ATP - Bracciali et Starace soupçonnés par la justice d'avoir truqué des matches

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Deux joueurs italiens, Daniele Bracciali et Potito Starace sont soupçonnés par le parquet de Crémone en Italie d'avoir accepté de l'argent pour perdre des matches sur le circuit professionnel. Des révélations qui font grand bruit de l'autre côté des Alpes.

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Daniele Bracciali et Potito Starace sont dans le collimateur de la justice. En cause : de forts soupçons de matches truqués par ces deux Italiens sur le circuit ATP. Le procureur de Crémone, qui enquête sur un réseau organisant cette corruption dans le football mais également dans le tennis, a pris récemment connaissance de conversations via Skype durant lesquelles ces joueurs évoquaient des sommes d'argent allant jusqu'à 50 000 euros.
Bracciali, joueur de 36 ans de double essentiellement, est actuellement classé à la 56e place à l'ATP en double. En 2006, il s'est hissé à la 49e place en solo et a plusieurs fois été convoqué en Coupe Davis. Quant à Starace, il occupe à 33 ans la 150e place du classement du simple messieurs, mais en 2007, il figurait dans le Top 30.
Dans l'une de ces conversations, Bracciali échange avec un comptable qui lui explique comment procéder, à la veille d'un match du tournoi de Newport en juillet 2007. "On peut essayer demain 50 (50 000 euros, ndlr) mais il est important que tu gagnes le premier set, si tu veux la prochaine fois, on essaiera d'obtenir plus", dit cet homme. Ce à quoi le joueur répond: "Il est important que je connaisse mon adversaire, que je puisse lui parler avant le match parce que t'assurer que je vais forcément gagner le premier set sans ça..."
Une autre conversation se déroule en 2011 entre Starace, qui doit disputer la finale du tournoi de Casablanca, et un bookmaker de Pescara. Ils évoquent des "garanties" en contrepartie de la défaite. Que ce soit Bracciali à Newport ou Starace à Casablanca, les deux joueurs ont perdu ces rencontres en question. Ce n'est pas la première fois que les noms de ces joueurs apparaissent dans des affaires de paris sportifs. En janvier 2008, Starace et Bracciali avaient été suspendus respectivement six semaines et trois mois pour avoir parié de petites sommes sur des rencontres disputées par d'autres joueurs qu'eux.
Interrogé à ce sujet par l'agence espagnole EFE en marge du tournoi de Vienne qu'il dispute cette semaine, Feliciano Lopez a reconnu que le tennis connaît un problème très difficile à régler. "C’est très facile pour un joueur professionnel de se laisser convaincre et de gagner de l’argent grâce à ça. Il y a beaucoup de mafias qui sont impliquées et qui appellent les joueurs. Moi ça ne m’est jamais arrivé mais il y a des joueurs qui en ont parlé publiquement et qui ont alerté l’ATP qu’on leur avait proposé de l’argent pour faire exprès de perdre et c’est un fléau pour le sport."
Le président de la Fédération italienne de tennis (FIT), Angelo Binaghi, a déclaré mercredi que l'instance se constituerait partie civile si ces faits "très graves et intolérables" se confirmaient, en raison de "l'atteinte portée à l'image du tennis italien". "Ce qui me paraît bien c’est que depuis quelques années, on lutte beaucoup plus contre ce problème et l’ATP est très impliquée dans ce combat, précise Lopez. Mais même dans ces conditions, il y en a encore beaucoup qui continuent à le faire. Je ne veux pas accuser Bracciali ou Starace, je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Mais je pense qu’il faut lutter de façon différente et plus exhaustive parce que finalement je constate qu’il reste très facile pour certains joueurs de parier.Surtout contre eux-mêmes."
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