USA, une page se tourne

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Le déclin de l'empire américain est en route. Pour la 1re fois sans représentant dans le Top 10, le tennis US tente de se remettre en questions. De la formation des plus jeunes à la concurrence accrue, les arguments ne manquent pas pour expliquer le problème, mais peu pour trouver des solutions.

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Crédit: Eurosport

Le tennis US est malade. Et pourtant il bat son plein en Amérique du Nord. Entre le Canada et les Etats-Unis, c'est là où il faut être pour voir jouer les meilleurs mondiaux, lors de ces US Open Series, tournois préambules au 4e Grand Chelem de la saison à New York. Hasard du calendrier, c'est à cette période de l'année que les USA voient officiellement leur monde de la balle jaune s'écrouler. En raison du fait suivant : il n'y a plus de joueurs américains dans le Top 10 ATP. Ce classement mondial, mis en place depuis 1972, n'avait jamais vécu pareil événement. Andy Roddick, qui cache comme il peut le désespoir national depuis plusieurs années, est retombé à la 11e place mondiale. Comme en juillet 2006, à une époque où James Blake tenait avec lui le haut du pavé. Et s'il est fort probable qu'il y fera son retour sous peu, force est de constater qu'aujourd'hui, la relève tant attendue des Sampras, Agassi et Chang, dans le Top 10 il y a 15 ans, n'est pas là. Et tarde à venir.
Officieusement, cela fait une quinzaine d'années que la sonnette d'alarme est tirée. Depuis l'inauguration du nouveau court central Arthur Ashe de Flushing Meadows en 1997, les jeunes champions américains ne se bousculent pas au portillon. A l'époque, de Tim Gullikson, alors capitaine US de Coupe Davis, à Brad Gilbert, entraîneur d'Andre Agassi, en passant par Harry Marmion, le président de la Fédération US, tous déploraient une génération pauvre en champions de l'an 2000. Le nom du stade "Arthur-Ashe" n'a pourtant été donné au hasard : celui-ci était censé représenter un sport accessible à tous, comme le militait le champion américain dans les quartiers défavorisés de son pays. Mais le tennis n'est pas le sport qui passionne beaucoup d'Américains, plus absorbés par les performances des basketteurs, hockeyeurs ou footballeurs américains. Mais davantage une activité de "riches" comme en témoigne le luxueux stade de Flushing Meadows qui a coûté 250 millions de dollars.
La formation montrée du doigt
"C'est énorme de se dire il n'y a aucun Américain dans le top 10. Je ne vais certainement pas prendre cela à la légère", a réagi l'actuel capitaine de l'équipe américaine de Coupe Davis Patrick McEnroe. La faute à qui ? A la concurrence dans un premier temps. A côté de Roger Federer et Rafael Nadal qui trustent les titres principaux depuis 6 saisons, il y a peu de places pour les autres ; et Andy Roddick, N.1 mondial après son titre à l'US Open, n'est pas parvenu à bousculer la hiérarchie comme a su le faire Novak Djokovic, aujourd'hui N.2 mondial. En témoignent ses 4 finales majeures perdues face à Federer entre 2004 et 2009 (3 à Wimbledon et 1 à l'US Open). Parmi les joueurs en activité, seuls le Texan et Robby Ginepri ont d'ailleurs atteint le stade des demi-finales en Grand Chelem.
Dans un deuxième temps, la formation fédérale est montrée du doigt, malgré un budget réhaussé pour aider à pousser les graines de champions. Les académies privées aussi, elles plus qui ne "produisent" plus de champions américains comme Andre Agassi, Jim Courrier, Pete Sampras ou les soeurs Williams l'ont été par exemple par Nick Bollettieri en Floride. Les nouvelles jeunes stars en vogue sont plus la Portugaise Michelle Larcher de Brito, l'Allemande Sabine Lisicki ou encore le Japonais Kei Nishikori, plus que Donald Young, supervisé lui aussi un moment dans sa carrière par le magicien Bollettieri. Ce dernier était pourtant le plus jeune champion du monde junior de l'histoire à 16 ans et 5 mois. Cinq ans plus tard, Young se morfond au 104e rang mondial, sans titre, ni même une finale ATP jouée, et une 73e place mondiale comme record en avril 2008. Le problème est sérieux, profond et bel et bien inquiétant.
Qui après Roddick ?
Pour voir le début d'une relève, il faut regarder dans le Top 20. En dessous, quatre quasi-trentenaires Mardy Fish, Taylor Dent et Michael Russell ne font plus rêver personne. Les yeux se tournent désormais vers Sam Querrey, 21e mondial à 22 ans, et John Isner, 19e mondial à 25 ans. Le premier a explosé en 2009 en jouant 5 finales ATP (pour 1 succès). Cette saison, il a inversé la tendance en soulevant 4 trophées en 5 finales, dont un à Los Angeles début août. Le second est passé à postérité en remportant le match le plus long de l'histoire à Wimbledon. Une reconnaissance tardive pour le joueur de 2,06 m qui réalise peu de coups d'éclats depuis sa finale jouée à Washington face à Roddick en 2007 alors qu'il était 416e mondial.
Le journal L'Equipe reprenait justement cette semaine une citation de Knox Bardeen sur le site de Sports Illustrated: "Si Roddick et le reste de nos gars ne sont même pas capables de gagner ces tournois sur dur aux Etats-Unis dont ils nous disent rêver toute la saison, ce n'est même pas la peine d'imaginer qu'ils vont pouvoir grimper à nouveau dans le classement." A Toronto, premier Masters des US Open Series, trois Américains sont engagés : Roddick, Querrey et Russell. Isner et Fish, qui se sont affrontés en finale à Atlanta fin juillet, ne sont pas là. Et pas de chance : Querrey a battu Russell au 1er tour. Andy Roddick, lui, devait affronter au 2e tour celui qui l'a battu à Wimbledon cette année, le Taïwanais Yen-Hsun Lu. Le sort s'acharne quand on apprend mardi soir que, malade, l'Américain a finalement déclaré forfait. Il est temps que l'USTA se mette vraiment au chevet de son tennis.
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