Andy Roddick sur le débat du meilleur de tous les temps : "Si vous ne choisissez pas Novak Djokovic, vous êtes dingue"

Eurosport sur Google

Dans le dernier épisode de son podcast "Served", Andy Roddick s'est penché sur le sujet toujours épineux et passionnel pour les fans de tennis du meilleur joueur de tous les temps. Et l'ex-champion américain n'a pas hésité une seconde en choisissant Novak Djokovic, estimant que le seul argument valable dans ce débat était la somme des accomplissements du Serbe et les statistiques.

Voilà pourquoi il domine encore : les meilleurs points de Djokovic sur Eurosport

Video credit: Eurosport

Il n'était pourtant ni un grand fan du joueur ni du personnage durant sa carrière. Andy Roddick voyait en Novak Djokovic un mauvais comédien sur le court, quelqu'un qui simulait ses blessures pour entrer dans la tête de ses adversaires. A tel point qu'après un quart de finale à l'US Open en 2008, l'Américain en était presque venu aux mains avec le Serbe dans les vestiaires. Mais depuis, de l'eau a coulé sous les mains, "A-Rod" a pris sa retraite sportive, est devenu un observateur avisé du circuit et a vu son ancien rival sur les courts battre les records, les uns après les autres.
Avec le recul, Roddick considère Djokovic comme indubitablement le meilleur joueur de tous les temps, le "GOAT" ("Greatest of All Times" en anglais, NDLR). "Ce qui rend ce débat sur le GOAT si bizarre, c'est qu'on n'arrive jamais à une conclusion. Par exemple, en basket, entre Michael Jordan et LeBron James, on entend : 'Ok, LeBron a moins de titres mais il a réalisé cette performance et il y a d'autres facteurs.' Mais ce débat peut être ramené à ce constat : les chiffres se moquent de vos sentiments, ou de votre statut vaccinal. Federer à son top, c'était l'adversaire le plus dur pour moi, le meilleur contre mon style de jeu (21-3 dans leurs duels, NDLR). C'est la dernière personne que je voudrais affronter, si ma vie était en jeu. Mais si vous considérez les trois CV (ceux de Federer, Nadal et Djokovic) et que vous ne choisissez pas celui de Novak, vous êtes dingue", a-t-il considéré dans le dernier épisode de son podcast "Served".
Avec 414 semaines passées à la place de numéro 1 mondial (série en cours) – soit deux ans de plus que son dauphin Federer –, 24 titres en Grand Chelem (deux de plus que Nadal) et 7 Masters (un de plus que Federer) à son actif, Djokovic a en effet établi des marques de référence dans les domaines les plus marquants. Ajoutez à cela des bilans légèrement positifs face à ses rivaux espagnol et suisse et il est difficile de ne pas considérer au moins le Serbe comme le meilleur de son ère, les comparaisons entre les époques restant difficiles à établir.
Pour Roddick, si ce constat est si difficile à entériner pour bien des amateurs de tennis, c'est en raison de son statut de troisième homme après deux champions ultra-populaires. "C'est le gars qui a séparé les Beatles. C'est le Yoko (Ono, NDLR) du tennis. C'est celui dont nous ne voulions pas, dont nous n'avions pas besoin. Nous avions la rivalité entre le droitier et le gaucher, un contraste entre les styles de jeu. Et d'un coup, ce cyborg – mais aussi quelqu'un qui joue en exprimant beaucoup ses émotions – arrive et dit : 'Je ne vais pas participer à cette hype. Je suis complet, je vais encaisser les coups de ces gars.' Et c'était bizarre, les fans de tennis, pour la plupart, lui en voulaient pour ça."

Un tennis moins spectaculaire, mais à l'inefficacité inégalée

L'Américain insiste ainsi sur la différence entre les faits et le ressenti, entre ce qui relève de l'objectivité et la subjectivité. "Tout le reste n'est qu'une question de préférence, de ce que vous aimez regarder : le côté danseur de ballet/génie artistique de Federer, ou le côté bestial de Rafa, a-t-il insisté. Ce que Novak fait si bien n'est pas aussi évident à l'écran pour quelqu'un qui ne regarde pas souvent le tennis. Ce que Roger fait très bien, c'est très évident, c'est fantastique si vous connaissez le tennis comme moi et ça l'est aussi si c'est le premier match que vous voyez de votre vie. La force physique de Rafa, les rotations qu'il imprime à la balle, sa vitesse, le suspense attaché à sa défense et son côté bête de scène quand il crie, tout ça prend sens immédiatement."
picture

Fonseca et Mensik, les enfants de Djokovic ?

Video credit: Eurosport

Maîtrisant la géométrie du court comme personne, Djokovic est ainsi le roi du tennis-pourcentage dans une époque caractérisée par le ralentissement des surfaces et l'augmentation de la durée des échanges. Moins instinctif qu'un Federer, moins impressionnant qu'un Nadal, il n'en est pas moins redoutable, au contraire. Sa science du placement de balle et des changements de direction est à nulle autre pareille et rend ses adversaires impuissants, sans solutions en définitive.
Et Roddick de conclure : "Rafa est un gladiateur, alors que Novak est un chirurgien. Il vous démonte littéralement et méthodiquement et vous devez prendre d'immenses risques pour le déstabiliser. Et il sait comme vous que vous ne serez probablement pas capable de le faire pendant trois ou quatre heures. Dans ces débats à grande échelle, nous ne sommes pas très doués pour la nuance, nous aimons les gros titres simples. Et le jeu de Novak n'en fournit pas assez souvent. Mais si vous voulez débattre de ces chiffres, vous êtes consciemment ignorant."
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité