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Bartoli, l'amour est dans le pré

Bartoli, l'amour est dans le pré

Le 04/07/2013 à 22:48Mis à jour

L’HISTOIRE DU JOUR

Marion Bartoli marque l'histoire à sa manière. Non contente d'avoir disputé la finale de Wimbledon en 2007, la voici qui devient la première à la jouer deux fois depuis Suzanne Lenglen dans les années 20. Pour une performance, c'en est une très belle avant même de parler de victoire finale. Amélie Mauresmo et Mary Pierce, les deux joueuses-référence françaises de l'ère Open avec deux titres majeurs au compteur, ne peuvent pas en dire autant malgré un palmarès bien plus impressionnant que l'actuelle N.1 française.

Mais Marion Bartoli et Wimbledon, c'est comme une histoire d'amour. Comme lorsque la passion vous tombe dessus sans crier gare. En 2007, il était déjà très difficile de prédire son parcours qui allait l'amener jusqu'en finale en battant la N.1 mondiale d'alors. Mais six ans plus tard, après tant de déboires rencontrés, c'était complètement impossible. D'autant plus qu'entre ces deux dates, elle n’a pas vraiment été à la fête à Wimbledon. Cette année, le Grand Chelem londonien avait, semble-t-il, prémédité son coup, lui qui n'a mis aucune joueuse du Top 10 sur sa route du premier tour jusqu'en finale. Si ça, ce n'est pas de l'amour...




Que pourra faire Sabine Lisicki en finale face à cela? Elle ne tiendra pas la chandelle, c'est sûr. L'Allemande a des arguments de poids à faire valoir dans sa propre déclaration d'amour à ce tournoi qu'elle vénère par dessus tout. Elle a été la plus impressionnante de la quinzaine dans son rôle d'outsider en battant la vainqueur (Serena Williams) et la finaliste de l'an passé (Agnieszka Radwanska). Elle reste même sur trois victoires de suite face à la Française, la dernière en quarts de finale de Wimbledon en 2011. La retrouver en finale, c'est aussi une magnifique aubaine pour cette jeune joueuse qui rêve de prendre le relais de Steffi Graf, dernière vainqueur allemande en Grand Chelem à Roland-Garros en 1999.

Dans ce bal de soupirantes, il y aura forcément une déçue. Emportée par la fougue de ce tournoi, qui restera comme l'un des plus fous de ces dernières années, Bartoli se sent pousser maintenant des ailes. Elle rallie même les gens autour de sa personne, elle à qui on a refusé l'accès aux Jeux olympiques sur ce même gazon l'an passé pour ne pas avoir joué en Fed Cup avec l'équipe de France. Séparés de force, Bartoli et Wimbledon ont scellé leurs retrouvailles par un feu d'artifices de toute beauté. Qu'est-ce que ce sera si elle accouche de son premier titre majeur samedi ?

L'HUMEUR DU JOUR

On a eu droit à deux fins de match complètement opposées sur le central ce jeudi. Un premier match expéditif qui a fini par une chaude accolade entre Bartoli et Flipkens. Et un second beaucoup plus disputé avec un serrage de mains assez froid à la clé entre Lisicki et Radwanska, déçue d'avoir manqué l'occasion de jouer une deuxième finale de suite à Londres. Elle n'était pas contente du tout, la Polonaise. Une image un peu décevante, même si cela peut être compréhensible vu l'enjeu du match. Un peu plus de fair-play aurait ponctué de plus belle manière leur joute magnifique qui s'est terminée à 9-7 dans le dernier set.

JUSTE POUR SAVOIR




Faut-il s'attendre à une finale surprise aussi du côté des hommes ?

Marion Bartoli sera-t-elle reconnue à sa juste valeur après ce Wimbledon ?

Agnieszka Radwanska n'a-t-elle manqué une chance inouie de remporter son premier titre majeur ?

QUELQUES STATS A RETENIR

6. Il faut remonter à 2007 pour retrouver une finale de Wimbledon sans joueuse de Top 10 : c’était entre Venus Williams (31e) et Marion Bartoli (19e).

7. Soit le rang mondial de Marion Bartoli si elle remporte la finale samedi, ce qui égalerait son meilleur classement atteint en 2012. Elle sera huitième mondiale si elle perd.

12. Marion Bartoli jouera la douzième finale de Grand Chelem d'une Française depuis le début de l'ère Open et la quatrième à Londres. Mary Pierce en a joué six avec deux titres à la clé (Open d'Australie 1995 et Roland-Garros 2000), Amélie Mauresmo en a joué trois pour deux victoires (Open d'Australie et Wimbledon 2006). Et avant Marion Bartoli en 2007 et 2013, Nathalie Tauziat a été finaliste à Wimbledon en 1998, battue par Jana Novotna.

14. Steffi Graf était la dernière joueuse allemande en finale de Grand Chelem. C’était il y a 14 ans, à Wimbledon. L’Allemande s’était inclinée face à Lindsay Davenport (6-4, 7-5).

17. Soit le classement le plus élevé de la joueuse qu’aura rencontrée Marion Bartoli du premier au dernier tour de Wimbledon 2013, Sloane Stephens. Mise à part l'Américaine, Bartoli a affronté une autre joueuse du Top 20, Kirsten Flipkens (20e), mais aucune du Top 10 actuel.

42. Samedi, Marion Bartoli ou Sabine Lisicki sera la 42e nouvelle vainqueur d'un titre du Grand Chelem et la 18e à Wimbledon.

Sébastien PETIT
Twitter : SP_eurosport

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