Quelque chose se crée

Tous les membres de l'équipe de France ont apporté un point lors de la victoire française en Allemagne lors des barrages de Fed Cup. Un groupe soudé et compétitif tant attendu par Nicolas Escudé est sans doute né de cette confrontation. Et l'arrivée d'Aravane Rezaï dans l'équipe n'y est pas anodine.

Eurosport

Crédit: Eurosport

Nicolas, vous vouliez remporter trois points, et peu importe les filles qui les ramèneraient. C’est fait !
N.E. : C’est la conception même de cette compétition, à savoir différentes joueuses qui sont amenées à être sur le terrain. L’objectif est de gagner la rencontre avec trois points au minimum le dimanche. C’est effectivement chose faite. On savait que ce serait une rencontre compliquée, que les Allemandes n’allaient pas nous donner ce match. Et ça s’est vu. On est allé le chercher. Pauline (Parmentier) a su se remettre en question après sa défaite d’hier (samedi) et elle a su rebondir de fort belle manière. Et enfin, il y a eu un double magistral…
Quel effet cela vous fait-il de voir que les joueuses ont chacune apporté un point qui compte ?
N.E. : C’est symbolique ! D’autant plus que ces quatre joueuses n’avaient encore jamais remporté ni point décisif, ni point qui compte en équipe de France ! Là, les quatre ont été alignées, les quatre ont apporté un point. L’esprit d’équipe prend tout son sens.
Vous ont-elles épaté sur cette rencontre ?
N.E. : Oui. Parce qu’Aravane (Rezai), samedi, disputait son premier match et on sait que ce n’est jamais évident à gérer, ni à gagner. Elle l’a fait. Pauline (Parmentier), hier, s’est fait un peu submerger. Mais c’est exactement l’inverse qui s’est produit aujourd’hui. En revanche, je pense que cet après-midi, Aravane a mesuré ce qu’était une rencontre de Fed Cup et elle s’est fait prendre un peu par l’événement. Même si attention, sur ce match là, Petkovic a été extraordinaire. Elle a eu très peu de déchets et a complètement monopolisé le jeu. Aravane n’a jamais pu exploiter son potentiel. Pauline, derrière, nous a remis en selle. Et enfin, le double avec Alizé (Cornet) et Julie (Coin), qui du début à la fin a été de très haut niveau.
Aviez-vous senti qu’Alizé aurait ce déclic qui lui permettrait de remporter enfin une victoire en Fed Cup ?
N.E. : Je ne sais pas. Ce qui est sûr, c’est que ça fait un moment déjà que l’on attend ce déclic et cette première victoire. Je suis capitaine depuis l’année dernière, j’ai fonctionné sur toutes les rencontres avec Alizé et ça ne s’était pas bien passé pour elle à chaque fois. Mais cette semaine, dès l’entame du stage, j’avais annoncé à Alizé et à Julie qu’elles formeraient la paire de double sur laquelle je comptais m’appuyer si on devait se retrouver à deux partout. Elles ont répondu présent, alors que ce n’est pas évident à gérer. Le double arrive en dernier match en Fed Cup, il est donc décisif. Quand on n’a pas joué du week-end, quand on a regardé ses compatriotes évoluer, entrer sur le court dans ces conditions n’est pas facile. Mais elles ont été monstrueuses.
Qu’est-ce qui vous a poussé à aligner à nouveau Pauline Parmentier aujourd’hui ?
N.E. : Compte tenu de ce qu’elle avait montré à Liévin lors du premier tour de Fed Cup, puis à Miami récemment, du travail qu’elle est en train d’effectuer depuis un petit moment, et enfin de son implication cette semaine durant le stage, ce que j’ai vu hier ne m’avait pas plu. Et ça ne lui avait pas plu non plus ! Elle n’avait pas montré son vrai visage. Elle est capable de beaucoup mieux et elle l’a prouvé aujourd’hui.
Pensez-vous qu’une nouvelle dynamique s’est créée, qu’il y a vraiment quelque chose à construire sur cette victoire ?
N.E. : Il y a forcément quelque chose à construire, comme il y a à construire aussi sur des défaites. C’est un groupe relativement récent, avec de jeunes joueuses, des joueuses qui n’ont pas énormément d’expérience dans cette compétition, mais qui sur un match compliqué comme peut l’être un match de barrage, ont su répondre présent. Forcément, quelque chose est en train de se créer.
Sans vouloir mettre une joueuse en avant plus qu’une autre, pensez-vous que l’arrivée d’Aravane Rezai au sein du groupe a peut-être fait basculer les choses du bon côté par rapport à la rencontre du premier tour ?
N.E. : Oui, sûrement et d’autant plus vu la tournure des événements sur cette rencontre. On est menés 1-0 et c’est Aravane qui nous remet en selle. Forcément, elle a apporté un plus. C’est indéniable et on le savait. Aravane est aujourd’hui 21e mondiale, elle a une marge de progression qui est énorme. On savait que c’était une valeur ajoutée. Après, la seule inconnue était de savoir comment elle allait réussir à gérer sa première sélection. Elle l’a magnifiquement bien fait hier. Forcément, avoir les meilleurs éléments dans l’équipe, ça aide...
Vous disiez récemment que l’équipe de France était l’une des plus faibles du Groupe Mondial. Que va-t-il falloir faire pour qu’elle réussisse à passer le premier tour l’année prochaine ?
N.E. : Que les filles continuent à travailler toute l’année. Une campagne de Fed Cup, ça se construit tout au long de l’année. Ca se construit par les résultats qu’elles vont avoir sur le circuit, par le travail qu’elles peuvent faire avec leurs structures individuelles, par le travail qu’on peut faire quand on les récupère en Fed Cup. Il faut en effet que ce soit dans la continuité de ce qu’elles sont en train de faire tout au long de l’année. C’est un travail de longue haleine, un travail plus ou moins de tous les jours. Sans pour autant que les filles pensent tous les jours à la Fed Cup, loin de là. Mais c’est comme ça que ça se construit.
Est-ce que la façon dont vous avez travaillé à Indian Wells ou encore à Miami n’est pas la clé de votre réussite aujourd’hui ?
N.E. : Si, bien sûr. C’est quelque chose qu’on a essayé de mettre en place depuis l’année dernière. On essaie d’être plus présent sur le circuit, sur les tournois importants. Je suis présent sur les quatre majeurs, sur la tournée américaine et éventuellement sur des tournois qui précèdent des rencontres. Si on voit juste les filles deux semaines par an, il n’y a pas de communication, pas de lien qui se crée. C’est donc forcément important qu’on soit un peu sur le circuit en contact avec les filles et leur entourage.
Rejoignez Plus de 3M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité