Six semaines à tenir

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Comment se prépare-t-on à une finale de Coupe Davis ? Des grosses compétitions sur le circuit jusqu'à la dernière semaine de préparation, tout est bon à prendre, sans restriction. Patrice Hagelauer, ancien entraîneur de Coupe Davis et actuel directeur technique national, nous éclaire.

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. NE PAS QUITTER LE CIRCUIT
Jouer une finale de Coupe Davis est un événement extraordinaire à vivre. Mais encore faut-il pouvoir le faire le mieux possible. Dès la qualification des Français face à l'Argentine (5-0), tous les joueurs susceptibles d'y participer ont pris conscience que l'échéance arrivait vite, malgré les dix semaines qui les ont séparés de leur exploit lyonnais au rendez-vous belgradois. Vite même s'il reste encore six semaines avant d'aller en Serbie.
Certains se font prudents à l'image des Gaël Monfils et Michaël Llodra qui ont stoppé toute activité dès le tournoi de Metz pour des alertes physiques. D'autres ont pris leur temps pour revenir sur le circuit, Jo-Wilfried Tsonga le premier après un problème au genou depuis Wimbledon. Sans parler de Julien Benneteau, blessé au poignet depuis l'US Open, qui va reprendre l'entraînement cette semaine pour retrouver la compétition à Bâle dès le 1er novembre. Bref, un mois après les demi-finales, l'équipe qui pourrait être alignée en finale de Coupe Davis a connu bien des déboires.
"Il n'y a rien de mieux que le circuit pour préparer au mieux les joueursétant donné qu’il y aura les meilleurs joueurs du monde à côtoyer, insiste Patrice Hagelauer, actuel directeur technique national et ancien entraîneur de Coupe Davis. Et notamment les gros tournois qui se joueront avant : Montpellier, Valence et Paris-Bercy.Après Bercy, il y aura une période de décompression et de repos pour la plupart d’entre eux car la saison a été longue. Cela représente trois semaines qu’il ne faut pas utiliser pour travailler à fond, sous peine d’arriver à Belgrade fatigué et donc de mauvaises conditions.La période-clé sera la semainecelle qui courra avant la rencontre de Coupe Davis avec un stage de préparation."
. GERER LA PEUR DE LA BLESSURE
C'est le leitmotiv de tout joueur en temps habituel lors de la saison. Cela devient une psychose lorsqu'une échéance importante arrive. Cela s'est vérifié avec les forfaits soudains de Llodra et Monfils à Metz. Le départ de ce dernier, touché aux abdominaux, a d'ailleurs été mal vécu par Julien Boutter, l'organisateur du tournoi messin, regrettant "l'attitude légère" de Monfils, parti sans même faire de déclarations officielles alors qu'il était tenant du titre. C'est clair : à quelques semaines de jouer une finale de Coupe Davis, personne ne veut prendre de risque de se faire mal. A la moindre alerte, c'est docteur, échographie, repos... le Parisien n'y a pas fait exception.
"La psychose de la blessure est présente toute l’année, relativise Hagelauer. Ils ont tous la trouille de manquer plusieurs semaines de circuit. Est-ce qu’elle est exacerbée en ce moment?Peut-être, mais les joueurs y pensent suffisamment souvent pour ne pas prendre plus de risques que d’habitude. Toujours est-il que c’est un facteur important et que c’est aussi pour cette raison que la liste des joueurs qui disputeront la finale ne peut pas être donnée maintenant."
. NE PAS OUBLIER QUE TOUT LE MONDE A SA CHANCE
Cette fameuse liste, Guy Forget, décisionnaire en puissance, n'est donc pas prêt de la donner. Pour des raisons évidentes, le capitaine français ne pourra dresser celle-ci qu'après le dernier tournoi ATP de l'année à Paris-Bercy, la Masters Cup étant une compétition à part dans la saison. Les blessures des uns pouvaient faire le bonheur des autres, tout le monde est concerné par l'évènement à venir. Même ceux qui n'y croient plus vraiment, à l'image de Richard Gasquet qui confiait récemment être presque sûr de ne pas faire partie de l'aventure en raison de sa non convocation face à l'Argentine alors que Tsonga et Benneteau étaient absents. Il faut dire que la concurrence est rude : l'ancien N.7 mondial reste derrière Jo-Wilfried Tsonga et Gaël Monfils en terme de classement ATP (28e mondial), et fait moins parler de lui que Gilles Simon, vainqueur à Metz il y a trois semaines.
La victoire de Gasquet sur Monfils au 2e tour du Masters 1000 de Shanghai a toutefois démontré qu'il pouvait avoir sa place. "Je ne pense pas que Guy ait déjà une équipe-type, affirme Hagelauer, car la force de l’équipe de France est qu’elle a beaucoup d’éléments. Et que cette équipe se module en fonction de la forme des joueurs du moment. Cela veut dire que dans leur esprit, tout le monde peut avoir sa chance. Il faut que cela se passe comme ça. Chaque semaine, des Français font des performances quasiment à tour de rôle, que ce soit entre Gilles Simon à Metz, Gaël Monfils à Tokyo, Richard Gasquet et Jo-Wilfried Tsonga à Shanghai. Sans oublier Jérémy Chardy qui a de super résultats... C’est cette émulation qui est favorable à l’équipe, car tout le monde veut faire partie de l’aventure et se dépasse pour y arriver."
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