Masters de Toronto - Arthur Fils, un plaisir à retrouver, un corps à dompter
Par Glenn Ceillier
Publié 29/07/2025 à 23:20 GMT+2
Stoppé dans son élan à Roland-Garros, Arthur Fils renoue avec la compétition cette semaine lors de l'Open du Canada. Le numéro 1 français a rongé son frein pendant huit semaines. Et s'il savoure son retour sur le circuit, il sait aussi qu'il doit y aller progressivement malgré ses ambitions. Histoire de ménager son corps.
Arthur Fils
Crédit: Getty Images
On l'a laissé sur une énorme frustration. Contraint de quitter Roland-Garros sur blessure et une fracture de fatigue au dos. Arthur Fils avait alors vu ses rêves d'enflammer la Porte d'Auteuil s'envoler avant son troisième tour, après avoir conclu dans la souffrance un succès en cinq sets contre Jaume Munar. Deux mois plus tard, le revoilà. Avec envie. Et de nombreux défis à relever. "Ça fait du bien d'être de retour. (…) Ça m'a manqué. Deux mois, c'est assez long", a reconnu samedi dans L'Equipe celui qui est monté au 14 rang mondial en avril dernier.
Stoppé net dans son élan, Arthur Fils a pu se ressourcer. Profiter un peu de sa famille et de ses amis. Et se soigner surtout alors qu'il avait expliqué vouloir se donner du temps pour revenir à 100%. "J'ai fait deux semaines off, puis quatre semaines de physique. Je n'ai repris le tennis que depuis dix jours, donc ça ne fait pas beaucoup", a-t-il raconté. Mais il se délecte de retrouver son quotidien sur le circuit. "Ça fait plaisir d'être de retour, ça fait du bien de revoir les copains, des têtes familiales", a encore confié le natif de Courcouronnes.
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L'étrange cas Tsitsipas
Video credit: Eurosport
Reprendre le fil de son année 2025
Après huit semaines de pause, le bonheur de redevenir un joueur à part entière est une première étape. La suivante ? Renouer avec ses ambitions bien sûr. Car avant ce coup d'arrêt brutal à Paris, Fils avait débloqué certains verrous et non de moindres. Trois fois quart de finaliste en Masters 1000 – un stade qu'il n'avait encore jamais atteint avant cette année -, il a aussi imposé sa loi contre quelques sérieux clients. 112e en 2023, 38e en mai 2024 et 14e en mai 2025, son évolution a ainsi été aussi spectaculaire qu'intrigante.
Alors, il n'est pas question de s'arrêter en si bon chemin évidemment. Malgré sa blessure, l'idée est bien de reprendre sa marche en avant pour passer de nouveaux caps. Notamment en Grand Chelem, où il n'a encore jamais joué le moindre quart de finale. Et à quelques semaines de l'US Open – le dernier Majeur de l'année alors qu'il a manqué Wimbledon -, son retour tombe à pic. Entre Toronto, Cincinnati et Winston-Salem, il va avoir l'occasion de retrouver ses sensations. "C'est vraiment un tournoi de préparation, afin de rejouer des matches, retrouver la compétition, le niveau de jeu et l'adrénaline", glisse-t-il au sujet de l'Open du Canada.
Il est mesuré, Arthur Fils. Désireux de ne pas griller les étapes. Car à 21 ans, le numéro 1 français sait aussi que son principal défi actuellement ne va pas forcément se jouer à la force de son poignet. Si on parle d'un vrai athlète, le natif de l'Essonne a en effet vu son corps le lâcher trop souvent lors des derniers grands rendez-vous entre ses deux forfaits à l'Open d'Australie (ndlr : abandon au 3e tour contre Ugo Humbert en raison de son pied gauche) et à Roland. Et cette blessure au dos a réveillé de vieux démons.
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Arthur Fils.
Crédit: Getty Images
Les blessures font partie de la vie
Alors qu'il a reconnu avoir des soucis au dos "depuis tout jeune", Arthur Fils sait ainsi qu'un des critères clefs de la suite de sa carrière sera aussi une question de physique. Et il est en pleinement conscient malgré son jeune âge. "Je ne pense pas avoir le physique que je vais avoir quand j'aurai 25 ans, avait-il expliqué au lendemain de son forfait à Roland. J'ai beaucoup, beaucoup d'entraînements encore à faire pour mieux gérer plein de choses, les matches dans la durée, les tournois qui sont de plus en plus longs, les matches de plus en plus intensifs. On bosse là-dessus. Il faut toujours que je progresse au niveau physique." "Tout est une question de physique pour lui. Si le physique est là, il obtiendra d'excellents résultats grâce à son état d'esprit", avait appuyé le consultant Eurosport Mats Wilander en juin.
En attendant, le leader du tennis tricolore veut y aller doucement pour ne pas prendre de risque excessif – "c'est une blessure un peu dangereuse et il faudra continuer à faire attention" a-t-il avoué -. "Les blessures font partie de la vie d'un athlète. Je n'ai pas le choix, ça fait partie de ma vie et j'aurai encore d'autres blessures pendant ma carrière, même si j'espère qu'elles ne seront pas trop grosses. Là, on ne s'est pas pressés en ne jouant pas Wimbledon, on était peut-être censés reprendre à Washington mais on a senti que c'était beaucoup trop court. On va voir comment ça va se passer ici", a-t-il prévenu ce weekend.
Philosophe et prudent donc mais ravi aussi : "Je suis vraiment heureux de rejouer, je me sens de mieux en mieux chaque jour. J'ai hâte d'être de retour sur un court, de faire de mon mieux et d'entendre les gens crier mon nom". Un retour qui présente de multiples défis donc pour chasser les frustrations de Roland et d'un corps encore en pleine construction avec ses certaines fragilités agaçantes. Mais Fils est aussi prêt pour cet autre combat.
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