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ATP Finals | Holger Rune, la petite étincelle en plus : "Avec Boris Becker, il a un sentiment de puissance"
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Publié 16/11/2023 à 00:33 GMT+1
Pour son premier Masters, Holger Rune peut croire à la qualification pour les demi-finales s'il l'emporte jeudi face à Jannik Sinner à Turin. Ces dernières semaines, le Danois impressionne à nouveau par son tennis mais aussi sa confiance en lui et sa personnalité. De ce point de vue, la récente collaboration avec Boris Becker semble lui avoir donné un second souffle.
Holger Rune et Boris Becker aux ATP Finals à Turin en 2023
Crédit: Getty Images
"Bien sûr, c'est très, très malheureux pour les gens… mais c'est bon pour mes jambes." Par ces quelques mots glissés en conférence de presse, sourire en coin, quelques minutes après l'abandon de Stefanos Tsitsipas mardi, Holger Rune a mis en relief un paradoxe qui pourrait bien le servir. S'il n'est jamais agréable pour un joueur de tennis de profiter des malheurs d'un autre, ce deuxième match de poule écourté donne de bien intéressantes perspectives au Danois. Pour son premier Masters, il a l'occasion d'aborder son duel décisif pour la qualification pour le dernier carré face à Jannik Sinner et il ne s'en plaindra pas.
Chez lui, l'ambition est innée et son tennis ces dernières semaines lui redonne le droit d'en nourrir davantage. Sa blessure au dos derrière lui, il a tourné la page de mois de doutes grâce à quelques victoires arrachées à Bâle puis au Rolex Paris Masters. Et la confiance naturelle qu'il a en lui a grandi à vitesse grand V, lui permettant de chatouiller Novak Djokovic à deux reprises en dix jours, le Serbe à chaque fois vainqueur en trois sets en quart de finale à Bercy, puis lors du premier match de poules à Turin. A le voir quitter le court du Pala Alpitour déçu comme tout dimanche dernier, aucun doute : Rune s'imagine toujours gagnant, même contre le numéro 1 des numéros 1 de l'Histoire du jeu.
Pour retrouver cette hargne qui l'avait un peu abandonné ces derniers temps, il a pu compter sur un homme, son nouveau coach Boris Becker. Ce dernier se reconnaît dans le jeune Danois, comme s'il savait instinctivement sur quelles ficelles tirer psychologiquement. "Holger, j'aime son agressivité. J'étais un joueur agressif moi-même, a-t-il d'ailleurs expliqué récemment dans L'Equipe Magazine. J'aime aussi sa façon de s'exprimer sur le court, c'est un vrai combattant, une tête brûlée. Il tente l'impossible parfois. Et puis, il y a sa passion viscérale du jeu. Personne n'a besoin de le prier de s'entraîner. C'est plus facile pour un coach. Pour être très bon, il faut aussi être un peu fou, vous savez."
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La douleur était trop forte : les images de l'abandon de Tsitsipas face à Rune
Video credit: Eurosport
Difficile en effet de douter de l'implication de l'Allemand, six fois titré en Grand Chelem du temps de sa splendeur. En tribune, il cherche constamment le regard de son nouveau poulain, allant même jusqu'à se lever régulièrement, comme pour vivre le match avec lui.
"C'est peut-être pour mieux faire circuler le sang dans ses jambes, vous savez, s'est d'ailleurs marré Rune devant les journalistes. Non, je pense jusque que quand il veut coacher, il se lève naturellement. Il peut mieux exprimer ce qu'il veut dire comme ça. Je pense que c'est la raison, je ne lui ai pas demandé. Quand je travaillais avec Patrick (Mouratoglou, NDLR), il le faisait aussi beaucoup. Je pense que c'est juste une question de personnalité, c'est une question de caractère, certains le font, d'autres pas. Mais j'aime la façon dont ma 'box' se comporte."
Cette énergie communicative a indéniablement eu un rôle clef dans le redressement récent de Rune. Comme si avant même l'intersaison et une pause régénératrice, le jeune Danois avait retrouvé l'inspiration. Physiquement, il a certes encore du mal à tenir la distance et Djokovic en a parfaitement profité. Mais mentalement, il semble à nouveau frais, comme l'atteste sa capacité à rester dans le combat avec le patron du circuit malgré la perte de la première manche à Bercy comme à Turin. Il avait d'ailleurs hâte de se frotter de nouveau au Serbe après avoir laissé sa couronne au Rolex Paris Masters.
Une énergie communicative et une obsession partagée de la gagne
"J'adore cette association, parce que Holger se sent comme une star du jeu et il a besoin d'avoir quelqu'un à ses côtés qui lui donne l'impression de savoir ce qu'il ressent, observe notre consultant et ancien champion espagnol Alex Corretja. Et Boris Becker se sent pareil, c'est sûr. C'était une superstar et il l'est toujours. Quand Holger parle de ses attentes, c'est-à-dire de gagner des Majeurs ou de devenir numéro 1 mondial à Boris qui l'a été et qui a déjà été aussi un immense coach, c'est un atout. Il le comprend et il ne va pas le considérer comme quelqu'un de prétentieux ou d'arrogant."
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Et à la fin, c'est encore Djokovic qui gagne
Video credit: Eurosport
Entre champions volcaniques, on se comprend. Et ce même si "Boum Boum" le joueur n'avait pas les mêmes qualités tennistiques que son nouveau protégé. Avec son énorme première balle et son attrait pour le service-volée, difficile de voir des points communs avec Rune et sa science tactique du fond de court. Mais ce qui intéresse Becker, ce n'est pas forcément de révolutionner le jeu de sa pépite, mais de polir ce caractère ambitieux qui lui est si familier.
"Je sais comment gagner. Ma stratégie se résume à trouver le moyen qui amènera mon joueur à la victoire. Si cela implique de longs échanges de fond de court, comme avec Novak Djokovic, ce sera des échanges de fond de court. Si cela implique de venir au filet, alors on ira au filet. Peu importe comment on joue tant qu'on joue pour gagner. Voilà mon état d'esprit, et les joueurs l'apprécient. Je ne me satisfais jamais d'une place en finale. Je ne me satisfais jamais d'une place de numéro 2. Les joueurs voient en moi cette ambition et cette énergie", confiait encore l'Allemand à L'Equipe Magazine.
Et cela tombe bien, car face à Jannik Sinner et un public italien en furie, il en faudra du caractère et de l'énergie jeudi soir. A Monte-Carlo, contre le même adversaire déjà bien épaulé par ses fans, Rune avait trouvé la réponse. Vainqueur en Masters 1000 et tombeur du roi "Nole", Sinner a depuis pris une autre dimension, mais le Danois a aussi un atout-maître dans sa manche. "A chaque entraînement, il a Boris Becker qui lui dit des choses qui sont nouvelles pour lui, insiste Corretja. Et ça pourrait bien lui donner une sensation de puissance en plus. Il ne faut pas sous-estimer Holger, il n'a peur de rien."
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