ATP 250 Montpellier - Arthur Fils, le grand retour : "Dans la tête, tennistiquement et physiquement, ça va"
Par Laurent Vergne
Mis à jour 03/02/2026 à 18:25 GMT+1
Arthur Fils veut tourner la douloureuse page de 2025. Contraint au repos forcé pendant des mois à cause d'une fracture de fatigue au dos, le jeune Français effectue sa grande rentrée mardi à Montpellier, contre Valentin Royer. Il se dit guéri, enthousiaste, motivé et toujours ambitieux. Même s'il lui faudra sans doute encore un peu de temps pour retrouver son meilleur niveau.
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"Ça fait longtemps…" En arrivant devant la presse dimanche après-midi à Montpellier, à l'avant-veille de son grand retour sur le circuit, Arthur Fils redécouvre les routines inhérentes à son métier. Tout ça lui avait manqué. "Je suis content d'être ici, ça fait pas mal de temps que je n'ai pas joué en tournoi, ça doit faire huit mois, ça fait vraiment plaisir d'être de retour sur le circuit, ça fait un bon bout de temps", constate le Français, dont la carrière s'est mise sur pause l'an dernier.
Il n'a joué que deux petits matches en huit mois, depuis que son dos a allumé les "warnings" en rouge dans tous les sens. En dehors d'un retour aussi bref que précipité à Toronto cet été, il n'a plus été vu sur les courts. "Tout va bien, assure-t-il aujourd'hui, ça a été un long processus. Maintenant, je suis de retour, ça veut dire que tous les signaux sont au vert. Dans la tête ça va, tennistiquement ça va, physiquement ça va."
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L'apprentissage de la patience
Mardi, ce sera donc l'heure du grand retour. Pour de bon, l'espère-t-il. Il affrontera pour la reprise un autre Tricolore, Valentin Royer, au premier tour de l'Open Occitanie à Montpellier. Il avait rêve d'un comeback au moment du Rolex Paris Masters, fin octobre. Une utopie. "Si on enlève Roland, ça a été le moment le plus dur de renoncer à Bercy (sic), confie le Francilien, parce que je voulais vraiment être de retour pour Bâle et Bercy, donc c'était un peu compliqué mais malheureusement on n'a pas le choix, il fallait être patient et bien s'occuper de mon corps. Si j'avais joué Bercy, je ne serais pas en état de jouer maintenant."
La patience, il a dû faire avec. Comme en ce début d'année, à nouveau. On l'avait espéré un temps à l'Open d'Australie en janvier, mais Fils a considéré avec son staff que c'était trop tôt et trop risqué. "Je n'aurais pas pu reprendre là-bas, juge-t-il. On a fait le meilleur choix avec l'équipe, on a décidé d'être patient d'attendre encore un peu, de bien se préparer pour pouvoir être apte à jouer ici à Montpellier, puis aussi le reste de la saison. Le but, ce n'était pas de faire une one shot, boum, je reprends en Australie, je montre à tout le monde que je peux jouer mais au final j'en reprends pour 5-6 mois après. On a fait le meilleur choix, j'en suis convaincu."
Arthur Fils a des repères à retrouver, une confiance à reconstruire, des sensations à récupérer. Difficile d'estimer précisément la durée de ce processus, mais il ne nourrit en tout cas aucune peur à l'heure de la reprise. "Il y a beaucoup d'envie, beaucoup de joie, beaucoup de bonheur, je suis assez excité de reprendre sur un central avec beaucoup de public, dit-il. C'est sûr que ça fait longtemps, mais je n'ai pas vraiment d'appréhension. Ça fait trois mois que j'ai repris le tennis à fond, il n'y a pas de souci, donc je suis juste excité à l'idée de reprendre."
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"C’est limite une deuxième carrière qui va commencer pour Fils"
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Nouveau service, nouveaux déplacements
En a-t-il pour de bon fini avec ses problèmes de dos, une zone particulièrement difficile à traiter sur la durée ? "Je l'espère, avance-t-il entre confiance et prudence. On a vraiment fait du bon boulot après, je ne peux pas voir dans le futur, je ne suis pas devin et je ne peux pas dire que je n'aurai plus jamais mal au dos pendant 15 ans de carrière. Si je dis ça, c'est sûr, je mentirai. Peut-être qu'un jour, je ressentirai quelques petites douleurs, peut-être que non, mais au moins, je sais ce que c'est, et il n'y a pas de souci pour le gérer."
Le Fils nouveau est arrivé. Vous le reconnaitrez, mais vous observerez certains changements, y compris de prime abord : sa silhouette s'est allégée. "Des kilos, j'en ai perdu. J'ai dû en perdre 6-7 depuis Roland", précise-t-il. Dans un seul but, celui de protéger son dos. Idem pour les changements apportés à son jeu. "Ce qui a changé ? Il y a deux-trois changements, au niveau du service, on a essayé de faire un peu attention, au niveau du déplacement aussi. Je me déplace de la même manière depuis 15 ans, il fallait un peu modifier ça. C'est pour ça qu'on a passé trois mois à vraiment, vraiment s'entraîner très dur là-dessus."
Retombé au-delà de la 40e place (il est 42e ce lundi), et avec pas mal de points à défendre d'ici la fin du printemps, Arthur Fils pourrait traverser une zone de turbulences ces prochaines semaines. Mais l'essentiel est ailleurs. Il est de retour et à seulement 21 ans, il a encore tout le temps de rattraper celui qui a été perdu ces derniers mois. Surtout, il n'a pas perdu l'ambition. "J'ai des objectifs très précis, dont j'ai parlé avec l'équipe, des objectifs personnels qui resteront entre moi et l'équipe, assure-t-il. Le but, c'est de revenir sur le terrain en forme et en bonne santé et de le rester tout au long de l'année. Essayer de repartir de l'avant et de regagner des titres."
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