Il se fait de plus en plus rare sur le circuit, mais il ne s'en porte pas forcément moins bien. Nick Kyrgios n'a plus été vu raquette en main depuis son triomphe en double à l'Open d'Australie avec son ami Thanasi Kokkinakis, voici quasiment un mois. Si la date de sa prochaine apparition sur un court de tennis n'est pas connue - il est redescendu à la 139e place mondiale et peut directement intégrer de moins en moins de tableaux s'il ne sollicite pas d'invitations -, l'Aussie s'exprime régulièrement sur son sport. Mais ce jeudi, il s'est ouvert sur un problème de société plus grave qui n'épargne pas les sportifs de haut niveau : la santé mentale.
Sur Instagram, Kyrgios a ainsi publié une photo de lui et l'a replacée dans un contexte que personne ne connaissait jusqu'alors. "C'était moi il y a trois ans à l'Open d'Australie. On pourrait supposer que tout allait bien dans ma tête et que je profitais de la vie… C'était en fait une de mes périodes les plus sombres. Si vous regardez attentivement, vous pouvez voir sur mon bras droit une blessure que je me suis infligée (le pansement sur son bras masquait selon lui une scarification, NDLR). J'avais des pensées suicidaires, et j'avais littéralement du mal à sortir de mon lit, alors jouer devant des millions de personnes vous imaginez. Je me sentais seul, déprimé, négatif, je consommais trop d'alcool et de drogues, je repoussais ma famille et mes amis", a-t-il confié.
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Si vous avez l'impression de ne pouvoir parler à personne, je suis là, j'ai complètement repris ma vie en main
Comme Naomi Osaka l'avait fait avant lui la saison dernière, Kyrgios a donc exposé au grand jour ses moments de détresse. Et ce dans le souci de faire évoluer les mentalités, décrivant les mécanismes de l'isolement. "J'avais l'impression que je ne pouvais parler ou faire confiance à personne. C'était le résultat d'un refus de m'ouvrir, et de m'appuyer sur mes proches et de me pousser à être petit à petit positif. Je sais que la vie quotidienne peut sembler extrêmement épuisante, impossible même parfois. Je comprends qu'on puisse penser que si on s'ouvre aux autres, il se peut qu'on se sente faible ou qu'on ait peur. Je veux juste vous dire, si vous traversez ça, que vous n'êtes pas seul. J'ai traversé ces périodes…", a-t-il ajouté.
Si Kyrgios n'a joué que deux matches cette saison et 26 seulement depuis le début de la saison 2020, il a néanmoins retrouvé un certain équilibre dans sa vie personnelle. Il espère ainsi se servir de son expérience pour aider ceux qui souffrent des mêmes maux que les siens. "Si vous avez l'impression de ne pouvoir parler à personne, je suis là, contactez-moi. Je suis fier de dire que j'ai complètement repris ma vie en main et je regarde tout d'un œil complètement différent à présent. Je ne considère aucun moment comme acquis. Je veux que vous soyez capable d'exploiter tout votre potentiel et de sourire. Cette vie est belle", a-t-il conclu.
A défaut d'émerveiller de son talent sur les courts les amoureux de tennis, l'Australien a dévoilé une facette de lui-même inconnue du grand public, bien éloignée de l'image de "bad boy" qu'il a longtemps cultivée dans les médias. Ce message en dit long sur la solitude et les dégâts que peut engendrer la vie itinérante sur le circuit.
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