Auger-Aliassime : "J'ai retrouvé le plaisir de faire des choses simples en famille"

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Le déconfinement approche pour Félix Auger-Aliassime. Après avoir passé plusieurs semaines en famille à Montréal, le jeune Canadien, avec qui nous avons pu échanger cette semaine, devrait rentrer à Monaco après le 11 mai. Il explore différentes pistes pour reprendre contact avec le jeu. Mais il a plutôt bien vécu cette drôle de période.

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Félix Auger-Aliassime attend. Comme tout le monde. Rentré à Montréal au début du mois de mars après la première salve d'annulations de tournois, à commencer par Indian Wells, le jeune Canadien prend depuis son mal en patience tout en essayant de conserver la forme. Sans sa petite amie, loin de ses amis et surtout de son métier, il a, comme toujours, préféré voir le bon côté des choses.
"J'ai toujours la philosophie d'être très positif dans chaque situation, a-t-il confié mercredi lors d'une discussion avec quelques journalistes. Pour moi, le positif, c'est le temps que je peux passer avec ma famille. Toute l'année, je la vois peu, là j'ai eu la chance de passer les dernières semaines avec eux, je profite du temps passé avec mes proches."
Il retrouve même les petits plaisirs de l'enfance auxquels il ne goûte plus depuis qu'il s'est lancé à fond dans le tennis : "J'ai retrouvé le plaisir de faire des choses simples en famille. Comme souper, avoir des longues conversations, des jeux de société, la pratique du piano avec ma mère, tout ce que tu n'as pas vraiment le temps de faire pendant la saison ou les veilles de match. Ça peut avoir l'air très bénin, mais pour moi ça fait toute la différence."

Du physique dans son jardin

Voilà pour le côté personnel, tout sauf négligeable quand le reste est à l'arrêt. Car comme tous les joueurs de tennis, Félix Auger-Aliassime ignore quand il pourra reprendre le travail. "On entend parler de saison blanche, c'est dur à dire, il y a des rumeurs, des hypothèses mais c'est compliqué d'avoir une opinion claire et concrète sur le futur de la saison, avance-t-il prudemment. J'espère qu'on pourra rejouer mais je n'ai pas d'avis là-dessus. J'attends de voir. Mais l'incertitude, c'est la partie la plus difficile à gérer."
En attendant, il travaille ce qu'il peut, à savoir le physique. Et un peu comme le partage familial, cette période lui donne du temps. "On a gardé le contact avec mon équipe pour être sûr que je restais bien en forme, explique-t-il. On se plaint souvent, nous, joueurs de tennis, que nous n'avons pas le temps de travailler parce qu'on joue tout le temps. Là, j'ai fait beaucoup de physique, dans mon jardin. Je fais du renforcement musculaire. Dans les semaines à venir, ce sera des charges moins lourdes, pour travailler sur l'explosivité tout en gardant une base d'aérobie importante pour un joueur de tennis faut revenir aux bases." Après, le tennis attendra, lui...
Mais avec le début du déconfinement progressif qui se profile en Europe, Félix Auger-Aliassime espère pouvoir reprendre le contact avec le terrain. Dès le 11 mai, le Québécois a ainsi prévu de retourner chez lui, à Monaco. "Frédéric Fontang, mon entraîneur, est dans le sud-ouest, précise-t-il. Il pourra éventuellement me rejoindre si les règles le permettent, ça me permettrait de mieux travailler. Nicolas Peyrotte, mon entraineur physique, pourrait rentrer en France avec moi. Ce sont des possibilités." Et cela lui faciliterait les choses.

Reprise chez Mouratoglou ?

Reste le retour au jeu en lui-même. A défaut de tournois classiques, Auger-Aliassime explore toutes les pistes possibles. Il a reçu notamment une invitation de la part de Patrick Mouratoglou, qui lancera dès la mi-mai une nouvelle compétition à huis clos dans son Académie, l'Ultimate Tennis Showdown. David Goffin, Fabio Fognini, Benoît Paire et Alexei Popyrin ont déjà annoncé leur présence. Félix, lui, réfléchit encore : "Je vais voir les différentes options qui s'offrent à moi. C'est une des compétitions qui est sur la liste des 'tournois' envisageables dans les semaines à venir."
S'il hésite, c'est peut-être parce que ce rendez-vous arrivera très vite après son retour en Europe. "C'est sûr qu'il faudra recommencer graduellement, sans se brûler, juge FAA. Il faudra faire attention lors de la reprise, mais sur des compétitions comme celle de Mouratoglou, ce ne sont pas des tournois normaux non plus où tu joues des matches tous les jours."
Il pèse donc le pour et le contre mais sa priorité, en mai, sera déjà de retrouver des conditions d'entraînement plus proches de la normale. "Je vais essayer de bien structurer ça par phases, décrypte-t-il. A l'intersaison, quand on a un mois, on fait une semaine technique, une de tactique. Là, on fera peut-être trois semaines de technique. Faire du panier, des gammes, puis on fera un peu plus de points, repartir sur les bases du tennis." Dans cette drôle de période, un mot-clé pour lui : patience. Pas simple, quand on a 19 ans...
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