Championnats du monde par équipes | Félix Lebrun : "Aujourd’hui, l’insouciance, c’est terminé"

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Avant de s’envoler pour Londres pour tenter d’y décrocher le titre le plus prestigieux de l’histoire de l’équipe de France, Félix Lebrun s’est confié à Eurosport. Auteur d’un début de saison canon, le numéro 4 mondial s’est remis d’une saison 2025 traversée, en partie, par le doute. Renforcé par un physique mieux taillé, un mental d’acier et une maturité nouvelle, il est plus fort que jamais.

Félix Lebrun

Crédit: Getty Images

"Aujourd’hui, quelle que soit la compétition qu’il démarre, il se présente pour la gagner. Il n’a jamais été aussi fort." Personne ne connaît mieux Félix Lebrun que Nathanaël Molin, le coach de toujours. À 19 ans, le quatrième joueur mondial n’est plus le même. En ce mardi d’avril, au CREPS de Nantes, il a l’assurance de ceux qui ont grandi vite et bien. La charpente continue de s’étoffer et le gamin n’en est plus un.
Après avoir traversé des moments de doutes en 2025, Félix Lebrun présente une version augmentée de lui-même en 2026. L’oisillon tombé du nid est devenu un vrai rapace à deux doigts de battre l’intouchable numéro 1 mondial, Wang Chuqin, le mois dernier. Dimanche, il a dévoré Tomokazu Harimoto, le numéro 3 mondial. Entretien avec celui qui compte bien amener la France au sommet du ping mondial cette semaine. 
Félix, vous êtes de retour à la quatrième place, votre meilleur classement. Christophe Legoût, directeur des compétitions de la Fédération, nous confiait en mars : "Pour moi, il a l'étoffe, il a tout pour devenir numéro un mondial sans l'ombre d'un doute." Pensez-vous comme votre oncle ?
Félix Lebrun : C'est gentil. C'est mon rêve depuis toujours, mon objectif maintenant. Je suis très content qu'il y ait des gens qui peuvent penser que je puisse y arriver. Et forcément, oui, moi, je pense que je peux y arriver. Je m'entraîne tous les jours pour ça.
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Felix Lebrun lors des champions du monde par équipes

Crédit: Getty Images

Qu'est-ce qu'il vous manque aujourd'hui pour être le meilleur ?
F.L. : Je ne suis pas loin, mais en même temps, il reste beaucoup d'étapes. C'est tout aussi dur d'aller chercher les trois dernières places que de monter au classement pendant un moment. Par rapport à Wang Chuqin, le numéro 1 mondial : il est un petit peu plus fort partout. Je dois être plus juste dans mon jeu, continuer à gagner en puissance, en régularité avec mon coup droit. Et puis, l'expérience qu'il a aussi dans la gestion de match ou des intensités. Il est capable de garder son physique au plus haut niveau pendant très longtemps. C'est un ensemble de petits détails qui font qu'à la fin, il y a quand même une belle différence.
Je suis un nouveau joueur et j'espère un Félix plus fort qu'il y a deux ans
A l’issue de votre dernier affrontement, où vous êtes vraiment proche de le battre, qu’est-ce qui prédomine : la fierté de se rapprocher ou la frustration d’être passé tout près ?
F.L. : Les deux. C'était un match hyper serré, donc très positif pour la suite. Mais, en même temps, sur le moment, je me dis que j'étais à mon meilleur niveau, je me sentais super bien et il a quand même réussi à me battre. Franchement, c'est frustrant. Surtout sur une Coupe du monde où j'avais envie d'aller plus loin.
Quand vous regardez en arrière, qu'est-ce qui vous sépare aujourd'hui du Félix qui était médaillé de bronze aux JO de Paris ?
F.L. : Le physique déjà. Je pense que j'étais dans une période où tout se passait exceptionnellement bien. J'avais aussi une certaine inconscience, je ne me rendais pas compte à quel point c'était difficile de réussir ce que j’ai accompli. Donc, je prenais tout comme ça arrivait. Je pense que ça s'est un peu terminé à l'issue des Jeux Olympiques et du Champions remporté à Montpellier (ndlr : en octobre 2024). Aujourd’hui, l’insouciance, c’est terminé. J'ai eu une période un peu moins facile à gérer avec quelques moments de doute en 2025, même si les résultats sont restés corrects. Ça m'a permis de progresser, de me remettre en question sur notre entraînement. Je pense que j'ai évolué, que ce soit physiquement, mentalement et aussi dans mon jeu. Je n'ai plus exactement le même système de jeu. Je suis un nouveau joueur et j'espère un Félix plus fort qu'il y a deux ans.
Est-ce que le Félix 2026 mettrait une rouste au Félix 2024 ?
F.L. : Une rouste, non. Mais je pense que je le battrais. Mais sur un match, il peut me battre aussi. En revanche, dans la régularité, je suis un meilleur joueur.
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Félix Lebrun et son frère Alexis

Crédit: Getty Images

L'an dernier, vous avez perdu en partie votre flow et traversé des zones très basses. Mais on a l’impression que tout ça est derrière vous désormais.
F.L. : Oui, c'est clair. J'ai de nouveau la sensation de me retrouver toujours dans mon élément, dans l'aire de jeu. Ce qui n'était plus forcément le cas. J'avais du mal à me positionner par rapport à la table comme j'ai bien grandi et que j'ai pris du poids. Les mauvais résultats avaient abîmé ma confiance et j’hésitais parfois sur un ou deux choix. Aujourd'hui, je me sens super bien. J'ai des résultats top depuis septembre dernier. Je reviens à mon meilleur classement, ça veut dire que je suis de nouveau à mon top niveau.
Cette période de transition post-JO fut finalement assez brève.
F.L. : Oui, j'ai l'impression qu'elle est derrière moi et je l’ai traversée rapidement. Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura plus de défaites.
Les championnats du monde par équipes démarrent. La France n’a jamais été aussi forte. La Chine a rarement été aussi prenable. Est-ce que cela resterait un exploit de les battre ?
F.L. : Ça reste un exploit vu leur équipe, l'histoire du ping etc. Mais je pense qu'on a plus de chances qu’il y a deux ans. Et on en aura encore plus dans quatre ans. Peut-être qu’à un moment ça ne deviendra plus un exploit. Mais pas aujourd’hui. 
Est-ce que ça vous irait de faire le même résultat qu’il y a deux ans à savoir une médaille d’argent mais une sévère défaite en finale contre la Chine (ndlr : 3-0) ?
F.L. : Bonne question. Je serais très content du résultat, mais là, tout de suite, je n'ai pas envie de signer quand même. On l’a déjà cette médaille donc je préfère me donner la petite chance d'aller chercher encore mieux.
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