ATP 250 Moselle Open - Du bouquet final au pétard mouillé : Pour sa der, Metz méritait mieux
Par Laurent Vergne
Publié 05/11/2025 à 11:41 GMT+1
L'ambiance n'était déjà pas tout à fait à la fête aux Arènes de Metz, alors que le Moselle Open vit sa 22e et dernière édition avant de disparaître l'an prochain du calendrier ATP. Mais pour son ultime rendez-vous avec le haut niveau, le 250 lorrain a été maltraité par la malchance, entre forfaits en cascade et faillite des derniers ténors tricolores. Metz espérait autre chose.
Les Arenes de Metz
Crédit: Getty Images
Triste der aux Arènes de Metz. Les adieux ont rarement le goût de l'allégresse, mais avant de tirer sa révérence et de disparaître du calendrier ATP après 22 ans de bons et loyaux services au tennis, le Moselle Open espérait au moins pouvoir tirer un feu d'artifice avec un beau bouquet final. Celui que le public lorrain et le patron du tournoi et enfant du cru, Julien Boutter, méritaient. Pour l'heure, tout ça s'apparente malheureusement davantage à un pétard mouillé. Une succession d'infortunes qui, depuis plusieurs semaines, ont fini de plomber l'ambiance.
C'était pourtant bien parti. Initialement, le tableau avait gentiment de la "gueule", avec toutes les têtes de série membres du Top 30. A contrario, Athènes, l'autre 250 de cette dernière semaine avant les ATP Finals, propose un ensemble nettement moins dense. La présence de Novak Djokovic et Lorenzo Musetti donnent une apparence clinquante à la vitrine si on ne regarde pas à l'intérieur du magasin grec, mais derrière, le tableau ne faisait pas rêver.
Mais à Metz, tout est parti en cacahuète au fil des jours. Il y a d'abord eu les forfaits de Ugo Humbert et Benjamin Bonzi. Le premier, né à Metz, est la "star" locale. Il se faisait une joie d'honorer "son" tournoi de sa présence pour son ultime édition. Cela promettait, d'autant que le gaucher, titré à la maison en 2023, retrouvait quelques couleurs en indoor en cette fin de saison, avec une finale à Stockholm et une demie à Bâle. Mais le retour de sa blessure au dos l'a contraint à renoncer au Masters 1000 à Paris et, dans la foulée, à Metz. Bonzi, lui, n'était autre que le tenant du titre.
Auger-Aliassime, la tuile
Malgré tout, Julien Boutter pouvait encore espérer attirer du beau linge, y compris en dernière minute. De par sa position dans le calendrier, coincé entre le dernier Masters 1000 de l'année et le Masters tout court, Metz se trouve au carrefour de la fatigue et des ambitions de l'automne, à savoir la course aux derniers tickets pour Turin. Le patron du Moselle Open a ainsi dû vivre fébrilement la semaine précédente, celle du Rolex Paris Masters où, en fonction des résultats, il pouvait, au choix, tirer le gros lot ou se retrouver avec une "entry list" bien dénudée.
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Video credit: Eurosport
Vendredi, le temps était encore aux espoirs. Félix Auger-Aliassime tête de série numéro un et Alexander Bublik, l'autre tête d'affiche, étaient encore en lice à La Défense et pour la huitième place turinoise. Mieux, Daniil Medvedev, lui aussi toujours en jeu, était venu se mêler à la fête en demandant une wild-card pour Metz, histoire de jouer le coup jusqu'au bout. Mais en s'inclinant contre Alexander Zverev vendredi soir à Paris en quarts de finale, le Russe n'avait plus aucune chance ni aucun intérêt à s'éterniser à Metz. S'il y est venu, c'est juste pour entériner son forfait pour faire constater sa "blessure". C'est rude, mais c'est le jeu, et Julien Boutter savait le pari Medvedev très hypothétique.
Mais le coup le plus rude a été porté par Félix Auger-Aliassime. En remportant le Rolex Paris Masters, le Canadien aurait été officiellement qualifié pour le Masters. Sa défaite en finale contre Jannik Sinner a donc dû constituer un gros ouf de soulagement pour les dirigeants du Moselle Open, dont F2A avait encore besoin pour valider son billet direction le Piémont et ne pas se retrouver sous la menace de Lorenzo Musetti. Mais dimanche soir, discrètement, le Québécois a glissé à quelques journalistes français dans les entrailles de La Défense Arena qu'il n'irait pas à Metz, pour privilégier sa santé.
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Video credit: Eurosport
Bublik, le sauveur ?
Résultat, cette édition d'adieu a débuté avec un "drôle" de tableau : un lucky loser en haut et un autre en bas en lieu et place des têtes de série 1 et 2, Félix Auger-Aliassime et Daniil Medvedev. L'ADN du Moselle Open ayant toujours reposé en bonne partie sur son contingent français et la faculté de celui-ci à briller dans le rendez-vous automnal (13 titres et 19 des 42 places de finalistes en 21 éditions, tout de même), les espoirs reposaient dès lors largement sur les têtes d'affiche tricolores avec, en petit piment, la lutte pour la place de numéro français en fin de saison entre Arthur Rinderknech et Corentin Moutet. Las, les deux ont perdu mardi. Giovanni Mpetshi Perricard les avait imités la veille.
Alors, que reste-t-il dans le désert lorrain ? Plus grand-chose, mais Alexander Bublik, toujours présent. Il est LA grosse tête d'affiche encore là. Le Masters, c’est fini, mais le Kazakhstanais peut accéder pour la première fois de sa carrière au Top 10 et y passer les fêtes de fin d'année. Pour cela, il lui faut gagner le tournoi. Une source de motivation peut-être suffisante pour oublier la fatigue. Lorenzo Sonego (tombeur de la tête de série numéro 4 Flavio Cobolli), Cameron Norrie, Daniel Altmaier, Learner Tien et Matteo Berrettini sont les autres "grands" noms.
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Alexander Bublik
Crédit: Getty Images
Il y a aussi une poignée de Bleus, pas les plus connus ni les plus attendus. En huitièmes de finale, il y a même ce mercredi une curieuse affiche entre Kyrian Jacquet et Dan Added, deux lucky losers français. L'un des deux sera propulsé en quarts. Une opportunité formidable pour eux. Souhaitons donc à Julien Boutter et ses équipes une aventure peu commune à la Vacherot dans les quatre derniers jours de la vie du Moelle Open, ou une poignée de matches mémorables. Le tournoi le mérite, pour ses deux décennies d'histoire. Qu'il soit épargné un peu par cette poisse tenace qui lui colle à la raquette en cet automne 2025.
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