enthousiasme Simon Gauzy, 31 ans et capitaine de route de la joyeuse bande. J’y crois fort. Le titre, c’est notre objectif annoncé entre nous. Pour la première fois de ma vie, je vais démarrer un championnat du monde en me disant qu’on a une chance de le faire. Rien que ça c’est dingue."
Pour la première fois de ma vie, je vais démarrer un championnat du monde en me disant qu’on a une chance de le faire
Sauf que l’histoire du tennis de table est ainsi faite que les championnats du monde regroupent tout un tas de pays et à la fin, c’est la Chine qui gagne. C’est vrai depuis 26 ans et, aujourd’hui encore, l’Empire du milieu reste le favori. Toutefois depuis deux ans, il a pris un sacré coup dans le buffet. A Busan, lors de son dernier titre, la Chine alignait les numéros 1, 2, 3, 4 et 5 du classement mondial et, en finale, la France a pris un sévère 3-0 en ne prenant que trois petits sets en autant de matches.
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Du grand spectacle, un immense finish : les plus beaux points du match pour le bronze
Video credit: Eurosport
Aujourd’hui, elle regroupe le numéro 1, 6, 11, 16 et 20. Et pour la première fois, elle fera confiance à trois joueurs inexpérimentés qui n’ont jamais joué de compétition d’une telle importance. "J’ai participé à mes premiers Mondiaux en 2010, c’est la première fois qu’il n’y pas au moins quatre Chinois dans les cinq premiers du classement. Bien sûr, on s’est rapproché, notre équipe est exceptionnelle mais eux aussi ont baissé en niveau", diagnostique Gauzy.
On arrive à les cogner régulièrement désormais
"Il ne faut jamais oublier que la Chine a un savoir-faire et une expérience dans les grands championnats, rappelle encore Molin. Souvent, on croirait qu'ils sont un peu mis à mal, et puis, finalement, ils répondent présent, donc restons humbles par rapport à tout ça." D’autant que la Suède, l’Allemagne et surtout le Japon ont eux aussi progressé et compte bien se faufiler dans la brèche créée par le tassement des meilleurs joueurs chinois.
"Mais on arrive à les cogner régulièrement désormais", rappelle Nathanaël Molin. A l’image d’un Félix Lebrun, premier Européen à remporter un Champions (l’équivalent d’un Masters 1000) en Asie en mars et à deux doigts de s’offrir Wang Chuqin, l’incontestable numéro 1 mondial deux semaines plus tard. Et Alexis Lebrun de conclure : "Je suis franc : aux JO, on se disait que face à la Chine, on prendrait de l’expérience, on n’y croyait pas vraiment. Aujourd’hui, on a une vraie chance de les battre."
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