ATP Toronto - Sinner, Alcaraz et Djokovic absents : Parent pauvre des Masters 1000, le Canada file un mauvais coton

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Avec sa finale en pleine semaine, un jeudi, et l'absence de Sinner, Alcaraz, Djokovic et Draper, le tournoi canadien est doucement en train de devenir le maillot faible dans la galaxie des Masters 1000. À tour de rôle, Toronto et Montréal souffrent de leur position un peu bancale dans le calendrier. Mais les solutions ne seront pas simples à trouver.

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Toronto, morne plaine ? Numéro 1 mondial ? Absent. Numéro 2 ? Absent. Numéro 3 ? Idem. Le tiercé majeur du tennis mondial a décidé de ne pas effectuer le voyage jusqu'au Canada. Pas plus que Jack Draper, le numéro 5. Dans le Top 5, seul Alexander Zverev a fait l'effort. Tous les autres éprouvent le besoin de souffler au cœur de l'été. Le 6e Masters 1000 de la saison pâtit clairement de sa place dans le calendrier. Après un printemps surchargé et l'enchainement Roland-Garros – Wimbledon, les deux Grands Chelems les plus rapprochés, c'est LE gros rendez-vous le plus simple et le plus logique à mettre de côté. Les ténors ne se gênent pas.
Wimbledon est encore trop près et l'US Open encore suffisamment loin. Derrière, il y aura encore éventuellement Cincinnati pour se régler avant de mettre le cap sur Flushing Meadows. Alors, pourquoi se priver ? Jannik Sinner, Carlos Alcaraz, Novak Djokovic et Jack Draper seront donc absents et, même si les autres sont là, compte tenu de ce que pèsent les trois premiers nommés, ce vide béant ne passe pas inaperçu. Tous ont invoqué une blessure : le coude droit pour l'Italien, des "petits problèmes musculaires" pour l'Espagnol, l'aine pour le Serbe, le bras gauche pour le Britannique.
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La rupture du Covid

Toutefois, personne n'est réellement dupe. La blessure, c'est pour la forme de l'annonce. Chacun a compris et personne ne cache réellement. Quand Alcaraz, annonçant son absence, dit : "J'ai de petits problèmes musculaires et j'ai besoin de récupérer physiquement et mentalement pour la suite", la seconde partie de la phrase est autrement plus importante que la première dans sa décision. Jack Draper le confirme, il n'a "rien de sérieux", mais avoue avoir besoin "d'être sûr de bien récupérer pour le reste de la saison." Il ne sera d'ailleurs pas davantage présent à Cincinnati.
Le problème n'est pas nouveau. Le Masters 1000 canadien, basé en alternance à Montréal et Toronto, souffre depuis plusieurs années d'un plateau, sinon anémique, au moins diminué. Une césure claire et nette est apparue avec le Covid-19. Le palmarès en témoigne. De 2004 à 2019, le Big Four (Federer, Nadal, Djokovic et Murray) a trusté 14 éditions sur 16. Les deux qui lui ont échappé ont été glanés par Jo-Wilfried Tsonga (vainqueur de Djokovic, Murray et Federer en finale) et Alexander Zverev, lui aussi tombeur du Suisse. Annulé en 2020 en raison de la pandémie, le tournoi a du mal à rebondir depuis.
En ajoutant une semaine à la saison sur herbe en 2017, l'ATP a également repoussé la fin de Wimbledon (aujourd'hui davantage autour de la mi-juillet) et raccourci le temps de récupération entre la fin du vénérable Majeur londonien et le coup d'envoi de la tournée nord-américaine sur dur. Le Canada en souffre directement. Conséquence, un plateau plus allégé. Il en va de même en fin de tournoi. Lors des quatre derniers duels pour le titre, une grosse moitié de novices en finale de Masters 1000 et des affiches qui, globalement, manquaient un peu de coffre :
2021 : Medvedev – Opelka
2022 : Carreno Busta – Hurkacz
2023 : Sinner – De Minaur
2024 : Popyrin – Rublev
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Popyrin, la surprise jusqu'au bout

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Opportunité à saisir

Récemment, un autre facteur n'a guère arrangé les choses : le passage d'une semaine à 12 jours pour les Masters 1000. Le calendrier surchargé galope sur 11 mois et si l'élargissement temporel des Masters 1000 a pu donner l'impression de laisser souffler les joueurs en leur octroyant le plus souvent un jour de repos entre deux tours, il les maintient globalement davantage sous pression, sur deux semaines au lieu d'une. Pas sûr, in fine, que le corps et l'esprit y aient gagné. Ce que nous disent Sinner, Alcaraz, Djokovic ou Draper, c'est qu'ils ont besoin de couper après une période aussi intense et dense. Pas de venir pour jouer plus longtemps, même si le nombre de matches demeure identique.
S'il milite toujours pour le format sur 12 jours, Karl Hale, le patron du "National Bank Open" ne peut ignorer l'impact de ces absences répétées sur son tournoi. "Nous allons en parler avec l'ATP, a-t-il assuré cette semaine. Je pense simplement que 12 jours, c'est plus long, meilleur pour le tournoi, pour les fans, avec plus de retransmissions… plus de jeunes qui regardent et participent au tennis. Je pense donc que c'est mieux pour le tennis au Canada." Mais ce sera sans les meilleurs joueurs du monde avec, en prime, cette finale calée au jeudi, autre innovation à laquelle personne ne comprend vraiment quoi que ce soit.
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"Il n'y a même pas eu besoin d'un immense Sinner pour venir à bout de cet Alcaraz-là"

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Reste un bon côté à cette fuite estivale des cerveaux : il y a des opportunités à saisir, des destins à écrire et parfois des carrières à changer. Ces trois dernières années ont permis à trois joueurs différents d'ouvrir leur palmarès dans un rendez-vous de cette envergure. En 2023, ce fut même un déclic capital pour un certain Jannik Sinner. On l'a presque oublié mais il peinait alors à franchir un cap. "Gagner ce titre à Toronto il y a deux ans a été le début de quelque chose de vraiment très spécial pour moi", concède aujourd'hui encore celui qui, depuis, a décroché quatre couronnes en Grand Chelem.
Mais un tournoi qui se veut de première importance, et telle doit être la raison d'être de n'importe quel Masters 1000, ne peut continuer à vivre durablement sans les principales figures du circuit. Or, dans ce calendrier déjà concocté à flux ultra-tendu, on a du mal à voir quelles pourraient être les solutions, au moins à court terme. En attendant, chacun a ses (bonnes) raisons et, en toute honnêteté, pas sûr que ces absents aient complètement tort de penser à eux à ce stade de la saison.
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