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"Blague démocratique", Coupe Davis sabordée : Moretton attaque le "bilan exceptionnel" de Giudicelli

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Gilles Moretton à Bercy en 2019.

Crédit: Getty Images

ParLaurent Vergne
23/07/2020 à 11:26 | Mis à jour 23/07/2020 à 13:21
@LaurentVergne

Candidat à la présidence de la FFT contre Bernard Giudicelli, Gilles Moretton s'est montré très sévère jeudi envers l'actuel président, fustigeant son bilan comme son mode de fonctionnement. Il en a également profité pour annoncer le ralliement à son projet d'Arnaud Di Pasquale. L'élection se tiendra au mois de décembre.

"J'ai un bilan exceptionnel". La petite phrase de Bernard Giudicelli il y a trois jours a fait sortir de ses gonds Gilles Moretton. "L'auto-satisfaction, il faut qu'on arrête", a tonné jeudi matin à Paris le président de la Ligue Auvergne-Rhône-Alpes, principal opposant à l'actuel patron de la Fédération française de tennis face auquel il se présente lors la prochaine élection prévue le 12 décembre.

Très remonté, Gilles Moretton avait préparé son affaire et son effet, éléments chiffrés à l'appui imprimés sur un document. Au surligneur, le challenger y appuie là où ça fait mal, mettant Bernard Giudicelli face aux promesses de campagne d'il y a quatre ans. Celle-ci, notamment : "L'objectif est d'atteindre 1,5 million de licenciés, soit 500 000 de plus qu'aujourd'hui."

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Or c'est sous la mandature actuelle que le nombre de licenciés est repassé sous la barre hautement symbolique du million (dès 2018) pour s'établir aujourd'hui à 950 000 encartés. "On ne peut pas dire qu’on a un bilan exceptionnel quand on a une telle chute du nombre de pratiquants", a insisté Moretton, même s'il convient que cette saignée, enclenchée bien avant l'arrivée de Bernard Giudicelli à la tête de la FFT, était d'abord due à des raisons de fond et trouvait sa source dans des éléments "sociétaux".

Bernard Giudicelli.

Crédit: Eurosport

Giudicelli a "vendu le patrimoine de la Coupe Davis"

L'ancien président de l'ASVEL parle à propos de la présidence en place d'un "triple échec". Celui des licenciés, donc, mais aussi "l'incapacité à rassembler et à fédérer", rôle primordial selon lui pour le patron de la FFT, ainsi qu'un déficit de démocratie. Gilles Moretton est même allé jusqu'à évoquer une "blague démocratique". "Il y a un échec de management et humain, estime-t-il. Il n'y a plus de démocratie, plus de débat. Avant, il y avait un échange, du débat d'idées. (...) Le climat au sein de la FFT est, disons, relativement moyen. On a quand même eu un président de la fédération interdit de vestiaire de l'équipe de France en Coupe Davis. C'était à Lille. Quand on a tout ça, on ne se présente pas comme rassembleur et humain."

La Coupe Davis, c'est d'ailleurs l'autre gros point noir souligné par Moretton. En se ralliant dans les instances internationales au projet de réforme mis en place l'an dernier, Bernard Giudicelli a selon lui "préféré ses intérêts personnels et vendu le patrimoine de la Coupe Davis, un des piliers du tennis français."

Le candidat en convient, la France, seule, n'aurait probablement pas pu empêcher cette réforme d'être entérinée, mais elle aurait dû selon lui maintenir une position de principe : "Nous devions nous battre. Par respect pour notre histoire, il fallait prendre une position ferme et défendre la Coupe Davis. A la base, dans les clubs, les gens se sont émus d'avoir perdu la Coupe Davis. Mais on a eu un président qui a fait un cavalier seul." Un des nombreux symboles, pour Gilles Moretton, d'un tennis français "divisé".

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Le soutien de Di Pasquale

A un peu moins de cinq mois de l'élection, l'opposant se veut déterminé et optimiste. Il pense avoir le vent dans le dos. Soutenu par ses homologues de Provence-Alpes-Côte-d'Azur, d'Occitanie, de Bourgogne-France-Comté, du Grand Est et d'Île-de-France, il estime rassembler théoriquement 63% des délégués, en totalisant ces 6 régions, même si la procédure de vote incite à relativiser ces chiffres.

Jeudi, il a également annoncé le ralliement à sa candidature d'Arnaud Di Pasquale, qui rejoint notamment Arnaud Clément, engagé depuis plusieurs mois. Le consultant d'Eurosport possède également la casquette d'ancien joueur de haut niveau (comme Moretton) mais aussi d'ex-Directeur technique national, un poste dont Arnaud Di Pasquale avait démissionné juste avant l'élection de Bernard Giudicelli.

"L'heure est à l'engagement pour l'avenir de notre fédération, a évoqué 'Dip' jeudi. J'ai décidé de soutenir Gilles Moretton pour les prochaines élections. Nous sommes alignés. Avec lui pas d'utopie, juste du concret !" "Il y aura énormément de ralliements à cette cause, a assuré Moretton. Quand je vois les gens qui me rejoignent, je ne suis pas inquiet."

Les deux Arnaud, Di Pasquale et Clément, réunis au soutien de Gilles Moretton.

Crédit: Getty Images

La formation plutôt que l'ultra-sélection

S'il a surtout sorti la sulfateuse pour éparpiller à la fois le bilan chiffré, personnel et presque philosophique de celui dont il brigue la succession, le patron de la Ligue Auvergne-Rhône-Alpes a tenu à rappeler les grands axes de son programme qui tournera autour de cinq points, alliant le haut-niveau et la base.

Concernant le premier, Moretton souhaite insister sur "la formation plutôt que l'ultra-sélection". Quant aux clubs, il entend "remettre la notion de plaisir" au cœur du sujet. Mais par-dessus tout, il se dit déterminé à insuffler à nouveau du débat et de la démocratie dans un système qu'il juge totalement verrouillé : "Le président de la Ligue Hauts-de-France, il est dans le camp d'en face. Mais c'est un ami, je le respecte et il pourrait très bien demain travailler avec notre équipe."

A l'entame de la dernière ligne droite, cette nouvelle passe d'armes confirme en tout cas le climat tendu de cette élection entre deux hommes que tout semble opposer. Y compris une animosité personnelle : fin 2017, Bernard Giudicelli avait été condamné pour diffamation envers Gilles Moretton. Il l'avait accusé "de faire partie de ces joueurs qui, en 2011, ont nourri le réseau des concierges qui se procuraient des billets et les revendaient dix fois le prix". Mis en cause, Moretton avait gagné devant la justice. Il entend bien en faire de même le 12 décembre dans cet autre combat.

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