Coupe Davis - Phase finale - Quand l'Espagne était partout

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Ces trente dernières années, le tennis espagnol a produit un nombre de joueurs de très haut niveau pour le moins impressionnant. Bien sûr, Rafael Nadal vient tout de suite à l'esprit. Mais au-delà du Majorquin, ou de Carlos Alcaraz après lui, le pays a posé une main presque hégémonique sur le tennis masculin. Un phénomène marquant et durable, né au début des années 90.

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Lorsque Sergi Bruguera devient le roi de Roland-Garros en 1993, il fait entrer le tennis mondial dans une nouvelle ère. Celle de l'Espagne souveraine. C'est le premier sacre en Grand Chelem chez les hommes pour le pays depuis Manuel Orantes à l'US Open en 1975. Dans les années 80, l'Espagne a joué un rôle très secondaire chez les hommes. Pas de titre majeur, pas même de finale. Mais avec l'émergence de Sergi Bruguera, tout va changer. Profondément. Durablement. Le Barcelonais va d'une certaine manière décomplexer toute une génération. Le début de trois décennies de succès presque sans interruption.
Il y a toujours une explication à tout, et même plusieurs. En Espagne, le tennis a grandement bénéficié d'un afflux d'argent et de moyens croissants à partir du milieu des années 80, lorsque Barcelone a obtenu l'organisation des Jeux Olympiques de 1992. "Beaucoup d’argent est arrivé à ce moment-là et les infrastructures, qui étaient essentiellement privées, se sont multipliées et sont devenues beaucoup plus accessibles", expliquait il y a quelques années Emilio Sanchez, ancien numéro 7 mondial, dans Tennis Magazine. Le temps que tout ceci infuse, la génération suivante est arrivée mieux formée, mieux considérée et elle a ainsi émergé au début des années 90.

Même sans Nadal, le bilan serait effarant

Evidemment, le point culminant de ces trente années glorieuses aura été la carrière hors normes de Rafael Nadal. Le Majorquin est un cas à part, que ce soit pour sa longévité et plus encore son invraisemblable palmarès. Mais il n'a pas été le seul à contribuer à la grandeur de son pays dans ce sport, même s'il en aura été, et de très, très, très loin, le plus beau fleuron. Mais tout de même. Retirons le roi Rafa de cette équation. Regardez ce qui resterait aujourd'hui. N'importe quel pays baverait devant un tel bilan collectif :
. 9 titres du Grand Chelem. Avec cinq joueurs différents. Sergi Bruguera (2), Carlos Moya (1), Albert Costa (1), Juan Carlos Ferrero (1), Carlos Alcaraz (4).
N'importe lequel de ces joueurs serait l'incontestable leader du tennis français sur ces trente dernières années. On peut même y ajouter Alex Corretja, double finaliste en Grand Chelem, vainqueur du Masters et numéro 2 mondial.
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C'est sur terre battue que l'Espagne a signé ses principaux titres de gloire puisque seuls Nadal et Alcaraz ont gagné ailleurs qu'à Roland-Garros en Grand Chelem. Mais s'ils étaient incroyablement redoutables sur ocre, ils n'étaient pas des peintres ailleurs.
Alors que, pendant près de 20 ans, après Manuel Orantes, aucun Ibère n'avait réussi à se glisser dans le Top 5 du classement ATP, la génération Bruguera et celles qui ont suivi ont là aussi bouleversé la donne. Quatre Espagnols se sont hissés sur le trône du tennis mondial : Carlos Moya, Juan Carlos Ferrero, Rafael Nadal et Carlos Alcaraz. C'est colossal. Alex Corretja a été N°2, Sergi Bruguera N°3 et même Tommy Robredo N°5 !

10 dans le Top 50 !

Et cette densité allait même bien au-delà de cette élite ultra-resserrée. Prenez tous les étages de la fusée de la hiérarchie mondiale, qu'il s'agisse du podium, du Top 10, du Top 50 ou du Top 100, on n'y voyait bien souvent que du rouge et de l'or. Il y a eu jusqu'à 17 Espagnols en simultané parmi les 100 meilleurs joueurs du monde. En novembre 2003, par exemple. Même s'il y a eu des fluctuations, ce peloton massif ne s'est jamais vraiment démenti.
Peu à peu, la source a commencé à se tarir. Surtout, l'élite espagnole s'est mise à vieillir. Le phénomène est longtemps passé presque inaperçu tant le pays continuait de surfer sur la vague Nadal et sur un contingent élevé. Mais si l'on prend le dernier classement ATP des années 2019, celui du lundi 30 décembre 2019, un phénomène apparaissait déjà frappant : sur les sept premiers Espagnols au classement, de Nadal (N°1) jusqu'à Andujar (N°64), on trouvait six trentenaires et le petit "jeune" de la bande, Pablo Carreno Busta, affichait déjà 28 printemps au compteur.
C'était le signe de lendemains un peu moins chantants. Heureusement, Carlos Alcaraz est arrivé. Un nouveau phénomène hors de toute norme. A lui seul, il est une garantie de présent et même d'avenir. Mais oui, il apparaît aujourd'hui bien seul. Nadal n'a jamais eu ce sentiment.
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David Ferrer, Rafael Nadal et Carlos Moyá

Crédit: Getty Images

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