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Forget: "Il faut profiter"
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Publié 02/12/2010 à 18:57 GMT+1
Guy Forget vit sa quatrième finale de Coupe Davis en tant que capitaine. Pour lui, l'important pour ses joueurs est de "profiter" un maximum de ce moment rare dans une carrière professionnelle. Et de ne pas oublier ceux qui sont restés en tribunes.
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Crédit: Eurosport
Guy Forget, les joueurs français disputent tous leur première finale. Vous les avez senti plus concernés que d'habitude ?
G.F. : Oui, je les regarde et je sais que je me suis retrouvé à leur place il y a quelques années. C’est très émouvant. On a vu Gaël, qui d’habitude rechigne à poser pour les photos officielles, prendre des photos pour sa maman et ses copains. Il avait un peu les yeux d’un enfant. C’est sympa de voir ça. Demain sur le terrain, il sera sur un ring de boxe. Là, les choses sérieuses vont commencer et il ne sera pas dans le monde de l’enfance. J’espère qu’il en sortira la tête haute.
Qu’avez-vous dit à vos joueurs pour gagner cette finale ?
G.F. : Il faut profiter de l’instant. Ils ont de la chance d’être là. Julien Benneteau m’a envoyé un texto hier. Il me demandait de leur dire qu’ils ont de la chance d’être là. Je crois que c’est comme ça qu’il faut voir les choses. C’est un privilège de représenter l’équipe de France sur le terrain. On y va sans arrière-pensée. Il faut tout donner. Après le résultat sera ce qu’il sera. Il faut accepter de perdre un point car la rencontre ne sera pas terminée. Malgré les forfaits de Jo-Wilfried Tsonga et de Julien Benneteau, cette équipe vient de remporter quatre rencontres de suite face à des équipes difficiles. J’espère qu’ils vont pouvoir gagner cette cinquième rencontre ici à Belgrade.
Vous avez sélectionné Gilles Simon pour le deuxième simple. Pourquoi ce choix ?
G.F. : C’est le choix qui me paraît aujourd'hui le plus cohérent par rapport aux cinq matches que l’on va avoir à jouer. Je pense que le point du double va être crucial. J’ai envie d’envoyer un Michaël Llodra frais et dispo sur le double de samedi. J’ai envie aussi d’avoir le choix sur le deuxième simple du dimanche. Le niveau de jeu de Michaël et de Gilles est à peu près équivalent. Je lance Gilles sur le premier match face à Novak Djokovic qui est favori et en pleine possession de ses moyens. J’envoie également Michaël et Arnaud en double, en pleine possession de leurs moyens et archi-motivés. Je me laisse donc le choix pour dimanche. Cela n’aurait pas été forcément le cas si j’avais lancé « Mika » vendredi face à Novak Djokovic.
Est-ce que le manque de références de Gilles Simon en Coupe Davis peut être un motif de préoccupation ?
G.F. : Quand on joue contre Novak Djokovic, Rafael Nadal ou Roger Federer chez eux, on sait que l’on a moins de chances de gagner car l’adversaire est ultra favori. Il faut vraiment qu’il rentre dans ce match en se disant qu’il est outsider. Il faut qu’il prenne des risques, tout en essayant de jouer son meilleur niveau. Après, ça passe ou ça casse. On ne peut pas rentrer dans un match comme celui-là en se disant que l’on va assurer. On demande à Gilles de ne pas gérer et d’oublier ce qui s’est passé par le passé. S’il devait s’incliner, on dira que la logique a été respectée. Tout le monde s’attend à voir Djokovic l’emporter. C’est ce qui nous donne un petit effet de surprise. Cela me laisse penser que Gilles va pouvoir se libérer sur ce match là. Que ce soit Gilles ou Mika, les données du problème restent les mêmes. Il va falloir jouer devant 16 000 supporters serbes. Il faut faire le match de rêve ce jour-là.
Gaël Monfils va finalement débuter vendredi la rencontre face à Tipsarevic. Est-ce que vous aviez espéré cela ?
G.F. : Ce n’est pas effectivement une mauvaise chose. En imaginant que la logique soit respectée et qu’il batte Tipsarevic, cela permettrait à Gilles de rentrer sur le terrain peut-être un peu plus serein. Je sais que Gaël n’aime pas se lever très tôt. Il préfère jouer plus tard dans l’après-midi. Mais, pour l’instant, le fait de commencer ne lui a pas trop mal réussi. J’espère que ce sera encore le cas vendredi.
Dans la préparation de sa finale à Bercy, Gaël Monfils avait peut-être été un peu négligeant. Là, comment allez-vous le cadrer ?
G.F. : Je crois qu’un tournoi ATP et une rencontre de Coupe Davis sont très différents. Là, il est entouré par tout un staff et toute une équipe afin qu’il prépare ce match dans les meilleures dispositions possibles. En tournoi, parfois, on a beaucoup d’autres choses à gérer. En plus, c’était à Paris. Ici, je ne crois pas qu’il sera harcelé par de multiples demandes. Je ne suis pas inquiet par rapport à ça. L’inconnue est la qualité de jeu de Tipsarevic. On sait qu’il a été très performant en demi-finale face à la République tchèque puisqu’il a gagné ses deux simples. C’est le point d’interrogation. Est-ce que Gaël va d’entrée de jeu nous montrer le Gaël Monfils que l’on a vu face à Andy Murray ou Roger Federer à Bercy ? Ou celui qui a joué un peu en pointillé face à Verdasco ? (NDLR : en huitième de finale) C’est la question.
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